INFORMATIQUELa gestion de documents se restructurePour s'affirmer sur le marché prometteur de la " gestion des connaissances ", nouvel avatar de la gestion de documents, et affronter des géants comme IBM et Microsoft, les éditeurs spécialisés fusionnent et complètent leurs technologies.

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INFORMATIQUE

La gestion de documents se restructure

Pour s'affirmer sur le marché prometteur de la " gestion des connaissances ", nouvel avatar de la gestion de documents, et affronter des géants comme IBM et Microsoft, les éditeurs spécialisés fusionnent et complètent leurs technologies.



Pour vous, la gestion de documents se résume-t-elle à de l'archivage ? A une poussiéreuse image d'immobilisme ? Laissez tomber ces a priori : le domaine est en pleine mutation technologique, tandis que son paysage se redessine à un rythme accéléré. Au début de 1998, Delphi Group recensait neuf éditeurs principaux de logiciels de gestion de documents. Un an après, l'un d'eux, Open Text, a absorbé deux de ses concurrents (Information Dimensions et Lava Systems) et vient tout juste de tenter d'acquérir l'un des leaders du marché, PC Docs (l'intéressé a refusé l'offre énergiquement). Les ambitions d'Open Text sont la manifestation la plus voyante d'une évolution plus large, qui oblige les acteurs de la " ged " (gestion électronique du document) à consolider leurs positions. Le secteur n'est pas en crise, loin de là ! Le marché est même en croissance de plus de 30 % par an depuis plusieurs années. Mais sa nature est en train de changer.

La technologie Internet joue un rôle déterminant

De la gestion de documents traditionnelle, au sens de l'archivage et de la documentation, la demande des entreprises évolue vers la " gestion des connaissances ". Autrement dit, il ne s'agit plus seulement d'enregistrer et de retrouver des documents, mais de faire circuler, de partager, de diffuser toutes les informations, connaissances et savoir-faire engendrés par les collaborateurs de l'entreprise. La technologie Internet, peu ou prou adoptée par tous, joue un rôle clé dans cette évolution. Mais elle ne résout pas tout. Pour prendre leur place sur le marché naissant du " knowledge management ", les spécialistes de la " ged "doivent compléter leurs technologies. Notamment par acquisition. Ainsi, PC Docs, qui vient de refuser les avances d'Open Text, s'est offert l'an dernier son compatriote canadien Fulcrum. La gestion de documents de PC Docs, alliée aux outils sophistiqués de recherche d'informations de Fulcrum, devrait déboucher cette année sur une solution de " knowledge management ". Documentum, qui est devenu le numéro 1 du secteur grâce à des applications verticales (pour les compagnies aériennes, l'agro-alimentaire, l'industrie pharmaceutique,...) a lui aussi acheté des technologies (recherche sémantique, travail coopératif) et sortira ses nouveaux produits également en 1999.

La " ged " tend à devenir un produit d'infrastructure

La position du trublion Open Text est différente. Son produit phare, Livelink, est d'emblée axé sur la gestion des connaissances : il combine gestion de documents, circulation " workflow ", travail coopératif et recherche documentaire, le tout via un réseau Intranet. En revanche, Open Text souffrait de sa petite taille. En juin 1998, l'acquisition d'Information Dimensions et de la base installée considérable de son produit Basis (une base de données documentaires) lui a fait franchir un palier. L'opération manquée sur PC Docs relevait de la même logique. En fait, le petit monde de la gestion documentaire se prépare à une autre bataille. " La gestion de documents sera de moins en moins une application spécialisée et tend à devenir un produit d'infrastructure informatique ", affirme Louis Franchini, responsable de l'activité de Documentum pour l'Europe du Sud. Sur ce marché élargi, très alléchant, les trois ou quatre " grands " de la gestion électronique de documents, ceux qui dépassent les 100 millions de dollars de chiffre d'affaires, vont devoir affronter des géants, comme IBM/Lotus, Microsoft ou même Oracle... Une nouvelle concurrence qui, vu ses moyens financiers et sa position dominante sur le marché global de l'informatique, risque fort d'accélérer la recomposition, déjà largement entamée.



La gestion des connaissances, nouveau nerf de la guerre

La gestion des connaissances fera la différence entre les entreprises en compétition. C'est la conviction des adeptes du " knowledge management ". Les connaissances (sur les clients, les marchés, les produits...) existent, dans les bases de données, les bases documentaires... ou dans les têtes des collaborateurs. Mais la difficulté est d'organiser leur exploitation opérationnelle. Selon une étude réalisée par IDC et Cap Gemini auprès de 120 grandes entreprises américaines et européennes, 38 % d'entre elles ont lancé un programme de gestion des connaissances. Les sociétés de conseil et de services sont déjà sur la brèche (Cap Gemini prévoit cette année de doubler ses effectifs en " knowledge management". Tout comme les éditeurs de logiciels de gestion, de partage et de diffusion de documents. En France, les projets globaux sont encore rares (ils le sont moins aux Etats-Unis), mais des applications ciblées se développent : veille stratégique, partage d'informations commerciales, gestion des compétences, etc. En attendant la multiplication des " chief knowledge officers " ou des " knowledge managers ", chargés d'instiller une composante de gestion des connaissances dans tous les projets de l'entreprise.







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