INFORMATIQUE1995, L'ANNÉE INTERNET

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1995, L'ANNÉE INTERNET



L'année Internet? Soit vous n'avez jamais été connecté au "réseau des réseaux" et, fort probablement, l'irrépressible enthousiasme des fanatiques vous agace un peu avec son vocabulaire pour "happy few": ils "surfent sur le Web", créent des "home pages" avec les "Webmasters" et ne jurent que par le "cyberspace". Soit vous avez déjà navigué sur le "Net". Vous cherchez alors le pourquoi de toute cette excitation. Internet, c'est lent. Même avec un modem ultrarapide (28,8Kbits/s), le temps d'affichage d'une page n'a rien à envier au Minitel. Internet, c'est une jungle inextricable. Trouver la moindre information utile prend des heures. Internet, c'est décevant. Vous êtes tout émoustillé par la possibilité d'être connecté à des millions de serveurs et vous échouez neuf fois sur dix sur des pages d'information d'une pauvreté rare. Et que ne dit-on sur la sécurité! Reste une autre hypothèse. Vous connaissez les imperfections Internet, mais vous êtes convaincu que ce média est l'ébauche d'une révolution "aussi importante que celle de l'imprimerie" et qu'il est le vecteur d'une mutation de l'informatique. Vous n'êtes plus seul à le penser. IBM, Apple, Microsoft, Digital, Novell, Sun, Oracle, MCI, AT&T, le capital-risque américain, Wall Street, des centaines de start-up et même... France Télécom en sont intimement convaincus. Pour beaucoup, la révélation -ou du moins le passage à l'acte - date de cette année. En cela, 1995 restera bel et bien l'"année Internet". Celle où toute l'industrie informatique a basculé sur le World Wide Web.1994 avait vu naître un concept flou: les "autoroutes de l'information". Cette année, comme par miracle, l'industrie a découvert qu'elles s'incarnaient dans le "Web". Tout le monde a déjà oublié les "autoroutes". Internet est partout.

Le basculement

Au début de l'année 1995, Bull créait sa division multimédia. Objectif: les autoroutes de l'information, la vidéo à la demande et le multimédia. Aujourd'hui, la division menée par Najah Naffah a changé de cible. Internet, Nouvel Eldorado: installation de serveurs, outils pour la création de contenus et services... "C'est un positionnement fondamental pour l'avenir. Nous n'avons pas abandonné nos travaux sur la vidéo à la demande, mais, depuis six mois, Internet est devenu prépondérant, c'est un secteur beaucoup plus dynamique", dit Najah Naffah. Vérité en janvier. Erreur en décembre. L'année écoulée a été riche de telles révisions de jugement. Elles mettent en évidence la fulgurance avec laquelle l'idée d'Internet s'est imposée. "Notre réponse à Internet, c'est Legion (service d'audiotex) et notre participation minoritaire dans Europe Online", déclarait en janvier dernier Arnaud Lagardère, le patron de la division multimédia de Matra Hachette. En octobre, après s'être retiré du projet de service privé Europe Online, le groupe optait pour une stratégie "tout Internet" en passant notamment un accord avec Netscape. Le plus spectaculaire, et le plus significatif, de tous ces revirements est toutefois à mettre à l'actif de Microsoft. Obnubilé par son nouveau système d'exploitation, Windows 95, Bill Gates a sous-estimé l'importance du phénomène Internet. Et a failli rater le train, exactement comme les ténors de l'informatique ont, en leur temps, manqué le rendez-vous de la micro. Depuis la mi-1994 - date où, dit-on, l'esprit d'Internet a visité Bill Gates- et tout au long de l'année, le numéro1 du logiciel micro a déployé une activité peu commune pour refaire son retard. Sensibilisation de toutes les équipes à l'importance fondamentale d'Internet, mise en place d'une stratégie, développement de produits pour le réseau, intégration de la composante Internet dans tous les logiciels, réorientation sur Internet de MSN (son service "on line" lancé en même temps que Windows 95), prise de participation de 15% dans Uunet, l'un des principaux opérateurs américains d'Internet... Ainsi, pour Microsoft aussi l'année 1995 restera non pas celle de Windows 95, mais bel et bien celle d'Internet. Un sujet élevé au rang de priorité absolue. La preuve: l'inimaginable accord passé au début du mois entre la firme et ses deux plus farouches ennemis - Sun et Oracle - autour de logiciels pour Internet. Un Canossa du cybersespace qui a valeur de reconnaissance. Un engagement probablement aussi déterminant que le lancement du PC d'IBM en 1981. Ce faisant, IBM avait alors signé l'acte de naissance de l'industrie de la micro-informatique.

Le véritable attrait

Au fait, pourquoi toute cette excitation autour d'Internet? La plus immédiate des explications est que, contrairement aux très conceptuelles "autoroutes de l'information", ce réseau existe. Il connecte, selon les dernières estimations, quelque 30 millions d'utilisateurs et regroupe des millions de serveurs. Or, si l'on en croit Marc Andreessen, vice-président et fondateur de Netscape, en matière de réseau, c'est la loi de Metcalfe (du nom de Bob Metcalfe, concepteur américain du standard de réseau Ethernet), qui fait autorité. Enoncé: "L'intérêt d'un réseau croît comme le carré du nombre de ses utilisateurs." Corollaire: en particulier pour ce qui concerne les services en ligne, aucun autre service "fermé" n'aura jamais la moindre chance de concurrencer le "Net". D'où l'abandon d'Europe Online par Matra, le repositionnement de MSN par Microsoft et le recentrage sur Internet d'opérateurs comme Compuserve ou America On line, qui prospéraient jusqu'alors avec leurs services en ligne spécifiques. Second volet de l'explication, la technologie Internet elle-même. Son architecture totalement distribuée - sans aucun contrôle central, Internet n'est pas un réseau, mais une interconnexion de réseaux- le rend extrêmement souple et évolutif. Surtout, son protocole de transmission (TCP/ IP) permet de véhiculer des données sur tout média et de faire dialoguer tout type de machine quel que soit son système d'exploitation. A cette technologie de base sont venus depuis s'ajouter divers ingrédients rendant le "Net" de plus en plus appétissant. D'abord, le World Wide Web - un mode d'accès au réseau qui tisse des liens hypertextes entre tous les serveurs-, avec son langage de création de documents universellement lisibles, HTML. Puis les "browsers" ("butineurs", disent joliment les Québécois), ces logiciels qui facilitent la navigation sur le Web et permettent de lire les pages HTML. Ces caractéristiques donnent une puissance incroyable à Internet. Il est facile de développer des logiciels, des serveurs et des applications en se basant sur des standards de facto universellement acceptés. "C'est la normalisation par la banalisation", dit Jean-Michel Planche, patron d'Oléane, l'un des trois grands fournisseurs français d'accès Internet. En cela, TCP/IP et HTML jouent un rôle similaire au Dos, le système d'exploitation des premiers IBM PC, qui a permis à la micro-informatique de s'embraser. D'un autre côté, avec le Web et les browsers, les utilisateurs, même néophytes, disposent, eux, de puissants outils pour se connecter et "surfer" avec une extrême facilité.

Un moyen de s'affranchir de Microsoft

A tout cela s'ajoute le véritable charme du "Net". Exactement comme le micro face aux mainframes, comparé aux solides réseaux des opérateurs de télécommunications, Internet est imparfait et peut essuyer toutes les critiques. Il dispose toutefois d'un splendide atout: par sa philosophie même, il apporte aux utilisateurs, individus ou entreprises, exactement la réponse qui convient à la plupart de leurs besoins. Les entreprises plus avancées commencent d'ailleurs à en tirer profit en l'utilisant comme réseau privé. Par rapport à une solution de type "ligne louée", les coûts n'ont plus rien à voir (de 1 à 10, voire de 1 à 100). La souplesse non plus. De quoi s'accommoder de quelques faiblesses. A ce stade, il n'est peut-être pas inutile que les géants des télécommunications méditent sur les mésaventures d'IBM... Un beau réseau. Une belle technologie simple et efficace. Des utilisateurs conquis. C'est un beau point de départ. Mais il y a une autre puissante force motrice en faveur d'Internet: l'industrie informatique. Tous ses principaux acteurs sont désormais convaincus que le "Net" porte en germe une profonde mutation de l'informatique. Qui contrôle le Web contrôlera l'informatique de demain. Telle est leur conviction. Les premiers à l'avoir compris sont Sun, le fabricant de stations et de serveurs Unix, Oracle, le numéro1 des systèmes de gestion de bases de données, et Netscape, dont les "butineurs" équipent près des trois quarts des ordinateurs connectés au Web. Leur credo se résume dans la formule choc de Sun: "Le système, c'est le réseau." Ils ont été d'autant mieux compris par le monde de l'informatique que la formule peut se comprendre comme : "Avec Internet, vous pouvez vous passer de Microsoft." L'industrie tout entière doit en effet passer sous les fourches caudines de Microsoft, qui truste quelque 80% du marché des systèmes d'exploitation pour micro. Elle n'attendait que l'occasion de s'en affranchir. Abruptement résumé, le concept est simple: votre ordinateur, c'est l'ensemble du réseau. Il vous fournit tout: données, programmes, applications, services. Pourquoi s'encombrer d'un micro avec son système d'exploitation Windows? Toute machine est éligible, à cause de l'universalité du langage de Web, et, de même qu'on branche un appareil électrique, un simple terminal suffit, même pour pomper l'énergie informatique du réseau. IBM appelle cela "Network-centric computing", l'informatique orientée réseau. Tous s'y préparent. Sun est aux avant-postes.

Tout ne se fera cependant pas sur Internet

Qui a besoin de Microsoft, de son système d'exploitation et de ses programmes d'application pour cela? Ce qu'il faut, ce sont de puissants serveurs (Sun...), des browsers (Netscape...), une connexion entre les bases de données et les serveurs Web (Oracle...) et un terminal "à 500 dollars", un "Web cruiser". Un micro aux fonctionnalités minimales. Le Minitel réinventé! (Sun et Oracle en préparent pour 1996). Elucubrations? Non! La situation est certes un peu plus complexe. Tout ne se fera pas sur Internet, le Web cruiser ne s'imposera peut-être pas, et... Microsoft s'est réveillé. Il n'entend pas que le "Net" puisse se passer de Windows et de ses programmes d'applications. Mais, dans ses grandes lignes, le scénario est crédible. Car tout progresse extrêmement vite. Témoin la révolution logicielle qu'est en train de créer Sun avec Java. Un logiciel, complémenaire des browsers (voir encadré ci-dessous), qui crée les conditions de logiciels d'applications utilisables à la demande, jetables, et adaptés à toute machine quel que soit son système d'exploitation. Symboliquement, Java a été créé par Sun pour... la télé interactive. Il a failli être jeté aux orties quant le soufflé de la "vidéo à la demande" est retombé. Il est en train de devenir l'une des pièces majeures d'Internet. Trente sociétés -dont IBM, Apple, Oracle et Silicon Graphics - l'ont adopté (ainsi que le browser de Netscape). Microsoft est depuis peu la trente et unième.

La ruée vers l'or

Belle formule de Bill Gates au Comdex, salon de la micro de Las Vegas, fin novembre: "Internet, c'est une sorte de ruée vers l'or où il y a vraiment de l'or à trouver. Même s'il est enterré un peu plus profondément que certains ne le croient." L'or, quel or ? "Internet ne rapporte de l'argent qu'aux organisateurs de salons", entendait-on il y a peu. Voire! D'abord, il y a au moins deux entreprises qui voient déjà les espèces sonnantes et trébuchantes entrer dans leurs caisses: Sun, qui fournit plus de 50% des serveurs utilisés sur le réseau, et Cisco, qui truste quelque 80% des routeurs utilisés pour le bâtir. Sacré pactole: le nombre de serveurs double tous les ans. Parmi les premiers à découvrir de l'or sur Internet figurent aussi les fournisseurs d'accès à Internet. Ils commencent seulement à sortir leur premières pépites. Jusqu'ici, ils ont investi très lourdement dans la création de leurs concessions. Mais, dit Jean-Michel Planche, d'Oléane, qui réalisera entre 12 et 15millions de francs de chiffre d'affaires et pense... tripler son revenu l'an prochain: "1995 marque un tournant; les grands opérateurs Internet commencent à gagner de l'argent."

Les fournisseurs de logiciels en embuscade

Surtout, ils ont découvert un sacré filon. Témoin la valorisation de ces entreprises. L'américain Uunet vient d'acheter l'anglais Pipex International pour 900millions de francs. Elle ne réalise pourtant que 100millions de francs de chiffre d'affaires et 20millions de profit. Hambrecht&Quist estime le marché des accès Internet à 5milliards de dollars en 2000. On a donc vu cette année, après MCI et Sprint, y arriver les grands opérateurs: France Télécom, AT&T, Deutsche Telekom... En attendant les Baby Bells et les câblo-opérateurs. (voir page 20). Les fournisseurs de logiciels pour le Web, eux aussi, sont en embuscade et attendent de toucher le jackpot. C'est le cas, en particulier, de Netscape. Il commence à encaisser les dividendes de son browser. Le chiffre d'affaires de son dernier trimestre a explosé (+75%, à 20,8millions de dollars), et l'entreprise phare du Web réalise son premier bénéfice (1,4million de dollars). Certes, tout cela ne pèse encore pas bien lourd. Les autres marchés liés à Internet sont encore en phase d'émergence. Pour Hambrecht&Quist, l'ensemble ne représentera cette année qu'à peine plus de1milliard de dollars (voir pages précédentes). Mais attention à la croissance! A l'horizon 2000, ce chiffre devrait être multiplié par 20 et dépasser 23milliards de dollars (et Hambrecht &Quist ne fait pas partie des mieux-disants...). Ce seront les activités de services en ligne et de commerce électronique qui se tailleront la part du lion. Mais là, tout reste à faire. MCI, deuxième opérateur téléphonique longue distance des Etats-Unis, a lancé le premier service de téléachat en ligne, en mars. En France, son équivalent, Globe On line, est actuellement en test.

Dans ruée vers l'or, il y a "ruée". S'agissant d'Internet, elle est manifeste. Les start-up bourgeonnent; les dollars semblent brûler les doigts des capital-risqueurs et de Wall Street dès qu'ils entendent prononcer "Internet". Paul Allen, cofondateur de Microsoft, reconverti dans l'investisement high tech, explique: "L'Internet est vraiment excitant pour un investisseur comme moi, parce que les barrières à l'entrée sont très faibles. N'importe qui peut sortir un produit. Et le succès dépend essentiellement de la qualité de ce produit." Des start-up? On connaît Netscape, qui, cette année, a défrayé la chronique lors de sa mise sur le marché. Sa capitalisation boursière a atteint 3milliards de dollars, pour un chiffre d'affaires de quelques dizaines de millions de dollars! Spyglass a connu le même sort. Mais elles sont des centaines à concocter des produits ou des services miracles pour le Web. Vocaltec transforme le réseau en un téléphone quasi gratuit; Progressive Networks, avec son logiciel Real Audio, fait naviguer le son sur le Web; Cybercash et Digicash inventent la "cyber money"; First Virtual Holdings crée un modèle de paiement sécurisé; une bonne dizaine de sociétés, dont le français Grif, s'affrontent sur le marché de logiciels pour la création de pages HTML; Lycos, Yahoo, Point Communication, Architext dressent des annuaires et des "Guide Michelin" des services Web; First Floor met au point des logiciels coopératifs... Quel que soit l'angle sous lequel on prend le réseau, il y a une ou plusieurs entreprises occupées à innover et des investisseurs prêts à financer. Selon le cabinet VentureOne, cité par "Business Week", le capital-risque a investit 42 millions de dollars dans des start-up liées à Internet en 1994, et 68millions sur les six premiers mois de cette année. La loi du genre veut qu'il y ait beaucoup d'appelés et peu d'élus. Mais l'intense créativité à laquelle donne naissance le "Net" assure d'au moins une chose. Il ne se passera guère de temps avant que le réseau n'ait gommé ses défauts. Il est lent? On ne s'y retrouve pas? Les services sont décevants? Il n'est pas sécurisé? On s'interroge sur la capacité des opérateurs à le faire évoluer? On peut parier que tous ces problèmes trouveront - et vite - leur solution. Positivisme revu et corrigé par la technologie? Rappelez-vous de l'Apple II... Voyez ce qu'est devenue la micro-informatique! Franck BARNU



Marc Andreessen, vice-président de Netscape

Ses "browsers" équipent 75% des ordinateurs connectés à Internet. Et Nestcape passe aux yeux de beaucoup comme le futur... Microsoft.

Bill Gates, P-DG de Microsoft

Du retard à l'allumage.Microsoft, en position de challenger, a mis les bouchées doubles pour refaire son retard.

Jean-Michel Planche, P-DG d'Oléane

Il s'est spécialisé sur les accès Internet pour les entreprises.Son chiffre d'affaires devrait tripler en 1996.

Arnaud Lagardère, P-DG de Grolier Interactive

En janvier, la filiale multimédia du groupe Lagardère misait sur un service en ligne spécifique. Elle mène désormais une stratégie "tout Internet".



Informatique: 1995, l'année Internet

Java, mis au point par Sun, est un langage de programmation conçu pour l'informatique de réseau. Il permet d'ajouter à une page Web de petits programmes d'applications - les "applets" - qui s'exécutent sur votre ordinateur. Exemple: les pages d'un catalogue électronique arriveront sur votre machine avec le programme pour effectuer la commande et le paiement. Ces applets durent ce que durent les roses. Dès que vous n'avez plus besoin du programme correspondant, vous le jetez. Il réapparaîtra lors de la prochaine consultation. Pour réaliser ces applets, le fournisseur de services doit les développer en utilisant le langage Java. Pour les exécuter, il suffit d'installer le logiciel Java client sur votre machine. Sun le donne. L'une des grandes forces de Java est de tourner sur n'importe quelle machine, même, dit Sun, sur un radiotéléphone. Ainsi, Java ou ses équivalents, qui arrivent déjà, révolutionnent la création, l'utilisation et la distribution du logiciel. Il ouvre la porte à des logiciels à la demande, distribués et mis à jour par le réseau. Des logiciels d'application à conserver tant que l'on en a l'usage.





Qui finance le Web?

La quasi-gratuité des communications sur Internet intrigue. D'où l'idée fausse, mais extrêmement répandue, que le "gouvernement américain" finance ce réseau. Ce qui est vrai: pendant des années, la NSF (National Science Foundation) a effectivement financé pour les universitaires le réseau créé en 1969 par les militaires américains. Elle a cessé de le faire depuis avril dernier. Ainsi, aujourd'hui, le réseau est entièrement financé par les seuls fournisseurs d'accès. Outre le fait que ceux-ci ont cette année cassé les prix, parfois au-delà du raisonnable, le secret du très faible coût d'Internet tient à quatre raisons. D'abord, ces opérateurs achètent de la bande passante "en gros" aux opérateurs de télécommunications. Ensuite, les données qui circulent sur le réseau sont peu volumineuses (cela changera significativement dès que circulera de l'image animée). De plus, chaque opérateur gère un domaine propre. Ils se partagent donc le "Net", et un processus de compensation entre opérateurs permet de couvrir l'intégralité des réseaux qui composent l'Internet. Enfin, sa technologie (relativement) simple (à base de routeurs) et extrêmement banalisée en fait un réseau peu onéreux. Cette organisation en jeu de dominos a un formidable atout: la capacité de suivre de façon très réactive l'évolution de la demande. L'inconvénient: le maillon le plus faible pénalise tous les autres. La grande question: les opérateurs disposeront-ils d'une capacité d'investissement suffisante pour suivre le mouvement quand la demande en bande passante explosera ?

USINE NOUVELLE N°2529

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