Electronique

INFORMATIQUE : LES PC INDUSTRIELS S'ADAPTENT À TOUTES LES APPLICATIONS

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Le PC industriel s'impose aujourd'hui pour toutes les applications critiques en production et dans les environnements aux nuisances importantes. Un large choix couvre tous les besoins.  

 


Vu de l'intérieur, un PC industriel ressemble comme un frère à un micro-ordinateur de bureau. Il possède lui aussi un processeur, une carte mère, des cartes additionnelles. Si nécessaire, il est équipé d'un bus. L'essentiel des composants, voire la carte mère, provient généralement de la bureautique classique. Et il fonctionne avec des systèmes d'exploitation connus de tous: DOS, Windows ou OS/2. Là s'arrête cependant la ressemblance. Le PC industriel se différencie par une "mécanique" différente afin de pouvoir résister aux chocs. Le refroidissement n'a rien à voir avec celui d'une machine bureautique: plusieurs ventilateurs aspirent de l'air filtré pour éviter les dégâts dus aux poussières. Sur le haut de gamme, les PC industriels possèdent, pour des raisons de sécurité, des alimentations spécifiques. Dans certains cas, ils disposent même d'alimentations redondantes, avec des dispositifs de détection automatique du bon fonctionnement. Ainsi, vu de l'extérieur, le PC industriel n'a plus rien à voir avec son cousin bureautique: c'est un "dur".

Les professionnels parlent d'ailleurs de PC "durci". Doté d'un châssis, il revêt les différents avatars qu'exigera son utilisation. Il peut être "rackable" - intégrable dans un rack-, étanche, résister à des températures de 60°C. Dans tous les cas, son châssis doit protéger les composants. Il se distingue aussi par un nombre accru de "slots", ces ports qui relient l'unité centrale à son environnement extérieur. Un PC de bureau se contente généralement de deux ou trois slots. Sur une machine d'atelier, il n'est pas rare d'en trouver jusqu'à vingt. Quant aux bus, le PCI, qui s'est déjà imposé en bureautique grâce à sa rapidité, tend à se généraliser aussi sur les PC industriels. Nombre de ces derniers possèdent toutefois des bus spécifiques. Autre différence de taille, le PC industriel est un appareil sur lequel on peut compter. Il doit pouvoir s'adapter au rythme de l'atelier. Si ce dernier travaille en trois équipes, le PC qui contrôle ou commande des équipements de production doit être capable de fonctionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pendant des jours ou des semaines, sans défaillance. La performance n'est pas à la portée du premier PC bureautique venu. Reste à savoir quand la compagnie de ce "dur" devient indispensable. Il est difficile de fixer un seuil précis, mais le PC industriel s'impose dès que l'on travaille dans un contexte où existent des nuisances et des pollutions de différentes origines (poussières, vibrations, liquides, gaz, etc.). Le choix d'une machine se fera en fonction du type et du degré de ces différentes nuisances. Il s'opèrera également en fonction de l'applicatif. Si celui-ci est critique, commande de machine par exemple, il n'y aura aucune hésitation à choisir de préférence un PC industriel en raison de sa plus grande fiabilité.

En revanche, dans une ambiance relativement propre, une supervision n'exigera pas forcément un PC durci. En cas de défaillance du micro, l'arrêt de la supervision n'entraîne pas celui de la production. Le choix de la conformité aux normes se fera également en fonction de l'environnement: IP désigne par exemple un indice de protection à l'étanchéité. Il faut savoir également que toutes les machines doivent, depuis le 1er janvier, être conforme au label CE, qui édicte des spécifications de protection contre les perturbations électromagnétiques. Il ne faut donc pas oublier de vérifier que les matériels portent bien ce label. Autre critère important, le choix de l'écran. Quel que soit son type, sa luminosité doit faciliter sa lisibilité, car il n'est pas toujours facile d'optimiser l'éclairage en milieu industriel. Les écrans plats ont le vent en poupe. Ils offrent une excellente protection: on peut même arroser un écran plat au jet! Quant aux écrans tactiles, ils ont leurs amateurs et leurs détracteurs. Les premiers soulignent leur convivialité, surtout lorsque les opérateurs ne sont pas familiarisés avec la micro. Les seconds mettent en cause un manque de fiabilité. Une ambiance très sale peut en effet leur nuire. En ce qui concerne les micro-processeurs, les caractéristiques en mémoire et en système d'exploitation, l'évolution des PC d'atelier a parfaitement suivi ceux de la bureautique. Le Pentium devient monnaie courante, et les modèles équipés de Pentium Pro sont attendus. Tous les systèmes d'exploitation sont supportés. Un mot à propos de Windows: si la souris n'a bien entendu pas sa place dans un atelier, elle peut être remplacée par des dispositifs de type trackball. Aujourd'hui, il en existe même montés sur coussins d'air.



Des prix de plus en plus revus a la baisse

Une évolution, plus marquée pour le moment outre-Atlantique qu'en France, se dessine: de plus en plus de constructeurs et d'industriels mettent leurs automatismes sur des PC industriels plutôt que sur des automates programmables (API).Ce dernier n'est, après tout, comme le PC, qu'une unité de calcul. Mais la puissance du micro, son potentiel en termes de modularité et de souplesse d'utilisation, lui confère une certaine supériorité.Grâce à cette généralisation, le coût des PC industriels tend à se réduire considérablement. L'utilisation croissante de composants standards issus de l'univers de la bureautique exerce aussi une influence favorable sur les prix. Ceux-ci s'échelonnent aujourd'hui entre 10000 francs en entrée de gamme (machine "shoebox" réduite à une unité centrale) à 30000francs, voire 50000 francs pour des machines très "durcies" pour les milieux difficiles. Quant aux portables, très utilisés pour les campagnes de tests et de mesure pour la maintenance ou la reprogrammation de machines, la fourchette de prix est de l'ordre de 50000 à 60000 francs. Même si un effet de volume commence à se manifester sur certains appareils, le surcoût par rapport à la bureautique reste de 25 à 100%.

USINE NOUVELLE N°2532
 

 

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