INFORMATIQUESilicon Graphics rallie la cause d'IntelLe partenariat entre le constructeur de stations et de serveurs et le fabricant de processeurs indique que, demain, il peut y avoir une vie hors du monde Wintel.

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Silicon Graphics rallie la cause d'Intel

Le partenariat entre le constructeur de stations et de serveurs et le fabricant de processeurs indique que, demain, il peut y avoir une vie hors du monde Wintel.





Sortie d'une zone de turbulences après une année 1997 marquée par de mauvais résultats, Silicon Graphics (SGI) espère retrouver une meilleure rentabilité financière en adoptant une stratégie conforme à l'une des grandes tendances de l'informatique. Cela d'ailleurs n'est guère étonnant lorsque l'on sait que son nouveau P-DG, Richard Belluzzo, est l'ex-patron de l'informatique d'Hewlett-Packard. D'abord, au nom du recentrage de l'activité sur les systèmes de calcul et de visualisation, elle se sépare de Mips (voir encadré) et la transforme en une société indépendante spécialisée dans la conception et la licence de microprocesseurs pour les applications embarquées et grand public (assistants personnels, consoles de jeux, etc.) Second grand changement de cap, l'intégration de technologies standards, grâce à un partenariat avec Intel et en particulier au portage de son Unix (Irix) sur la future puce 64 bits d'Intel (Merced). Ce faisant, SGI s'inscrit parfaitement dans la mouvance actuelle de l'industrie informatique, où, aux deux extrémités du spectre - les serveurs et stations d'un côté, les produits grand public non PC de l'autre -, le couple modèle Microsoft/Intel (Wintel) s'adonne à la polygamie. On voit en effet, dans le haut de gamme, les grands Unix (HP-UX d'Hewlett-Packard, Solaris de Sun et maintenant Irix) en cours de portage sur Merced. Cela signifie que, vers 2000, quand la puce sera disponible, les Unix se retrouveront à égalité de chance avec Windows NT sur les machines mues par des processeurs Intel.

Windows CE disponible sur les puces Intel

A l'opposé, sur toutes les machines grand public non PC, c'est Microsoft qui fait des infidélités à son partenaire. Windows CE est en effet disponible naturellement sur les puces Intel, mais aussi sur celles de Mips, Hitachi, etc. Et, quand on regarde les produits équipés de Windows CE qui arrivent (en particulier les Palm PC), force est de constater qu'ils sont à base de processeurs Mips et Hitachi plus souvent qu'Intel. Pour en revenir aux machines du haut de gamme et aux serveurs, c'est donc désormais une alternative entre ses propres processeurs et Merced que proposera Silicon Graphics à ses clients. Tout en reconnaissant qu'" aucun fabricant de processeurs n'a les moyens d'Intel ", SGI résume la problématique en distinguant processeur et architecture globale. Celle des serveurs issus du monde Unix, comme l'architecture CC-NUMA gardent une nette supériorité en matière d'évolutivité (jusqu'à 128 processeurs), de fiabilité ou de capacité à traiter des masses de données. En portant son système d'exploitation sur l'architecture Merced, SGI préserve ses atouts tout en améliorant l'interopérabilité avec l'environnement Windows NT.

Des systèmes d'exploitation 64 bits performants

Pour Intel aussi, l'enjeu est crucial : le Merced exige des systèmes d'exploitation 64 bits performants. Or Microsoft reste loin de lui apporter une telle garantie. " Intel est venu nous voir pour disposer d'un autre OS, sachant que Windows NT ne suffirait pas. NT n'est pas assez stable sur Merced ", confiait-on récemment chez Sun. Avec Silicon Graphics, Intel gagne de plus son ticket d'entrée dans le royaume de l'informatique : SGI est en effet présent dans 43 % des sites du Top 500 mondial des supercalculateurs. L'ordre des choses est bousculé, et la multiplication des accords marque surtout la victoire des standards. La technologie Merced aura sa place parmi eux. Unix aussi, parallèlement à Windows. Là est toute l'ironie de l'histoire : Intel, tête d'affiche historique du monde PC, pourrait bien redonner un second souffle à Unix !



Mips reprend son indépendance

Acquis en 1992, Mips aura passé six ans dans le giron de Silicon Graphics. Seul le développement des processeurs pour les plates-formes SGI, qui ne représentent que 5 % de l'activité de Mips, se poursuivra dans l'entité Computer Systems. Dans un premier temps, 20 % du capital de Mips sera introduit en Bourse. En revanche, SGI conserve ses activités dans le domaine du logiciel. Elle n'envisage pas de se désengager de sa filiale Alias/Warefrout, spécialisée dans les logiciels de visualisation 3D qui correspondent à ses marchés ciblés.

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