INFORMATIQUELe nouveau visage d'IBMLe contrat de 16 milliards de dollars signé avec Dell pour la fourniture de composants pour PC symbolise le come-back d'un IBM transfiguré.

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Le nouveau visage d'IBM

Le contrat de 16 milliards de dollars signé avec Dell pour la fourniture de composants pour PC symbolise le come-back d'un IBM transfiguré.



IBM devient fournisseur de Dell. C'est le monde à l'envers. Le géant, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 81,7 milliards de dollars, va alimenter en composants une " petite " entreprise de 18,2 milliards de dollars. Du contrat qui lie IBM, le numéro 2 du PC derrière Compaq, au fulgurant numéro 3 qui le talonne, on peut ne retenir que le montant faramineux : 16 milliards de dollars sur sept ans pour des composants tels qu'écrans plats, unités de disques durs, cartes d'adaptation réseaux, mémoires Sram et Asic. Le plus gros accord de ce type jamais signé. En réalité, ce contrat révèle à quel point le travail de fond du P-DG, Lou Gertsner, porte ses fruits. Le spécialiste du " mainframe " a aujourd'hui une physionomie entièrement différente de celle qu'il a trouvée à son arrivée, il y a cinq ans. D'abord, il faut se rappeler que les services sont désormais le fer de lance d'IBM. Cette activité pèse 29 milliards de dollars en 1998, soit plus d'un tiers du chiffre d'affaires total, alors que, il y a huit ans, les services ne représentaient qu'une goutte d'eau dans l'océan Big Blue : 4 milliards de dollars. Cet accord prouve ensuite qu'IBM a réussi une autre profonde mutation. Le champion des brevets, le grand fournisseur de Prix Nobel, qui dépense plus de 5 milliards de dollars par an en recherche-développement, semble avoir enfin trouvé le moyen de valoriser ses technologies à l'extérieur de l'entreprise. Le contrat Dell en est l'exemple le plus frappant, mais, en réalité, les ventes en OEM ont connu, depuis la création de cette activité, en 1993, une croissance réellement formidable : 44 % l'an. Elles représentent maintenant un chiffre d'affaires de 6,6 milliards de dollars, soit une multiplication par plus de 6 en six ans. Cette division, qui s'appelle depuis septembre dernier le Technology Group, dirigée par Jim Vanderslice, ne manque ni de technologies ni de composants à valoriser, des têtes de lecture magnétorésistives (GMR, pour " giant magnetoresistive ") jusqu'aux puces cuivre, puces silicium-germanium et autres disques durs de très hautes capacités ou miniatures, où IBM détient la palme du plus petit disque du monde.

L'accord place IBM en position de force

Ainsi, si le contrat signé avec Dell, qui prévoit également des échanges de technologies, place ce dernier en bonne position pour profiter des innovations du géant, en réalité le grand bénéficiaire de ce contrat pourrait avant tout être Big Blue. La Bourse ne s'y est d'ailleurs pas trompée, puisque si, lors de l'annonce, les actions des deux sociétés ont grimpé, c'est celle d'IBM qui en a le plus profité. L' accord, en effet, est non exclusif et place IBM, détenteur de technologies, en position de force par rapport à des fabricants de PC qui risquent de voir leur rôle se réduire à celui de simples assembleurs ou de vendeurs. Ce renversement des rôles où le fournisseur de composants prend le pas sur le fabricant n'est pas pour surprendre. Chacun sait que, depuis des années, les deux entreprises qui profitent le plus - si ce n'est les deux seules - du boom de la micro-informatique ne sont pas les fabricants de PC, mais leurs " fournisseurs de composants ", qu'ils s'appellent Microsoft ou Intel. Aujourd'hui, IBM, tout en restant un fabricant de machines, semble avoir réussi son passage du côté de ceux à qui les PC rapportent quelque chose.

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