INFORMATIQUEL'e-business, fil rouge de la nouvelle offre " serveurs " d'IBMUne marque unique pour toute sa gamme, un nouveau grand système surpuissant et un mode de tarification à la demande, IBM affûte ses armes pour le marché des serveurs e-business. Principal objectif : revenir sur Sun, numéro...

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L'e-business, fil rouge de la nouvelle offre " serveurs " d'IBM

Une marque unique pour toute sa gamme, un nouveau grand système surpuissant et un mode de tarification à la demande, IBM affûte ses armes pour le marché des serveurs e-business. Principal objectif : revenir sur Sun, numéro 1 du marché des serveurs Unix.



Oubliés, les RS/6000, AS/400, S/390 et autres Netfinity : place aux " eServer " ! Faisant table rase de ses efforts de marketing passés, IBM rassemble désormais l'ensemble de ses serveurs sous une bannière unique toute dévolue à la cause de l'e-business. Sous-ensembles de cette grande famille, quatre séries, symbolisées par des lettres (z, p, i et x), apparaissent, qui vont accueillir progressivement et chacune avec leur identité les successeurs des gammes actuelles. " C'est le changement le plus radical effectué depuis trente ans dans notre activité matérielle ", a commenté Bill Zeitler, le vice-président d'IBM en charge de la division serveurs lors de l'annonce officielle aux Etats-Unis le 3 octobre, tandis que démarrait le jour même une offensive publicitaire mondiale peu commune. Pourquoi un tel remaniement ? Selon Steve Josselyn, analyste chez IDC, la richesse de l'offre " serveurs " d'IBM pénalisait les ventes du constructeur : " Les clients étaient souvent perplexes devant la profusion des modèles proposés. Cette confusion a profité aux concurrents, à commencer par Sun, aujourd'hui numéro 1 sur le marché Unix ", explique-t-il. Selon lui, cette réunification de la gamme est d'autant plus importante que, jusqu'ici, les forces de vente de chaque gamme étaient déconnectées les unes des autres, ce qui laissait du champ à la concurrence.

L'e-business en ligne de mire

Au-delà d'une simplification du nom des gammes existantes, IBM entend aussi repositionner ses serveurs pour être en phase avec l'explosion de l'e-business. En léger recul en valeur en 1999, à 57 milliards de dollars (voir encadré), le marché des serveurs connaît en effet une seconde jeunesse avec l'explosion du commerce électronique. " Seulement 3 % des serveurs d'e-business qui seront en place en 2003 ont été installés ", affirme Eric Auvray, directeur de la division entreprise d'IBM France. " Le marché devrait peser 65 milliards de dollars cette année et 78 milliards en 2003 ", poursuit-il. Or, si IBM reste le premier vendeur de serveurs dans le monde en valeur grâce à ses grands systèmes propriétaires, vendus plus de 1 million de dollars l'unité, il est aujourd'hui en retard sur les deux marchés qui connaissent les croissances les plus fortes avec l'explosion de l'e-business, à savoir le marché des serveurs NT et surtout celui des serveurs Unix (voir graphique). Positionné en entrée de gamme pour les petits serveurs Web et les Intranet de PME, le marché NT/2000 affiche les plus gros volumes de ventes, tandis que le marché Unix, premier en valeur, reste le plus convoité. " Numéro 1 sur le marché Unix, Sun n'a pas forcément la meilleure technologie, mais il a bien compris les attentes des entreprises et s'est solidement positionné en termes d'image dès 1995 avec sa gamme de serveurs Enterprise ", analyse Steve Josselyn. La caractéristique principale des serveurs dédiés à l'e-business est qu'ils doivent pouvoir répondre aux besoins imprévus d'Internet ; à savoir, monter en charge à la demande pratiquement en temps réel. " Certains sites ont des "pick load" (des heures de pointe) qui dépassent toutes les prévisions. Un nouveau record a été battu pendant les Jeux olympiques de Sydney par le site officiel, qui a enregistré 11 milliards de "clics", illustre Eric Auvray. C'est en tenant compte de cette contrainte qu'IBM entend positionner sa gamme de serveurs. " Pour s'assurer que son nouveau message passera bien auprès des clients, le géant américain lance une campagne de marketing mondiale de grande envergure. Le constructeur ne fait pas les choses à moitié : il a investi 75 millions de dollars jusqu'à la fin de l'année et devrait dépenser 250 millions supplémentaires l'an prochain. A moins d'une mauvaise surprise (à l'heure où nous écrivons ces lignes, une start-up revendique la marque dévoilée par IBM, voir encadré), la marque eServer devrait rapidement gagner en notoriété.

Le retour des grands systèmes

" Mais il faudra que les produits suivent, souligne Steve Josselyn, car, si l'annonce reste uniquement sur un plan marketing, les clients vont vite s'en rendre compte. " IBM en est conscient, et a dévoilé son premier eServer en même temps qu'il présentait sa nouvelle marque. Il s'agit du zSeries 900 ou z900, le " z " signifiant " zero downtime " - haute disponibilité, en français. Ce serveur de très haut de gamme est le successeur attendu du S/390. Selon Big Blue, qui a dépensé 1 milliard de dollars en deux ans pour le mettre au point, l'engin a été entièrement repensé pour l'e-business, et il est équipé d'un nouveau système d'exploitation baptisé zOS. Sa principale originalité est qu'il autorise un nouveau mode de tarification à la demande (une fonctionnalité que compte aussi proposer HP, voir encadré). Jusqu'ici, les clients qui achetaient un serveur payaient d'emblée la capacité maximale du serveur. Grâce au logiciel d'admi- nistration préinstallée sur le z900, le client paiera a posteriori en fonction de la consommation mensuelle moyenne qu'il fera de son serveur. Concrètement, un client paiera la configuration de base (750 000 dollars), à laquelle il ajoutera en- suite la puissance de calcul réellement sollicitée par tel ou tel progiciel chaque mois. Un modèle qui implique pour IBM de nouer des accords avec les éditeurs de progiciels pour qu'ils adoptent ce genre de facturation. " Cela rend notre offre grands systèmes beaucoup plus attractive ", s'enthousiasme Daniel Bakouch, directeur des opérations "division grands systèmes" d'IBM France. Jusqu'ici, nos clients étaient toujours réticents à payer pour une puissance qu'ils n'exploitaient pas forcément. De nombreux éditeurs sont déjà prêts à nous suivre, et beaucoup auront une offre prête en mars pour le lancement du z900. " Dans le même esprit que ce nouveau mode de facturation, IBM propose aussi sur ses z900 une technologie de partition qui auto- rise la création de serveurs virtuels. Celle-ci permet de décou- per l'espace disque du z900 pour créer une multitude de serveurs virtuels pouvant accueillir un autre système d'exploitation que le zOS. " On peut ainsi créer dix serveurs virtuels tournant sous Linux pour seulement 500 dollars l'unité sans avoir à réinstaller un encombrant matériel ", explique Daniel Bakouch.

Généraliser le nouveau mode de tarification

Résolument dans le haut de gamme, la zSeries est la gamme qu'IBM dédie en tout premier lieu à l'e-business. Pour des besoins moins importants, IBM propose trois autres gammes de solutions. L'iSeries - " i " pour intégré - inclut les successeurs à venir des AS/400. La pSeries - " p " pour performance - rassemble les prochains serveurs Unix. Enfin, la série X rassemble les serveurs Netfinity et Numa-Q à base de processeurs Intel, qui adresse le marché des serveurs NT. Ces trois séries devraient s'étoffer rapidement, et IBM a l'intention d'installer sa technologie de serveurs virtuels sur tous les nouveaux modèles. Il entend aussi généraliser le nouveau mode de tarification à la demande inaugurée sur le z900 aux séries p et i ( la série x ne le permet pas). Enfin, dernier ciment de la marque eServer, le système d'exploitation Linux devrait être le premier à tourner sur tous les eServer d'IBM. Si elle tient ses promesses, la stratégie d'IBM va donc dépasser le simple repositionnement marketing. Car le constructeur n'entend pas laisser filer un marché stratégique situé dans son coeur de métier. Au-delà des ventes de serveurs, qui représentent 10 % de son activité, ce marché sert de levier à IBM pour la vente de logiciels (15 % du chiffre d'affaires) et surtout de services (37 % du chiffre d'affaires). Pas question d'y renoncer !



Une marque, quatre séries : IBM allège ses gammes

zSeries : héritiers de la gamme S/390, ces nouveaux ordinateurs grands systèmes constituent la nouvelle gamme Premium d'IBM en matière d'e-business. Ils visent aussi bien les fournisseurs d'accès Internet (ISP) et les fournisseurs d'applications en ligne (ASP) que les sites de commerce électronique B to B (interentreprises).

pSeries : destinée au sites de commerce électronique, cette série sera constituée des prochains serveurs RS/6000, qui privilégient avant tout la performance.

iSeries : cette gamme intégrera les futurs AS/400, des serveurs classiquement utilisés pour administrer de gros systèmes d'information interne à l'entreprise.

xSeries : l'appellation rassemblera les serveurs Netfinity et Numa-Q à base de processeurs Intel, qui adressent le marché des serveurs NT en entrée et milieu de gamme.



Eserver, marque déjà déposée ?

Erreur involontaire ou choix délibéré de passer en force ? Difficile de le savoir, aujourd'hui ! Toujours est-il que le nom " eServer " choisi par IBM pour désigner ses nouvelles gammes de serveurs est déjà déposé ! Technauts, une start-up américaine qui commercialise de petits serveurs Linux spécialisés, l'emploie depuis 1998 pour ses propres produits. Dans un communiqué publié le 4 octobre, soit le lendemain de l'annonce d'IBM, Technauts - qui est partenaire de Sun sur le marché éducatif - a annoncé officiellement qu'elle contestait le " eServer " de Big Blue. " Cela va créer une confusion chez nos clients ", déclarait alors Larry Deaton, P-DG de Technauts. Big Blue, de son côté, se refusait toujours, lundi 9 octobre, à tout commentaire. Selon des sources internes à IBM, le problème ne serait pas si grave puisque le " e " du " eServer " d'IBM est en fait un " e " cerclé de rouge à la manière de l'arobase (@). La confusion avec le nom déposé par Technauts est donc uniquement phonétique, et non visuelle. Pour l'instant, Technauts ne semble pas l'entendre de cette oreille.



Hewlett-Packard investit le haut de gamme

" E-business " : sans cesse, le terme est revenu dans le discours de Carly Fiorina, P-DG de Hewlett-Packard, lors de la présentation, le 12 septembre, à New York, d'un nouveau serveur. Baptisé Superdome, il a été conçu pour répondre aux besoins des sociétés spécialisées dans l'Internet - des " dot com " jusqu'aux fournisseurs d'accès - et, plus généralement, de celles qui pratiquent le commerce électronique. Et, parce que ces entreprises doivent gérer de plus en plus de données, le Superdome s'inscrit dans le haut de gamme des serveurs Unix. " Un marché sur lequel Hewlett-Packard était jusqu'ici dépassé ", a d'ailleurs reconnu Carly Fiorina. Hormis la puissance brute de ce serveur, HP a aussi misé sur un système de facturation " à l'usage ". En clair, lors de l'installation d'un Superdome, les clients pourront demander des microprocesseurs supplémentaires, qu'ils activeront et désactiveront selon leurs besoins. Les factures tiendront alors compte de la puissance de calcul réellement utilisée. " Les clients ne veulent plus payer pour des ressources qu'ils n'utilisent pas ", explique Régis Nottet, directeur du marketing France pour les produits d'entreprise. Reste que, pour l'instant, les modalités exactes de ces contrats ne sont pas encore définies. Selon HP, elles devraient l'être courant 2001. Le prix du Superdome, lui, est déjà connu : 400 000 dollars pour la configuration de base.





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