InformatiqueLe repli de Bull : La vente des activités américaines de service à Wang marque la fin du développement aux Etats-Unis. Pour survivre, le constructeur français ne parle plus que de partenariat.

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Le repli de Bull : La vente des activités américaines de service à Wang marque la fin du développement aux Etats-Unis. Pour survivre, le constructeur français ne parle plus que de partenariat.



C'est la fin du rêve américain de Bull. Aux termes de l'accord signé, Wang, désormais recentré sur les services, reprend près de la moitié de l'activité de Bull aux Etats-Unis. Les activités transférées au constructeur américain pèsent environ 450millions de dollars (dont 320millions aux Etats-Unis), alors que Bull réalise un chiffre d'affaires de 750millions de dollars en Amérique du Nord.

Privatisation oblige, les exigences de profitabilité prennent le pas sur le "grand dessein" entamé avec le rachat de l'informatique de Honeywell et poursuivi par celui de Zenith Data Systems (ZDS).

De ce point de vue, l'opération est tout bénéfice. Bull se débarrasse d'activités pesant lourdement sur la rentabilité de la filiale américaine, empoche 160millions de dollars et, au passage, satisfait Bruxelles, qui demandait qu'un peu d'ordre soit remis dans ses activités sur le continent américain. En outre, il trouve en Wang un distributeur supplémentaire pour ses produits Unix, en particulier Escala, le nouveau serveur multiprocesseur qui a vocation à nourrir la croissance de Bull sur le marché des systèmes ouverts.

Le P-DG de Bull, Jean-Marie Descarpentries, affirme que ces cessions vont permettre à l'entreprise de "focaliser ses investissements aux Etats-Unis sur ses métiers stratégiques". On peut toutefois s'interroger sur la pérénité de la filiale américaine. Certains analystes n'hésitent pas à interpréter l'accord avec Wang comme le premier pas vers un retrait en bon ordre. "Bull a vendu tout ce qui était aujourd'hui vendable", commente ce proche du groupe, qui s'attend toutefois à une opération sur ZDS, "trop petit pour lutter avec des géants comme IBM ou Compaq". Le retour de Jean-Claude Albrecht au sein de Bull donne un certain poids à cet argument. Ce n'est un secret pour personne qu'il n'a jamais été un des plus chauds partisans de l'"aventure américaine".

Jean-Marie Descarpentries ne partage naturellement pas cette analyse. Et l'explique: "Pour Bull, il y a trois activités stratégiques: les serveurs d'entreprise, les PC, les systèmes Unix. Bull doit les gérer au plan mondial. Pour le reste, chaque division a pour objectif de nouer sur chaque continent des partenariats avec des entreprises locales." Autrement dit, hormis pour les trois grandes activités stratégiques, une bonne alliance est préférable à un rang médiocre. Dans cette optique, Wang, dans lequel la participation de Bull a vocation de croître, pourrait être le cheval de Troie du constructeur français sur le continent américain."Pour survivre, il faut faire partie des trois premiers", argumente Jean-Marie Descarpentries, qui indique que c'est "avec cette grille de lecture que l'on pourra interpréter tous les accords à venir".

Au tout premier rang

Ainsi, explique Bull, la cession à Wang des activités de maintenance sur le continent américain est motivée par des considérations de taille critique, impossible à atteindre en solo. Le regroupement des forces des deux constructeurs fait du service client de Wang "la plus grande organisation de services multivendeurs indépendante au monde". La logique est la même pour la cession des activités intégration de systèmes pour le marché fédéral américain. Enfin, la vente à Wang des activités de gestion électronique de documents et workflow se situe dans la droite ligne du "on ne peut survivre que dans les métiers où l'on figure au tout premier rang". Et, de fait, l'affaire est bonne pour Wang, qui, avec 1500systèmes installés (700 en Europe), se trouve propulsé au tout premier rang sur ce marché très prometteur.

Franck BARNU



Une opération à double détente

Outre une prise de participation de 4,9% dans Wang, le partenariat Bull-Wang comporte deux volets.

Bull cède à Wang: -son activité fédérale aux Etats-Unis (intégration de systèmes);-ses services de maintenance aux Etats-Unis; -ses filiales en Australie, Nouvelle-Zélande, Canada et Mexique;

-son activité gestion électronique de documents et workflow. Pour celle-ci, Wang va créer à Paris

un centre de compétence à vocation européenne. Il comportera 80 spécialistes issus de Bull.

En retour, Wang distribuera:- les produits Unix de Bull;

- les serveurs d'entreprise GCOS de Bull en Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Mexique et sur le marché fédéral américain.Il fera de ZDS (la filiale micro de Bull) son seul fournisseur de PC en OEM et un de ses principaux fournisseurs de micro-ordinateurs.

USINE NOUVELLE - N°2472 -

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