INFORMATIQUESERVEURS : INTEL ET MICROSOFT VEULENT TOUTAprès avoir avalé les PC et les serveurs de bas de gamme, le couple Intel-Microsoft s'attaque aux serveurs de milieu de gamme. Où s'arrêtera-t-il ?

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SERVEURS : INTEL ET MICROSOFT VEULENT TOUT

Après avoir avalé les PC et les serveurs de bas de gamme, le couple Intel-Microsoft s'attaque aux serveurs de milieu de gamme. Où s'arrêtera-t-il ?



Première alerte. Alerte orange. Août 1996. Un séisme secoue le monde de l'informatique au standard Unix. Tour à tour, Compaq et Hewlett-Packard annoncent leur entrée sur le marché des stations de travail graphiques (pour la CAO et le multimédia) avec des machines dérivées de la " technologie micro ". Des stations basées sur le processeur Pentium Pro d'Intel et le système d'exploitation Windows NT de Microsoft. L'architecture Wintel, pour les intimes. Jusque-là, les plates-formes composées de processeurs Risc et du système d'exploitation Unix faisaient loi. Les ondes de choc n'ont pas fini de se faire sentir. Mardi prochain, Digital, à son tour, va prendre position sur le marché de ce qu'il est désormais convenu d'appeler " stations de travail personnelles ".

Une fulgurante montée en puissance

Deuxième alerte. Alerte rouge. Le camp Unix s'inquiète d'un phénomène bien plus grave. Un ouragan d'une violence considérable est en route. Il menace, lui, un " continent ". Celui des serveurs de milieu de gamme. Les machines qui constituent le coeur de l'architecture client-serveur de l'informatique d'entreprise comme d'Internet. Le continent tout entier est en ligne de mire, des étendues d'Unix jusqu'aux steppes de Netware (le système d'exploitation réseau de Novell), en passant par la principauté d'OS/2 et les immensités d'OS/400 sous contrôle d'IBM. Cette tornade, à faire pâlir les " twisters " hollywoodiens, menace de tout balayer. Y compris les machines motorisées par des puces Risc. Elle est alimentée par la formidable énergie du couple Intel-Microsoft, avec les puces Pentium Pro du premier et le système d'exploitation Windows NT du second. Caramba ! Encore Wintel. Bref, après avoir absorbé le monde du PC (le versant " client " du monde client-serveur) et quasi digéré le monde des serveurs de bas de gamme (les serveurs de fichiers), Microsoft et Intel viennent semer la perturbation dans la cour des grands. Dans la " vraie " informatique. Celle des serveurs de milieu de gamme - de puissants systèmes capables de servir des milliers d'utilisateurs - comme les serveurs de réseau ou serveurs d'application (la gestion industrielle d'une entreprise moyenne avec un logiciel comme SAP, par exemple). " Très vite, les serveurs d'applications se répartiront à parts égales entre Unix et NT (40 % chacun) tandis que les architectures propriétaires se partageront les 20 % restants ", affirme-t-on chez Digital. Les prédictions du Gartner Group comme d'IDC (voir graphique) confirment cette fulgurante montée en puissance. On en vient à se demander si, au train où il va, le couple infernal ne va pas finir par avaler l'informatique tout entière. Les protagonistes d'Unix et de Netware tremblent d'effroi. Les amateurs de comique de répétition ont, eux, de quoi se tordre de rire. Le ressort est toujours le même. En jouant le volume, les deux compères transmutent tous les produits qu'ils touchent en " commodités ". L'un produit les puces (et cartes mères) dont finissent par s'équiper tous les constructeurs ; l'autre procède de même avec le système d'exploitation. Comme les volumes sont immenses, les prix des machines sont hyper-concurrentiels (malgré les confortables marges d'Intel et de Microsoft). Comme, en plus, n'importe qui, ou presque, peut intégrer ces briques standards, les constructeurs prolifèrent. La technologie se banalise. La concurrence s'exacerbe. Les prix chutent encore. Les fabricants " non Wintel " sont asphyxiés. Et nombre de constructeurs de machines Wintel n'ont pas les reins assez solides pour subsister avec des marges fines comme une feuille de papier. Après bien d'autres, la déconfiture d'Olivetti dans les PC en est l'illustration. Ce processus est en train de s'enclencher - à très grande vitesse - sur les serveurs de milieu de gamme. Toutes les conditions sont réunies. Première figure : l'arrivée des machines. Les serveurs Wintel capables de tenir tête aux serveurs Risc/Unix sont déjà là. Compaq, IBM, Hewlett-Packard et Digital ont été les premiers à mettre sur le marché, au printemps, des serveurs équipés de quatre processeurs Pentium Pro à 166 mégahertz. Depuis, ils proposent des systèmes munis d'une puce plus musclée, le tout dernier Pentium Pro travaillant à 200 mégahertz. Deuxième figure : la liste des fournisseurs s'allonge. Zenith, Intergraph, Olivetti et, depuis la semaine dernière, Dell, spécialiste du cassage des prix et de la vente directe, font partie de la liste.Troisième figure : le rapport performances/prix. les premiers tests montrent qu'il est époustouflant. Exemple, le Proliant 5000 (quadri Pentium Pro 200 mégahertz) de Compaq est presque deux fois plus puissant qu'une machine Risc 6000 d'IBM pour un prix à la transaction presque quatre fois moindre ! (voir tableau page 22). Cette surprenante éclosion de serveurs munis de quatre processeurs Pentium Pro est le fruit d'un patient travail d'Intel comme de Microsoft. Chez Intel, le processeur Pentium Pro a été conçu dès l'origine pour fonctionner en mode multiprocesseur (SMP, pour Symetric Multiprocessing) avec trois de ses acolytes. " Cela permet de réaliser des cartes quadriprocesseurs qui ne nécessitent pratiquement aucune "circuiterie" complémentaire ; elles sont donc très bon marché ", explique Luc Jarry, architecture manager d'Intel France. Cette architecture, Intel l'a baptisée SHV (Standard High Volume). Tout est dit en trois mots. Et si les pionniers tels que Compaq ou Digital construisent leurs propres cartes mères, le fabricant de semiconducteurs, lui, ne se prive pas de mettre sur le marché ses cartes SHV munies de quatre processeurs. Exactement comme il l'a fait pour les PC. Résultat, il n'est plus besoin de posséder les compétences technologiques d'un IBM ou d'un HP pour bâtir une puissante machine quadri Pentium Pro. Il suffit de s'approvisionner chez Intel. Il apparaît très peu probable qu'Intel s'aventure au-delà des cartes quadriprocesseurs le temps que durera la famille Pentium Pro. N'est-ce pas un handicap, alors que, dans le camp Unix, les architectures SMP supportent allègrement 8, 32, voire 64 processeurs ? La réponse est non. Pour obtenir au meilleur prix une puissance suffisante dans le milieu de gamme, la stratégie Wintel est de jouer les " grappes " (" clusters ") de machines quadriprocesseurs très bon marché. Besoin de puissance ? Ajoutez un serveur de plus à votre cluster. " C'est la solution optimale en matière de rapport prix/performances ", commente-t-on chez Intel. C'est là qu'intervient Microsoft. Il est en train de finaliser son architecture de clusters pour Windows NT. Son objectif : en faire le standard pour la connexion de machines multiprocesseurs, bien sûr ! (voir article page 23). Le tour sera alors joué. Une technologie aussi complexe que le " clustering " de machines multiprocesseurs est appelée à son tour à devenir sinon une " commodité ", du moins une architecture banalisée. C'était, jusque-là, l'apanage d'une petite élite de constructeurs informatiques. Disposant de machines à base Intel suffisamment puissantes, la version serveur de Windows NT peut désormais déployer largement ses ailes.

Une panoplie de progiciels

Le moment est opportun. Le système d'exploitation de Microsoft est mûr. Même s'il reste encore loin de posséder tous les raffinements d'Unix, il a gagné en robustesse et en capacité multiprocesseur. Surtout, il commence à disposer d'une panoplie de progiciels. Aussi bien en matière de bases de données que de logiciels d'applications. La pression de NT s'intensifie donc. Et comme Windows NT Server est à la fois un serveur d'applications et un serveur de réseau, il s'attaque à la fois au champion des serveurs de réseaux (Netware de Novell) et à ceux des serveurs d'applications (l'univers d'Unix, OS/2, OS/400...). Sans oublier, bien sûr, ceux d'Internet. La dernière version de Windows NT Server - qui arrive sur le marché - intègre en effet toutes les fonctionnalités nécessaires pour bâtir un tel serveur. Avec NT, " one size fits all ". Bien joué, Microsoft ! Le rouleau compresseur s'arrêtera-t-il ? Réduira-t-il demain les serveurs de haut de gamme (de la concurrence...) en poussière ? Puis les mainframes ? Rien ne viendra-t-il donc freiner cette machine qui a démarré il y a quinze ans avec les " ridicules " PC MS-Dos ? En fait, malgré Unix, les mainframes continuent leur existence. Malgré NT, Unix vivra sa vie. Tous devront toutefois se serrer un peu pour faire de la place à l'étoile montante. " A terme, trois systèmes d'exploitation subsisteront certainement : MVS d'IBM, Unix et NT. Et peut-être un quatrième, OS/400 ", prédit ce spécialiste de l'industrie de l'informatique. De quelque horizon qu'ils soient, tous affirment que " NT et Unix feront jeu égal dans l'entreprise ". Il y a au moins une bonne raison à cela. Côté utilisateurs, personne ne veut revivre l'époque où un seul constructeur, IBM, dictait sa loi. Il reste également au camp adverse quelques bons atouts. Le premier est défensif. La fuite vers le haut de gamme. Là, les performances du couple Risc/Unix sont encore loin d'être à la portée de Wintel, et ces machines elles aussi n'en finissent pas de grimper en puissance. Et, plus on monte en gamme, plus le seul argument " prix " perd de sa valeur. Le deuxième est violemment offensif : la technologie Internet. Ce qu'IBM baptise informatique " résocentrique ". Internet crée en effet un tout nouvel avatar de l'informatique client/serveur. Une architecture qui peut théoriquement se passer de Windows. De quoi briser la " malédiction " Wintel et reprendre la main. La généralisation de cette informatique est encore hypothétique. Mais l'ensemble du camp anti-Microsoft - d'IBM à Sun, en passant par Netscape, Oracle et autres Novell - n'épargne pas son énergie pour ne pas rater l'occasion. Microsoft parviendra-t-il à éviter le piège en " windowisant " le monde Internet ? Il s'y emploie farouchement. Réponse dans le prochain épisode de " Microsoft contre le reste du monde ".

Le troisième atout se trouve dans le camp Wintel. C'est la lassitude conjugale. Le couple Microsoft et Intel est purement circonstanciel. En fait, chacun a toujours pousuivi de façon têtue sa propre stratégie. Ne sont-elles pas amenées à diverger ? " C'est loin d'être improbable ", euphémise Alain Couder, directeur général adjoint de Bull. Hier, en effet, Windows (Windows 3 et 95) fonctionnait uniquement sur processeur Intel. Aujourd'hui, la situation est radicalement diffé- rente. NT tourne, ou va tourner, sur presque tous les processeurs : Intel, bien sûr, mais aussi Alpha (Digital), Power PC (Apple, IBM, Motorola, Bull)... Microsoft peut jouer à la fois " gagnant " et " placé ".

Le processeur PowerPC n'a pas dit son dernier mot

Du coup, installés dans un châssis Windows NT, les moteurs Risc pourraient retrouver la place de tête. A condition, et ce n'est pas le plus simple, d'offrir des coûts comparables à ceux d'Intel. " Le processeur PowerPC n'a pas dit son dernier mot. Grâce à sa technologie, il peut être produit à des coûts comparables à ceux du Pentium Pro avec des volumes plus faibles ", affirme Alain Couder. De son côté, Intel, allié de Hewlett- Packard pour sa prochaine génération de puces, commence à s'émanciper et travaille sérieusement avec des partenaires non Windows. Data General, Unisys ou Sequent, par exemple, jouent eux aussi les multiprocesseurs Pentium Pro. Mais sous Unix. Et Intel envisage même, in- jure suprême, de fournir des processeurs pour le Network Computer, le PC sans Windows d'Oracle. L'en- nemi avéré de Microsoft. En attendant de voir ces prédictions validées ou infirmées, Wintel, aidé en particulier par son plus fidèle supporter, Compaq, aura eu le temps de digérer un bon morceau de la nouvelle tranche d'informatique qui constitue son menu. Bon appétit !





De l'amour fou au mariage de raison

Les quatre premiers acteurs du marché des serveurs à puce Intel

1 Compaq, le pilier " Wintel " lI a bâti sa puissance en s'appuyant sur Intel et Microsoft. Ses serveurs sont à 100 % Intel, et ses systèmes d'exploitation majoritairement Windows NT.

2 IBM, le partenaire malgré lui

Il doit protéger ses propres systèmes d'exploitation OS/2, OS/400, Unix (AIX) et ses puces Power PC.

3 Hewlett-Packard, le rallié à Intel

Sa prochaine génération de puces est conçue en commun avec Intel. Mais il doit protéger son système d'exploitation Unix, menacé par Windows NT.

4 Digital, le rallié à Microsoft Y

Malgré ses systèmes d'exploitation Unix et VMS, il joue à fond la carte Windows NT sur puces Intel et sur ses propres puces.





Air liquide : 50 % Unix, 50 % Windows NT

Unix ou Windows NT ? A l'instar de nombreuses entreprises, le département Gaz industriels services d'Air liquide, qui, fort de 63 centres en France, assure la logistique des produits de l'entreprise, a un pied dans chaque camp. " Pour gérer l'ensemble de ce département (2 000 personnes), nous nous appuyons sur deux serveurs à base de Pentium ", indique Michel David, responsable des systèmes d'information. L'un (IBM), sous Unix, est en charge des applications lourdes : gestion, facturation... L'autre (HP), sous NT, s'occupe de l'ensemble de la bureautique et du groupware (Lotus Notes). Cette architecture, qui fonctionne depuis le début de 1995, a été définie en 1993. A l'époque, choisir NT était encore un pari. Quel serait aujourd'hui le choix ? " Si la question se posait, nous choisirions probablement un système homogène, mais toujours avec deux serveurs séparés pour ne pas mélanger les tâches ", pense Michel David. Quel système d'exploitation ? " L'utilisation de Windows NT est tellement simple que nous regarderions certainement de ce côté ", reconnaît-il. Il précise toutefois que ce n'est pour l'instant qu'un avis très superficiel. " Il faudrait analyser le problème beaucoup plus en détail. L'une des raisons de la facilité d'utilisation de NT tient aussi à ce que les applications qui tournent sous ce système d'exploitation sont elles-mêmes beaucoup plus légères. "



LA TECHNOLOGIE DES " CLUSTERS ", L'AUTRE BATAILLE

Il existe plusieurs architectures pour faire travailler en parallèle plusieurs serveurs. Microsoft a choisi la sienne. Il veut en faire un standard.



Forts du système d'exploitation Windows NT et d'une architecture multiprocesseur Pentium Pro, Microsoft et Intel s'attaquent aux serveurs informatiques de milieu de gamme. L'une des clés de leur réussite tient à la mise en " clusters " de machines multiprocesseurs. Leurs choix sont parfaitement définis. Chez Intel, c'est clair. Le nombre maximal de processeurs Pentium Pro sur une carte mère est fixé à quatre. Chez Microsoft, c'est net. Il a pour ambition de faire de Windows NT un système d'exploitation capable de supporter plusieurs serveurs travaillant en parallèle, selon une architecture dite de clusters. Et même de faire de son système, Wolfpack, " le " standard du marché en matière de clusters. Ainsi, muni de Windows NT version cluster et d'une carte Intel, tout fabricant suffisamment malin pourra mettre sur le marché des systèmes hyper-puissants bâtis autour d'éléments standards. C'est clairement l'ambition de Microsoft et d'Intel avec ce système de grappes de machines quadriprocesseurs, censé fournir la puissance au meilleur prix. Il existe plusieurs façons de " clustériser " des systèmes (voir schémas). Microsoft a choisi l'architecture à passage de message, dite " shared nothing ", car les différents serveurs du cluster ne partagent... rien. Ni bus ni mémoire. Les serveurs qui composent le cluster sont dotés chacun d'une copie du système d'exploitation, Windows NT en l'occurrence. Ils se contentent d'échanger des informations via un lien à très haut débit. Ce lien haut débit, du type liaison ATM, est fort complexe à mettre en oeuvre. Du coup, pour faciliter la tâche des " clustériseurs " novices, Tandem, le constructeur réputé pour ses machines à tolérance de pannes, a décidé de licencier son système d'interconnexion Net Server. Il ambitionne lui aussi d'en faire un standard. " Nous sommes en dicussion avec une demi-douzaine de constructeurs de PC ", affirme Gary Peterson, vice-président senior de Tandem. Son premier client est... Compaq.

Wolfpack consiste essentiellement en un jeu d'interfaces de programmation (API). Leur but est de permettre aux développeurs d'applications pour Windows NT d'adapter leurs logiciels à un fonctionnement en cluster. C'est indispensable. Dans un premier temps, Wolfpack supportera des systèmes à deux serveurs, avant tout pour assurer la tolérance aux pannes. Microsoft, en retard sur son calendrier, comme à l'habitude, promet Wolfpack biserveur " pour le début de 1997 ". Une version plus complète permettra de connecter de nombreux serveurs, pour satisfaire, cette fois, aux besoins de puissance. " D'ici à la fin de 1997, Windows NT supportera des clusters de seize serveurs ", assure Microsoft. Le retard de Microsoft est à l'origine d'une certaine confusion autour de ces fameuses " grappes " de serveurs. Aujourd'hui, les premiers constructeurs à avoir proposé des serveurs Pentium Pro arrivent chacun sur le marché avec sa propre architecture de clusters. C'est le cas de Digital, de Compaq, de Hewlett-Packard, de Data General, ou encore de Sequent et d'Intergraph. Des constructeurs tels que Digital, Tandem ou Compaq collent au plus près à toutes les solutions Intel et Microsoft (ils ont d'ailleurs participé à la définition de Wolfpack). Ceux d'entre eux, comme Digital, qui proposent aujourd'hui un cluster " maison " évolueront vers la solution Microsoft... quand elle sera disponible. Le standard Microsoft n'est donc pas remis en question par ceux-ci. D'autres, en revanche, se montrent plus sélectifs. Exemple, Intergraph bâtit ses serveurs multiprocesseurs sous Windows NT avec des puces Pentium Pro. Mais ses cartes mères incluent jusqu'à six processeurs. Data General, lui, a choisi des cartes mères de type Intel. Mais il fait tourner dessus son propre Unix et possède sa propre technologie de " clustering " (de type Numa, voir schéma). Ce faisant, ces constructeurs, auxquels s'ajoutent notamment Unisys et Sequent, jouent une autre carte. Ils commencent à attaquer, avec des architectures propres, le segment supérieur des serveurs, tout en profitant des économies d'échelle liées à la standardisation, soit des puces, soit du système d'exploitation. Autrement dit, outre ceux du camp Wintel, il existe désormais toute une catégorie d'acteurs qui jouent sur toutes les combinaisons possibles de " Win " et de " Tel " pour conserver une spécificité.



Clusters : pour la tolérance aux pannes et pour la puissance

En informatique, pour obtenir, à partir d'un processeur donné, le maximum de puis- sance, il y a actuellement deux solutions éprouvées. D'abord, on multiplie les processeurs au sein d'une même machine. C'est l'architecture SMP, pour " symetric multiprocessing ". L'opération a ses limites. Plus le nombre de processeurs est élevé, plus il est difficile de faire croître les performances proportionnellement au nombre de processeurs. C'est essentiellement un problème de maîtrise du système d'exploitation. Quand un constructeur estime qu'il est parvenu au nombre optimal de processeurs, il peut commencer à jouer sur le second levier : la mise en parallèle, en cluster, de plusieurs machines multiprocesseurs. L'intérêt est triple. D'abord, un cluster de deux machines offre une architecture redondante. Ensuite, la multiplication des serveurs permet de monter en puissance. Enfin, le système évolue facilement par simple ajout de serveur.



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