INFORMATIQUESUN VEUT PRENDRE A REVERS MICROSOFTC'est la guerre ! Sun, le champion d'Unix, refuse obstinément de se soumettre à Windows NT, de Microsoft, adopté par tous. Il réplique en inventant une nouvelle informatique, fondée sur son langage Java. Pour en devenir le leader, l'entreprise a mis ...

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INFORMATIQUE

SUN VEUT PRENDRE A REVERS MICROSOFT

C'est la guerre ! Sun, le champion d'Unix, refuse obstinément de se soumettre à Windows NT, de Microsoft, adopté par tous. Il réplique en inventant une nouvelle informatique, fondée sur son langage Java. Pour en devenir le leader, l'entreprise a mis au point une stratégie remarquable, mais particulièrement risquée.



Imaginez que vous soyez le numéro 1 incontesté d'un marché. Soudain, ayant misé sur une nouvelle technologie, tous vos concurrents arrivent avec un produit nettement moins cher que le vôtre. Imaginez maintenant que, ayant bien anticipé ce mouvement, vous soyez en train de vous recentrer sur votre second point fort. Et là, catastrophe, ces mêmes concurrents s'apprêtent, avec la même technologie, à vous jouer le même tour. Que faites-vous ? Vous adoptez la nouvelle technologie, vous ne changez rien ou vous abandonnez tout ? Sun Microsystems, le constructeur californien de stations de travail, est confronté à cette inconfortable situation. Pour s'en sortir, il a choisi une voie audacieuse. Il ne change rien à son jeu, mais, pour reprendre la main, il tente de changer... les règles du jeu. De réinventer l'informatique. Ni plus ni moins. Scott Mac Nealy, P-DG de l'entreprise et ennemi avéré de Bill Gates, dispose pour cela d'un joker : le langage Java. En jouant cette carte, il espère bien créer cette nouvelle informatique - le Java Computing - dont il sera le roi. C'est un pari à haut risque. C'est une tâche titanesque. Mais quel panache ! " Jamais l'informatique n'a été si excitante ", avoue Ed Zander, le bouillant P-DG de Sun Microsystems Computer Company, l'entité hardware de Sun. Sun est le leader des stations de travail graphiques pour les applications techniques (60 % de son chiffre d'affaires). Il est l'un des principaux acteurs du marché des serveurs. Il a bâti son (petit) empire (7 milliards de dollars de chiffre d'affaires) en s'appuyant sur deux piliers technologiques : les processeurs Risc et le système d'exploitation Unix. Il est maître de sa technologie, aussi bien du côté des puces (Sparc) que du côté du système d'exploitation (Solaris), et ses deux technologies tiennent le haut du pavé. Tout allait donc bien pour l'entreprise de Scott Mac Nealy, jusqu'à ce que, l'an dernier, les deux inévitables de l'informatique - Microsoft et Intel - arrivent sur ses marchés. Le premier avec la version 4 de son système d'exploitation Windows NT, le second avec sa puce Pentium Pro. Avec ces briques, ils ont donné aux constructeurs le moyen de bâtir des stations et des serveurs d'un rapport prix/performances imbattable dans le bas et le milieu de gamme. Tous ont suivi. Ceux, naturellement, qui se sont toujours appuyés sur le couple Intel-Windows (Wintel pour les intimes), comme Compaq. Mais, plus révélateur encore, les grands constructeurs qui, jusque-là, jouaient la carte Risc/Unix : IBM, Hewlett- Packard, Bull, Digital... Tous ont, bon gré mal gré, ajouté Windows NT à leur panoplie. " Les clients veulent Windows NT, il faut le leur offrir ", commente, pragmatique, Didier Breton, vice-président de la division " systèmes d'information d'entreprise " de Bull. Ultime renoncement, à la mi-décembre, IBM, qui tentait de limiter les dégâts en jouant Windows NT sur son processeur PowerPC, a bu la coupe jusqu'à la lie. Il a fini par se convertir également au Pentium Pro pour son offre Windows NT, entraînant Bull dans son sillage. " Nous n'avions pas les volumes suffisants pour continuer avec le PowerPC ", justifie Didier Breton.

" Non " à Microsoft et " non " à Intel

Face à cette déferlante, imperturbable, Scott Mac Nealy persiste et signe. C'est " non " à Microsoft et " non " à Intel. Il n'adoptera pas Windows NT. Il n'adoptera pas le Pentium. Pour ses stations et ses serveurs, il ne connaît qu'une religion : puces Sparc et système d'exploitation Solaris. Il est aujourd'hui le seul à s'en tenir délibérément à ce choix. Coûte que coûte. Et si Windows devait tout balayer, cela pourrait coûter extrêmement cher à Sun, qui n'a pas, comme tous ses concurrents, une roue de secours NT à sortir en cas de pépin Sun, il est vrai, dispose d'un peu de répit avant que stations et serveurs Wintel ne mettent sérieusement en péril son fonds de commerce. Le Pentium Pro d'Intel est encore loin des performances de son Ultra Sparc. Windows NT, lui, est encore très en retrait par rapport à Solaris, notamment en ce qui concerne les capacités des multiprocesseurs. En conséquence, sur ces deux marchés, le milieu et le haut de gamme lui restent encore acquis. Sun a aussi joué finement. Depuis un peu plus de deux ans, il a négocié un virage en direction de l'informatique d'entreprise, autrement dit sur les serveurs, plus générateurs de marge que les stations. Il a consenti un gros effort pour construire l'activité de service, indispensable pour s'imposer sur ces marchés. " Nous avons recruté plus de 2 000 personnes dans les dix-huit derniers mois ", commente Paul Musson, responsable du marketing de l'entité Sun Service. " Nous continuons d'investir au même rythme. Scott Mac Nealy nous a donné le feu vert. Il accepte de voir nos profits baisser de deux points cette année. " C'est dire l'importance accordée à cette activité ! L'opération a réussi. " 90 % de nos nouveaux clients viennent des applications commerciales d'entreprise ", indique Anil Gadre, vice-président de Sun Microsystems et responsable du marketing. Pour Daniel Lebourhis, du Meta Group, " Sun a mis en oeuvre une stratégie intelligente sur les gros serveurs. L'entreprise a su développer une activité de service très focalisée, autour de SAP notamment ". Les résultats sont d'ailleurs là pour le prouver. En octobre, Sun réalisait sa meilleure performance trimestrielle avec un résultat de 1,9 milliard de dollars, en croissance de 25 % par rapport à l'an dernier. Et, pour le même trimestre, sa marge brute atteignait 47,7 %, contre 45 % l'année précédente. Mais combien de temps cela durera-t-il ? Ed Thompson, analyste du très respecté Gartner Group, reconnaît que " Sun a une très solide position sur les serveurs, avec une bonne architecture, un support des développeurs de logiciels pour son système d'exploitation et un bon programme d'évolution de sa gamme ". Mais il ajoute : " Toutefois, des questions commenceront à se poser vers 2000 ou 2001 quand les solutions Wintel auront monté en puissance. " Comment Sun va-t-il se sortir de ce traquenard ? Comment va-t-il continuer à justifier ses serveurs Unix ? Comment, obligé de fuir vers le haut de gamme à mesure que Wintel monte en puissance, va-t-il éviter de se voir confiné sur un territoire toujours plus réduit ? Tel un célèbre héros gaulois, l'irréductible Scott " Macnilix " ne s'alarme pas. Il possède en effet la potion magique propre à terrasser Bill Gates " Imperator " : Java !

Avec Java, plus besoin de PC, de disque dur, de Windows

Java est un langage informatique développé par Sun pour la télévision interactive. Quand la baudruche de la vidéo à la demande s'est dégonflée, l'entreprise s'est aperçue, presque fortuitement, qu'elle détenait un outil extraordinaire à l'ère commençante d'Internet. Un outil qui possède le potentiel de transformer de fond en comble l'industrie de l'informatique. Java possède deux caractéristiques clés. D'abord, un programme écrit en Java tourne sur toute machine, quel que soit son processeur et, au prix d'une adaptation mineure, quel que soit son système d'exploitation. " Write once, run anywhere ", résume Sun. Ensuite, il permet d'écrire des programmes, les " applets " (" appliquettes ", en français), qui viennent s'exécuter à la demande sur votre machine. Avec cela, tout change. Aujourd'hui, en effet, pour " faire de l'informatique ", il faut un PC. Un PC, c'est-à-dire un poste client doté d'une grande puissance de traitement locale. Une machine qui héberge dans son disque dur un énorme système d'exploitation (Windows), des programmes (Word, Excel ) et toutes les données et documents créés grâce à ces programmes. A l'ère des réseaux (Internet ou Intranet) et avec Java, plus besoin de toute cette artillerie. Plus besoin de PC, plus besoin de disque dur, plus besoin de Windows. Tout, absolument tout, c'est-à-dire les programmes et les données, peut résider sur des serveurs placés n'importe où sur le réseau. Vous voulez écrire un texte ? Inutile de disposer localement d'un logiciel de traitement de texte. Vous vous connectez, vous le chargez sous forme d'appliquette le temps que vous en avez besoin, puis vous le jetez. Et il en va de même pour toute application. Résultat, il suffit de n'importe quel poste client " simplissime " - un " thin client ", un client " svelte " - pour faire de l'informatique. Un processeur (n'importe lequel), un petit système d'exploitation (n'importe lequel, du moment qu'il supporte Java) et... une connexion réseau suffisent pour faire tourner localement des programmes. Et l'archivage ? Sur le réseau, bien sûr ! " Vous ne gardez pas vos économies chez vous, vous les confiez à la banque. Pourquoi serait-il si étonnant de procéder de la même façon avec vos données ? ", interroge Scott Mac Nealy. On retrouve là, bien sûr, le très médiatique NC (Network Computer), ce PC déshabillé, sans disque dur, cher à Sun, Oracle, IBM et consorts. Mais, en réalité, le concept est bien plus révolutionnaire. A partir du moment, en effet, où le réseau fait tout, au-delà du NC, tout appareil électronique, même le plus élémentaire -un petit organiseur, un téléphone (portable ou non), un décodeur télé, un ordinateur de bord d'automobile, une console de jeux, une imprimante, voire... une machine à laver - devient un ordinateur à part entière, un " thin client " du réseau capable d'en extraire toute la substance.

Une formidable capacité de réaction

Du coup, le champ de l'informatique devient immense. Les machines de traitement de l'information pullulent. Et le PC, aujourd'hui l'alpha et l'oméga de l'informatique, voit son rôle réduit à celui d'un " client " parmi une multitude d'autres. C'est bien d'un changement de " paradigme " - terme abondamment utilisé outre-Atlantique - qu'il s'agit, d'une révolution copernicienne : l'informatique tournait autour du PC, c'est désormais le réseau qui devient le centre de l'univers. Le PC - et Windows - n'est plus qu'une planète parmi d'autres. " The Network is the computer ", dit Sun. Dès qu'il a compris le potentiel de Java, à la mi-1995, Scott Mac Nealy a fait preuve d'une formidable capacité de réaction. Un peu à la manière de Bill Gates, patron de Microsoft, recréant son entreprise autour d'Internet, Scott Mac Nealy a refondé Sun autour de Java. Quel est désormais l'objectif de Sun ? Son P-DG le dit on ne peut plus clairement : " Nous voulons devenir le Lucent Technologies de l'ère Internet. " Explication : Lucent Technologies (ex-AT&T), l'équivalent américain de notre Alcatel, est l'un des grands équipementiers du téléphone. En tant que tel, il construit l'infrastructure du réseau téléphonique et fournit les multiples terminaux (téléphones, télécopieurs...) destinés aux utilisateurs. C'est exactement l'ambition de Sun : offrir ses serveurs sur lesquels reposera l'informatique du réseau Internet (et Intranet en entreprise), et les technologies qui animeront la noria d'ustensiles qui s'y connecteront. " Les autres constructeurs informatiques, y compris Hewlett-Packard, se sont orientés vers le métier d'intégrateur et de société de services à haute valeur ajoutée. Nous faisons le choix de rester un fournisseur d'équipements et de technologies. A terme, nous pourrions bien être les seuls, avec IBM, à pouvoir jouer ce rôle ", commente Anil Gadre, responsable du marketing de Sun. Sun possède les serveurs qu'il faut. Pour remplir l'autre partie de son programme, il s'est attaqué à un travail herculéen : bâtir pratiquement de A à Z " son " informatique " centrée réseau " s'appuyant sur Java : le Java Computing. Aujourd'hui, Java se manifeste sous la forme de jolis petits dessins animés qui égaient les pages Web. Sun vise à ce que demain toutes les applications, mêmes les applications lourdes d'entreprise, soient traitées en Java. Il déve- loppe ainsi tous les outils matériels, logiciels, d'environnement, de développement et d'exploitation qui donneront au Java Computing sa vraie dimension. Vaste programme ! En un an et demi, l'entreprise n'a pas chômé. Sun Microsystems présentait il y a deux mois son Network Computer, la Java Station, et une gamme de serveurs spécialement adaptés à cette informatique. Sun Micro Electronics (la filiale qui conçoit les puces) s'apprête à sortir son premier JavaChip, un microprocesseur spécialisé pour faire tourner au mieux les applications Java. Quant à JavaSoft, la filiale consacrée aux logiciels Java, elle avance à toute allure. Créée en janvier 1996, elle compte déjà 350 personnes. Elle en aura 500 en juin prochain. Elle a déjà sorti un ensemble de composants objet pour Java (Java Beans), un système d'exploitation pour Java (JavaOS), un compilateur pour accélérer l'exécution des applications Java (JIT Just in Time Compiler), des outils de développement d'applications Java (JDK 1.1, Java Developers Kit), des applications de base pour Java (HotJava Views) et mille et un autres logiciels. La route est encore longue avant que l'informatique Java soit complète et robuste. Mais Sun commence à disposer d'une panoplie de matériels et de logiciels qui lui permettront de procurer aux fabricants d'équipements de toute nature les technologies leur permettant de construire les " thin clients " optimisés pour Java. Face aux mouvements tactiques de ses concurrents, la stratégie de Sun apparaît extrêmement habile. Primo, parce que cette informatique de réseau est une informatique de gros serveurs, ce qui n'est pas pour déplaire à celui qui s'en est fait une spécialité. Secundo, parce que même si les terminaux Java doivent théoriquement fonctionner avec tout type de serveur, la maîtrise de la technologie Java permet à Sun de rendre les siens un peu plus " égaux " que les autres. Enfin, et surtout, parce que l'entreprise, menacée par le risque d'un confinement dans le haut de gamme, trouve là une formidable bouffée d'air. Avec le Java Computing, Sun peut s'avancer sur un territoire jusqu'ici totalement colonisé par Microsoft : l'ordinateur de bureau. Sa Java Station est un ordinateur de bureau en version NC et non plus PC. " Nous ne prétendons pas remplacer le PC avec la Java Station, commente Anil Gadre. Il se vend quelque 60 millions de PC par an. Si, dans un premier temps, le network computer prend 5 % de ce marché, soit 3 millions de machines, cela nous convient parfaitement. " Ensuite, et c'est le plus riche d'avenir, avec sa technologie Java, ses JavaChips et son Java OS, Sun prend position sur un territoire encore vierge : toute cette informatique faite de myriades de " thin clients " qui restent pour bonne part à inventer. Le pari est vraiment osé, d'autant que Sun, en tirant un trait sur Windows, travaille sans filet. Pour le gagner, l'entreprise de Scott Mac Nealy devra jouer serré. Car, s'il ne fait guère de doute que Java soit amené à tenir une place importante dans l'informatique de demain (le succès de ce langage dépasse tout ce que l'on peut imaginer), rien n'assure que le principal bénéficiaire de cette technologie sera bien Sun. Java est en effet un " standard ". Il est ouvert à tous. Sun ne risque-t-il pas de tirer les marrons du feu pour un concurrent plus habile ? Son passé permet de relativiser le risque. L'entreprise s'est justement construite dans un monde hyper-concurrentiel en jouant à fond la carte des standards (Unix, Ethernet). Elle connaît parfaitement les règles de ce jeu.

Seconde question : comment imaginer qu'une " petite " entreprise puisse à elle seule définir et garder la maîtrise des technologies clés d'une nouvelle informatique ? Là aussi, l'histoire apporte un élément de réponse. La firme de Scott Mac Nealy est en effet la seule avec IBM à avoir acquis et conservé la maîtrise de toutes les technologies de l'informatique Unix : processeurs, système d'exploitation et logiciel d'administration de réseau. Les serveurs lui permettront-ils d'engranger suffisamment de profits pour continuer jusqu'à ce que Java prenne le relais ? Voilà la grande inconnue.

Microsoft rend pièce pour pièce à Sun

Mais en réalité, la question fondamentale est ailleurs : est-il encore possible d'échapper à l'attraction de Microsoft ? L'époustouflant brio avec lequel la firme de Bill Gates a, en moins d'un an, rattrapé Netscape sur la technologie des " browsers " montre, si l'on en doutait encore, que l'adversaire est des plus coriaces. Et que Windows est une sorte de trou noir qui avale tout. Aujourd'hui, c'est le tour des " browsers ". Demain, celui de Java ? Microsoft, qui n'a rien contre le principe d'une informatique de réseau à partir du moment où elle utilise Windows à tous les carrefours, rend ainsi pièce pour pièce à Sun. Java ? Microsoft l'adopte, mais tente de le rendre inséparable de Windows, via son logiciel Active X. La Java Station ? Microsoft lance le NetPC, un PC simplifié conçu pour fonctionner en lien avec des serveurs. Java OS ? Microsoft sort Windows CE (CE, pour " consumer electronics "), un ersatz de Windows conçu précisément pour les " thin clients " visés par Sun. Sun réussira-t-il à repeindre l'informatique de réseau aux couleurs de Java avant que Microsoft l'ait peuplé de Windows ? Le temps lui est compté. Mais il peut s'appuyer sur une belle brochette de partenaires, Oracle, Netscape, Apple et, surtout, IBM - " Son engagement sur Java est immense ", indique Anil Gadre - pour l'y aider. L'ennemi commun, Microsoft, cimente, dans un premier temps, leur union. Sun a aussi un autre allié : l'attentisme des utilisateurs. L'énorme bruit fait autour de Java peut retenir suffisamment l'attention des grands utilisateurs prêts à passer à NT pour les convaincre de différer leur décision, le temps de voir si, après tout, Java n'a pas mieux à leur offrir que Microsoft. Scott Mac Nealy présente volontiers le combat entre Sun et Microsoft comme celui de la " démocratie " des systèmes ouverts contre la " dictature " de Windows. Mais, quoi qu'il en dise, ce sont, en définitive, les utilisateurs qui choisiront le régime informatique qui leur convient. Ils avaient plébiscité Microsoft pour se débarrasser de l'emprise d'IBM. Pour qui voteront-ils, cette fois ?



La dynamique Java

Le succès de Java est foudroyant. En dix-huit mois, il y a déjà 200 000 développeurs d'applications qui s'adonnent à ce langage. Soit la moitié de la communauté qui s'est créée autour de Windows en... dix ans ! Tous les constructeurs, y compris Microsoft, ont adopté Java et rendu tous leurs systèmes d'exploitation capables de supporter des applications écrites pour ce langage. Aujourd'hui, du mainframe IBM au micro-ordinateur Windows, il n'est pas une machine qui ne supporte pas ce " standard ". Mieux, en août dernier, neuf des plus importantes entreprises américaines de l'informatique, des télécommunications et du câble, dont IBM, Compaq, Cisco, Sun, Netscape... et une grande entreprise de négoce japonaise (Itochu) ont décidé d'apporter 100 millions de dollars pour financer des start-up proposant des produits Java. Mais, rançon du succès, Java est aujourd'hui menacé par la même malédiction que celle qu'a subie Unix. Ce système d'exploitation quasi universellement adopté s'est scindé en de multiples versions propres à chaque constructeur. Cette dispersion a fait le lit de Windows NT, système propriétaire, mais unique. Un tel éclatement mettrait gravement en péril la stratégie de Sun. Java est donc étroitement surveillé par l'entreprise, qui veille à ce que tous les développements autour de ce standard restent cohérents. Dernièrement, Sun a ainsi lancé un label " 100 % pure Java " assurant qu'un programme développé en Java est conforme aux spécifications.



Les six " entreprises " SUN

Sun Microsystems, fondée en 1982, a réalisé, avec 17 000 employés, un chiffre d'affaires de plus de 7 milliards de dollars en 1996 (contre 5,9 milliards en 1995 pour un bénéfice net de 356 millions de dollars). L'entreprise, qui effectue 51,2 % de ses ventes aux Etats-Unis (25,2 % en Europe) s'est divisée en 1991en plusieurs entités, vouées chacune à une technologie. Il y a aujourd'hui six " entreprises " Sun :

Sun Microsystems Computer Company, le Sun " d'origine ", qui est responsable du hardware (stations et serveurs Unix, Java Station...).

SunSoft : l'entité logiciel (Solaris, Solstice...).

Sun Service : l'entité services.

Sun Microelectronics conçoit les processeurs Sparc et Java.

Java Soft développe les logiciels pour Java.

Sun Express pour le service aux clients.

USINE NOUVELLE N°2577

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