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InformatiqueMALGRé DE LOURDES PERTES ENREGISTRéES EN 1993Grâce aux puces Power, IBM prépare la reconquêteBig Blue est moins mal en point qu'il en a l'air. Sa stratégie technologique doit lui permettre de se refaire rapidement une santé.

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Informatique

MALGRé DE LOURDES PERTES ENREGISTRéES EN 1993

Grâce aux puces Power, IBM prépare la reconquête

Big Blue est moins mal en point qu'il en a l'air. Sa stratégie technologique doit lui permettre de se refaire rapidement une santé.



IBM va annoncer fin janvier de bien piètres résultats pour 1993, avec les plus lourdes pertes de son histoire: 8,3milliards de dollars déjà enregistrés pour les neuf premiers mois de l'année, et une baisse de 2% de son chiffre d'affaires, estimé à 63milliards de dollars par différents consultants. Pourtant, à Wall Street, l'action IBM, qui avait plongé jusqu'à 40dollars en 1993, ne cesse de remonter la pente. La semaine dernière, elle tutoyait les 60 dollars. Pourquoi ce regain de confiance de la communauté financière? "L'avenir d'IBM a bien meilleure allure aujourd'hui qu'à la fin de l'année 1992", répond David Wu, analyste de SG Warburg et "IBMologue" très écouté. Parce que, sous l'impulsion de son nouveau président, Louis Gerstner, en poste depuis bientôt un an, Big Blue retrouve le chemin de la compétitivité. Et IBM développe une ambitieuse stratégie de convergence technologique de toutes ses gammes d'ordinateurs. Pour redresser IBM, Louis Gerstner compte d'abord sur l'unité du groupe. Contrairement à son prédécesseur, John Akers, qui voulait éclater l'entreprise en treize entités indépendantes. La force d'IBM est dans sa cohésion, estime son nouveau président.

Mes mêmes logiciels de base

A terme, tous ses ordinateurs, du plus petit au plus gros, devraient être conçus autour des mêmes microprocesseurs et pourraient mettre en oeuvre une même famille de logiciels de base. Une évolution riche de perspectives simplificatrices pour les clients, qui devrait permettre des économies d'échelle dans le développement et la fabrication des produits, ainsi qu'une machine de guerre contre la domination de Microsoft et d'Intel. Briques de base de cette stratégie, une nouvelle génération de microprocesseurs, les Power PC, et un futur système d'exploitation révolutionnaire: Workplace operating system (WOS). En 1975, un laboratoire d'IBM invente une nouvelle architecture d'ordinateur, baptisée Risc (Reduced instruction set computing), qui simplifie la conception des processeurs tout en accroissant fortement ses performances. Ce principe très séduisant, mais menaçant pour les "mainframes", qui faisaient alors la fortune de Big Blue, dormira longtemps dans les cartons. IBM attendra que Hewlett Packard ou Sun mettent en oeuvre l'architecture Risc dans leurs machines, au milieu des années 80, pour se réveiller. Il introduit sa propre architecture Risc, Power, dans ses stations de travail en 1990. Pratiquement absent jusque-là de ce segment en très forte croissance, IBM en devient très vite le N02 derrière Sun et contrôle aujourd'hui 15% du marché mondial. L'année suivante, IBM s'associe avec Motorola et Apple pour intégrer sur une seule puce cette architecture Power. Ce développement donne naissance, en septembre dernier, au microprocesseur Power PC, plus petit, moins cher, et plus puissant que Pentium, le dernier-né d'Intel. De quoi s'affranchir à terme de la tutelle de ce fournisseur, dont les microprocesseurs actuels (386, 486) équipent les PC d'IBM, comme 80% des micros vendus dans le monde. Digital Equipment, Sun, Hewlett Packard, Mips-Silicon Graphics ont eux ausi développé leurs propres microprocesseurs Risc. DEC commercialise déjà un micro doté de sa puce Alpha. A leur tour, IBM et Apple annonceront leurs machines à base de Power PC dans les prochains mois. Pour convaincre les utilisateurs de migrer vers ces nouvelles machines ultra-puissantes, il faut leur garantir que leurs logiciels conçus pour les microprocesseurs Intel avec les systèmes d'exploitation de Microsoft (MS-DOS, Windows) pourront tourner aussi bien sur les Power PC. Le futur système d'exploitation que développe IBM, Workplace, devrait assurer l'indispensable compatibilité. Il s'agit d'un noyau logiciel autour duquel peuvent venir se greffer les fonctions spécifiques de différents systèmes d'exploitation. Parallèlement, IBM développe avec Apple, au sein de leur filiale commune Taligent, dont Hewlett Packard vient d'acquérir 15% du capital, un système d'exploitation orienté objet, destiné aussi bien aux puces Power PC qu'Intel. Présente dans les micro-ordinateurs et dans les stations de travail d'IBM, l'architecture Power va aussi constituer le coeur des mini-ordinateurs de Big Blue. D'ici à deux ans, toute la gamme AS400 devrait être dotée du microprocesseur Power 2. Et la même puce se retrouve déjà dans un super-ordinateur à architecture parallèle, l'IBM Power Parallel System, destiné aux grands calculs scientifiques et commercialisé depuis septembre de l'année dernière. Là, des dizaines de puces Power interconnectées coopèrent au traitement ultra-rapide d'une même application.

Convergence technologique

En revanche, l'intégration de l'architecture Power dans les gros ordinateurs classiques de Big Blue soulève encore de sérieuses difficultés techniques, faute d'être adaptée à leurs logiciels de base. Mais, même là, la convergence technologique est en marche. Aujourd'hui, les processeurs des mainframes IBM mettent en oeuvre des circuits intégrés de technologie bipolaire, très rapides, mais gros consommateurs d'énergie et donc dissipateurs de chaleur. Ce qui implique des systèmes sophistiqués et coûteux de refroidissement à eau ou à air. Dès cette année, la fabrication de ces systèmes, réalisée à Montpellier pour le marché européen, sera abandonnée. La future gamme utilisera des microprocesseurs, certes spécifiques, mais conçus avec la même technologie CMOS que les puces des micros ou les circuits de mémoires. Ce qui permettra de les produire dans les mêmes usines, et ce, à moindre coût. Et IBM développe simultanément de très gros ordinateurs massivement parallèles à architecture Risc, mettant en oeuvre le système d'exploitation Unix et destinés aux applications de gestion. Cette stratégie est unanimement saluée par les spécialistes. "Nous sommes très impressionnés par le Power PC, son architecture et sa technologie. Il promet d'être l'une des meilleures, sinon la meilleure offre disponible", assure Rob Schafer, directeur de programme au cabinet Meta Group. C'est cette arme technologique, plus encore que la profonde restructuration du groupe, qui explique le regain de confiance que suscite IBM. Même si ces restructurations ont été particulièrement importantes. Avec des effectifs ramenés à 255000personnes à la fin de 1993, la compagnie a réalisé un chiffre d'affaires équivalant à celui de 1989, quand elle employait 128000personnes de plus. Cet effort massif de restructuration a certainement plombé les comptes (quelque 20milliards de dollars de provisions en deux ans). Mais il commence à porter ses fruits. L'année dernière, IBM a regagné 0,5% du marché mondial des micro-ordinateurs, selon Dataquest, après sept ans d'érosion continue. En Europe, un afflux inattendu de commandes de très gros ordinateurs met son unité de production de Montpellier en totale surchauffe. Et la compagnie, qui aura réduit de 7milliards de dollars par an ses coûts de personnel et ses frais généraux d'ici à 1995, prévoit le retour aux bénéfices pour cette année.

Une organisation décentralisée

Leader mondial sur la plupart des marchés de l'informatique, leader technologique dans de nombreuses spécialités, un IBM unique sera beaucoup mieux armé pour satisfaire la demande de solutions globales, intégrant les matériels, les logiciels et les services, que réclament les grands utilisateurs. A condition de briser le monolithe au profit d'une organisation décentralisée, d'éliminer les rivalités internes et l'extrême bureaucratie du groupe. Louis Gerstner s'y attaque en remplaçant le triumvirat qui prenait les décisions clés par une direction collégiale de onze membres et un comité rassemblant trente-quatre dirigeants des filiales du monde entier. Et, pour renforcer la dynamique du groupe, la part variable des rémunérations des managers n'et plus liée aux résultats de leur propre unité, mais aux performances globales de la compagnie.

à Washington



5 000 cadres d'IBM France passent au télétravail



Un nouveau plan d'"adaptation des ressources humaines" sera présenté le 18janvier au personnel d'IBM France, après l'annulation en référé du précédent, en novembre dernier, "faute de données chiffrées justifiant le projet", avait estimé le tribunal de grande instance de Nanterre. Premier volet de ces mesures, une réduction de 600millions de francs des coûts immobiliers par la généralisation du télétravail. 60% du personnel non sédentaire d'IBM France, soit quelque 5000cadres commerciaux, inspecteurs de maintenance, consultants, dotés d'un micro-ordinateur portable et éventuellement d'un téléphone cellulaire, ne feront plus que des passages épisodiques dans les locaux de la compagnie. La surface de bureau qu'ils occupent aujourd'hui (18mètres carrés par personne) sera divisée par quatre. Et douze des dix-huit sites actuels de la région parisienne seront fermés. Cette organisation, en cours de test avec 800personnes, "s'avère concluante", indique-t-on chez IBM: en télétravail, les commerciaux passent la moitié de leur temps de travail chez les clients, au lieu de 30% pour ceux qui ont un bureau. La compagnie poursuit d'autre part son plan de réduction d'effectifs. En 1993, 1700postes ont été supprimés dans l'Hexagone, où la compagnie n'emploie plus que 15500personnes au lieu de 24000 en 1990. Cette année, 1650 nouvelles suppressions vont intervenir, selon les syndicats. A Montpellier notamment, où IBM fabrique ses grands ordinateurs pour les marchés européens, les effectifs chuteront de 2100 à 1800 salariés, dont 600 seulement dans la production. La France n'est pas la plus touchée en Europe, premier marché de Big Blue avec 40% de son chiffre d'affaires mondial. 10000 suppressions de postes y sont programmées pour cette

année, sur un total de 77000 personnes. En Allemagne, où IBM emploie aujourd'hui 21000personnes, les effectifs seront ramenés à 16 000salariés d'ici à la fin de 1995.







USINE NOUVELLE - N°2439 -

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