INFORMATIQUELA MAINTENANCE ÉVOLUE VERS LES SERVICESFace à un marché décroissant, les spécialistes de la maintenance se diversifient en entrant en concurrence avec les SSII.

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LA MAINTENANCE ÉVOLUE VERS LES SERVICES

Face à un marché décroissant, les spécialistes de la maintenance se diversifient en entrant en concurrence avec les SSII.



"La maintenance n'est plus une vache à lait." C'est Jacques Bertin, P-DG de Thomainfor, première société de maintenance informatique en France, qui l'affirme. En proposant aux entreprises d'assurer la maintenance de leurs matériels informatiques, ces sociétés spécialisées ont pu se développer indépendamment des constructeurs. En 1994, le marché français a atteint 12,6milliards de francs. Mais la phase de croissance semble bien finie: selon Input, les dépenses de maintenance devraient chuter de 5% par an d'ici à 1999. Ces perspectives pessimistes conduisent les spécialistes de la maintenance à élargir leur offre. Puisque les prestations traditionnelles (changer une carte électronique défectueuse...) ne font plus recette, ils mettent désormais à leur catalogue toute une palette de services, qui vont de l'installation des ordinateurs et réseaux jusqu'à l'infogérance (la prise en charge complète de l'exploitation du système informatique), en passant par la sécurité, l'assistance sur des logiciels, etc. Un marché qui, lui, devrait continuer à croître dans les années à venir (6% par an selon Input). Mais le secteur est bien quadrillé: traditionnel pour les sociétés de services et d'ingénierie (SSII), il est aussi convoité par les constructeurs d'ordinateurs désireux de se diversifier dans les services. La plus grande fiabilité des ordinateurs explique certainement, pour une part, la régression des services de maintenance. Mais si les sociétés spécialisées sont contraintes de changer leur fusil d'épaule, c'est aussi pour s'adapter aux profondes mutations de l'informatique des entreprises. Fini l'ordinateur central utilisé par quelques experts! Aujourd'hui, le système d'information comprend des centaines de micro-ordinateurs, connectés par le réseau aux bases de données de l'entreprise. Et le micro-ordinateur n'est plus un simple outil de bureautique, mais un poste de travail indispensable. "Si notre offre s'est élargie, c'est parce que les cahiers de charges de nos clients ont changé", affirme Roland Fillon, P-DG de Tasq, qui se spécialise dans la maintenance en informatique distribuée. Désormais, il ne s'agit plus de dépanner, mais d'assurer la continuité de fonctionnement. Impossible d'assumer cette responsabilité sans la maîtrise complète du système d'information, ordinateurs et réseaux, matériels et logiciels. De leur côté, les sociétés de maintenance mettent en avant les caractéristiques qui ont fait leur succès en maintenance traditionnelle: des compétences multimarques, la proximité, grâce à un réseau d'agences, et d'importants moyens logistiques. Mais il sera difficile, au moins pour les plus petits, d'entretenir une offre technique globale tout en conservant une bonne couverture géographique. Une solution consiste à choisir certains créneaux, quitte à s'associer pour apporter une réponse complète à un cahier des charges. Ou encore à passer des accords avec des grandes SSII: Servitique (90millions de francs de chiffre d'affaires), par exemple, apporte sa contribution dans des contrats d'infogérance signés par EDS. Thierry Lucas

USINE NOUVELLE N°2493

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