INFORMATIQUEINTERGRAPH JOUE LA CARTE MICROSOFTSpécialiste des applications graphiques, Intergraph lance une autre génération de logiciels pour Windows. Une démarche qui pourrait déboucher sur un nouveau standard.

Partager

INFORMATIQUE

INTERGRAPH JOUE LA CARTE MICROSOFT

Spécialiste des applications graphiques, Intergraph lance une autre génération de logiciels pour Windows. Une démarche qui pourrait déboucher sur un nouveau standard.



Intergraph, fabricant de stations de travail et l'un des leaders mondiaux de l'édition de logiciels d'applications graphiques (CAO, ingénierie, architecture, systèmes d'information géographiques) sera-t-il l'instrument de la percée de Microsoft dans le monde de l'informatique technique? Sa technologie, baptisée "Jupiter", a l'ambition de donner à ce secteur la convivialité que l'on connaît en bureautique. Pour Intergraph, l'enjeu est clair: gagner sa carte de membre dans le club très fermé des quelques grands qui resteront dans l'informatique graphique et la CAO en l'an2000. La solution d'Intergraph, Jupiter, repose sur quatre ingrédients: Windows, la technologie objet, l'ouverture et l'interopérabilité (la capacité d'échanger des données entre des systèmes hétérogènes). La nouvelle technologie marque une avancée réelle vers la conception "sur mesure" et le logiciel à la carte. Elle représente aussi une réponse à un besoin commun aux éditeurs de logiciels et aux utilisateurs, qui recherchent un standard leur permettant de communiquer facilement entre les applications. Fort de cette avancée, l'éditeur américain aurait été en position de déposer les spécifications à la base de sa technologie pour en céder l'utilisation sous licence. L'entreprise aurait ainsi pu s'assurer sans doute de confortables royalties. "La question s'est posée, mais, dans ce cas, nous aurions eu un nouvel environnement propriétaire", confie Manferd Wittner, vice-président d'Intergraph responsable des ventes et du marketing. Telle n'était manifestement pas la volonté de l'entreprise d'Huntsville, qui a préféré mettre les spécifications dans le domaine public (elles sont même accessibles sur Internet). Elles ont d'ores et déjà été adoptées par plusieurs grands de la CAO et de l'informatique graphique, d'Autodesk à Computervision en passant par Matra Datavision et Dassault Systèmes, réunis au sein d'un Design and Modeling Applications Council. Si les adhérents à ce consortium prolongent les développements d'Intergraph, ceux-ci deviendront un standard industriel. La probabilité qu'ils s'engagent dans cette voie est forte, car Intergraph joue main dans la main avec Microsoft. Sa nouvelle technologie est faite pour Windows. L'union avec le géant de Seattle ne dit pas son nom, mais elle a tout du mariage de raison. "L'informatique technique est le seul marché qui n'ait pas accepté le tandem Intel-Microsoft", remarque Manfred Wittner. Pour ajouter aussitôt qu'Intergraph devient le "cheval de Troie" de Microsoft dans ce domaine. En fournissant un standard potentiel, l'éditeur de logiciel favorise la percée qu'accomplit WindowsNT au détriment d'Unix, jusqu'alors dominant dans les applications industrielles. Les enjeux se chiffrent en milliards de dollars. Vue des Etats-Unis, cette évolution vers WindowsNT paraît irréversible. Cependant, les grandes entreprises ne vont pas remplacer du jour au lendemain leurs systèmes. Intergraph a donc aussi prévu les "outils" logiciels assurant la coexistence des différents environnements.

Une volonté de se positionner sur un marché de masse

Enfin, sa stratégie constitue aussi une réponse à l'effondrement en valeur du marché de la CAO. Non pas que les éditeurs ne vendent plus de logiciels, mais ceux-ci, garants par le passé de marges élevées, sont devenus des "produits" comme les autres. Hormis le service et la maintenance, le seul moyen de gagner de l'argent est de se positionner sur un marché de masse. Intergraph joue cette carte à fond: l'un des premiers produits Jupiter, le logiciel de dessin Imagineer qui sera commercialisé au deuxième semestre1995, est annoncé au prix de cent dollars. Du jamais vu dans le secteur. Jupiter devrait être l'instrument du retour d'Intergraph à la croissance. Après un exercice1994 déficitaire (70millions de dollars de pertes sur un chiffres d'affaires de 1,041milliard de dollars en légère baisse), le retour à l'équilibre devrait intervenir dès le second semestre1995, assure-t-on au siège. Une perspective partagée par les analystes américains, qui tablent sur une croissance des ventes de logiciels de 14%.



Une approche inédite

Fruit de trois années de développement, Jupiter est un environnement informatique totalement "ouvert", dont l'architecture est comparable à un ensemble de composants logiciels standards et réutilisables, susceptibles d'être associés par des liens objets3D. La clé de ces développements est la technologie "OLE for design and modeling": il s'agit d'une extension au 3D de la technologie OLE (liaison et incorporation d'objets) de Microsoft, bien connue des utilisateurs de bureautique qui déplacent des textes ou des fichiers d'une application à l'autre. Les premiers produits estampillés Jupiter sont un kit d'outils de développement, un outil d'esquisse (Imagineer), un modeleur CAO (MD2) et un système de gestion des données techniques.

USINE NOUVELLE N°2505

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS