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Quotidien des Usines

Informatique télécoms : l'innovation est du côté de la téléphonie mobile

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Au CeBit, les P-DG de Bull et d'IBM mettent en garde contre le fossé qui se creuse en informatique entre l'Europe et les Etats-Unis. En revanche, le salon témoignait de ses capacités d'innovations dans les domaines de la téléphonie mobile et de l'électronique grand public.

Les entreprises citées

CEBIT

INFORMATIQUE TÉLÉCOMS : L'INNOVATION EST DU CÔTÉ DE LA TÉLÉPHONIE MOBILE

Au CeBit, les P-DG de Bull et d'IBM mettent en garde contre le fossé qui se creuse en informatique entre l'Europe et les Etats-Unis. En revanche, le salon témoignait de ses capacités d'innovations dans les domaines de la téléphonie mobile et de l'électronique grand public.

L'occasion était bonne. Le CeBit est le plus important salon européen consacré à l'informatique. Lucio Stanca, P-DG d'IBM Europe, et Jean-Marie Descarpentries, PDG de Bull, ont ainsi profité de cette manifestation pour exprimer avec un bel ensemble leur inquiétude quant au retard pris par l'Europe sur les Etats-Unis en matière de technologies de l'information. Leurs sujets de préoccupation diffèrent quelque peu. Le premier met en exergue la sous-utilisation de l'informatique par les entreprises européennes et leur sous-investissement chronique. Le second relève le rôle toujours plus dominant des constructeurs américains en Europe. Mais tous deux partagent un même point de vue. Dans tous les cas, "le fossé ne fait que s'accroître", soulignent-ils. De part et d'autre, ces cris d'alarme ne sont pas sans arrière-pensées. Pour Jean-Marie Descarpentries, il s'agissait surtout de mettre en évidence l'importance, pour l'Europe, de dégager un "fédérateur de l'industrie informatique". Bull, par exemple... Quant à Lucio Stanca, il plaide pour la création d'une zone de "libre-échange en matière de technologies de l'information" entre l'Europe et les Etats-Unis. Ces plaidoyers pro domo ne retirent rien à la sécheresse des chiffres. Ainsi, Lucio Stanca, rappelant le lien entre l'investissement informatique et la compétitivité des entreprises, indique-t-il que, pour la deuxième année consécutive, "les investissements européens dans les technologies de l'information seront inférieurs de 100milliards de dollars à la dépense américaine."En 1996, l'investissement européen, selon l'International Planing and Research Group, n'atteindrait que 210 milliards de dollars en Europe, contre 327 milliards aux Etats-Unis. Autre facteur critique de compétitivité, selon lui, l'équipement en PC. Et il n'est que de "23 micro-ordinateurs pour 100 employés en Europe, contre 58 aux Etats-Unis". De son côté, Jean-Marie Descarpentries insistait sur la "dispersion de l'industrie européenne", principale source de faiblesse face aux constructeurs américains. Chiffres d'IDC à l'appui. "Les 50 premiers acteurs de l'industrie de l'information se partageaient, en 1994, 73% du marché européen. Dans ce Top 50, 27 non-européens s'approprient 47% du marché, alors que les 23 européens se contentent d'un maigre 26%. Pis, les cinq principaux acteurs européens ne détiennent que 16% de leur marché". D'où, pour le P-DG de Bull, l'importance des regroupements afin de profiter d'un marché européen qu'une croissance annuelle de 7% l'an porterait à 1 108 milliards de francs en 2000.Heureusement, au-delà de ces interventions, le CeBit donnait aux visiteurs européens plusieurs occasions de se remonter le moral. Il suffisait pour cela de ne pas se polariser sur l'informatique et de regarder du côté des télécommunications (téléphonie mobile) ou de l'électronique grand public. Deux domaines où l'industrie européenne tire plutôt bien son épingle du jeu.

1. Téléphonie mobile: avalanche de nouveautés

Le CeBit en apportait la preuve. Le marché de la téléphonie mobile GSM se segmente. Et les acteurs prolifèrent. Nokia a frappé un grand coup en dévoilant le Communicator, qui préfigure une nouvelle génération d'outils de communication. Fermé, c'est un téléphone mobile GSM, un peu joufflu. Ouvert, c'est un bloc-notes électronique mâtiné d'ordinateur de poche. Plus besoin de composer le numéro de téléphone de son correspondant, il suffit de rechercher son nom dans son agenda électronique et de cliquer sur cette icône. Avec ce téléphone GSM qui marie les services de voix et de données, on peut aussi émettre ou recevoir des fax, des messages courts, ou se connecter à Internet. Cet outil hybride, dont le prix devrait avoisiner les 10 000 francs, dispose d'un système d'exploitation conçu par Geoworks. Nokia en est le principal actionnaire. Mais la société californienne a également signé des accords de cession de licence avec Ericsson, Canon, Toshiba et Hewlett-Packard. Si Nokia ouvre la voie, il est sûr que d'autres ne tarderont pas à lui emboîter le pas. En outre, le récent accord signé entre Alcatel et Sharp va dans ce sens. Un deuxième segment de marché est constitué par des téléphones GSM qui gagnent en légèreté, en compacité et en autonomie. Une toute nouvelle génération de produits était présente au CeBit. Le portatif CDM1 de Sony pèse 200 grammes et affiche une autonomie de quatre-vingts heures en veille. Le GF388 d'Ericsson se targue d'une autonomie équivalente pour un poids plus faible, 170 grammes. Le Nokia 8110 ne pèse pour sa part que 150 grammes. La miniaturisation des modules électroniques est telle que les designers ont pu s'en donner à coeur joie en concevant un mobile dont les courbes l'apparentent à un combiné téléphonique classique. Enfin, le troisième segment de marché du GSM, promis à un bel avenir, correspond à l'ouverture du marché grand public. Des sociétés comme Philips s'y engouffrent. Son produit, GSM Fizz, a été étudié pour être particulièrement simple d'emploi. En jouant sur une gamme de douze couleurs et sur des variations cosmétiques, Philips privilégie l'effet de gamme à moindre coût, puisque le boîtier et l'électronique restent identiques. L'appareil affiche une autonomie de quarante-cinq heures et un poids de 170 grammes. Nokia et Ericsson distinguent également dans leur gamme un produit grand public. Avec le GA 318, Ericsson sort pour la première fois de son univers monochrome. Il a en commun avec le 1610 de Nokia une ergonomie simplifiée et un faible coût. La téléphonie mobile ne se réduit pas pas aux terminaux GSM, même si ceux-ci occupent le devant de la scène. Les téléphones DECT offrent aussi des services de téléphonie mobile numérique, mais dans un périmètre restreint, à l'intérieur d'une maison ou d'un bureau, par exemple. Philips a dévoilé le TD9571, téléphone sans fil domestique numérique conçu au Mans. L'industriel néerlandais rejoint ainsi la société danoise Dancall, mais aussi Ericsson, Siemens et Alcatel, qui disposent d'une offre équivalente. Le téléphone filaire classique n'est pas oublié non plus. Philips a développé un petit écran qui se connecte sur le téléphone et sur lequel s'affichent le nom et le numéro de la personne qui vous appelle. Encore faut-il que l'opérateur propose ce service d'identification de l'appelant. C'est le cas sur le réseau Numeris de France Télécom, et cela pourrait être étendu au réseau téléphonique classique. Ce produit, le DS 100, est fabriqué à Singapour.

2. Electronique grand public : arrivée du DAB et du DVD

Derrière ces deux sigles se cachent deux réalités bien différentes. Le DAB (Digital Audio Broadcast) s'apprête à révolutionner le monde de la radio en l'entraînant à son tour dans l'ère du numérique. Au-delà du saut quantique de la qualité sonore qui est promis se profile un bouquet de nouveaux services de transmission de données, voire d'images, que concoctent actuellement les stations de radio. Pour les industriels, il ne s'agit ni plus ni moins que du renouvellement complet du parc. Toutefois, la technologie est complexe. Les tests prévus en Allemagne et dirigés par Deutsche Telekom se mettent en place lentement, car les récepteurs sont livrés au compte-gouttes. Bosch Telekom a présenté son prototype de récepteur DAB et a démontré l'aptitude de cette technologie à la transmission...d'images. Il faudra attendre 1997 pour voir apparaître les premiers produits aussi bien chez Bosh Telecom que chez Philips. Les stations de radio pourront proposer des services complémentaires d'informations sur leurs programmes d'aide à la conduite pour les automobilistes ou de téléachat. C'est également l'an prochain que le DVD sera commercialisé. Depuis que les industriels se sont mis d'accord sur une norme unique de vidéodisque numérique, en septembre 1995, ils travaillent d'arrache-pied à la conception des produits. Tous les supports optiques auront le format du compact-disc actuel, mais leur capacité sera multipliée par sept. Chaque face du disque pourra ainsi contenir 4,7Go d'informations. Le lecteur DVD acceptera également tous les supports existants, CD audio, CD photo... Sony et Panasonic ont profité du CeBit pour dévoiler leurs prototypes. Le DVD a son "double" informatique, le DVD-Rom. Alors que le premier se branche sur le téléviseur, le second se connecte à l'ordinateur. Le surcroît de capacité qu'offre le DVD-Rom en comparaison du CD-Rom se justifie par le développement des applications multimédias. Là encore, les industriels ont veillé à la compatibilité des nouveaux lecteurs avec le format CD-Rom. Sony et Philips présentaient leurs prototypes au CeBit. Selon Philips, le marché du DVD-Rom devrait démarrer plus vite que le marché de son homologue grand public, les problèmes de droit n'étant pas encore complètement réglés avec l'industrie cinématographique.

3. Informatique: quelques véritables innovations

Que retenir des milliers de stands et du déluge de PC, notebooks et serveurs? Les véritables innovations. Et d'abord, le plus gros. Bull, qui court après le marché allemand, avait opportunément choisi le CeBit pour lancer Sagister, son "multiframe". A savoir un puissant serveur Unix doté de pratiquement toutes les caractéristiques d'exploitation et de sécurité d'un mainframe. Dans les faits, il s'agit du cluster multiprocesseurs Escala Power Series de Bull, livré avec tout un habillage logiciel qui le met au niveau des grands systèmes. Bull joue en quelque sorte la carte du mainframe sous Unix en "prêt-à- porter". Il réalise en effet l'intégration et le tuning de tous les logiciels de "middleware" (base de données, supervision, exploitation, intégration des applications...) propres à transformer un serveur Unix en une robuste machine de production de type mainframe. Un travail qui jusqu'ici était laissé à la charge de l'utilisateur. Avec ce produit, Bull vise en particulier à apporter une solution à la prolifération des serveurs dans les entreprises. L'idée du "multiframe" est justement de regrouper un ensemble d'applications éparpillées sur plusieurs serveurs sur une seule et même machine. A l'autre extrémité du spectre, le Pippin d'Apple. Cette machine, fabriquée par Bandaï au Japon, où elle va sous peu commencer sa carrière, se présente comme un prétendant sérieux au rôle de terminal multimédia domestique. Vendu 650 dollars, ce lecteur de CD-Rom, CD-audio, et CD-Plus se branchant sur le téléviseur est en outre un terminal d'accès à Internet. Fondé sur la puce PowerPC 603, il reçoit en option un clavier, une souris, un disque dur, voire un décodeur MPEG. Parmi les atouts de cette intéressante machine, son... absence de système d'exploitation! Le système d'exploitation, dérivé du MacOS, est gravé sur chaque CD-Rom. L'avantage est double. Il suffit de represser les disques existants en y ajoutant le système d'exploitation pour disposer d'emblée d'un volumineux catalogue de titres. De plus, par cette astuce, ces CD deviennent immédiatement compatibles avec les Macintosh. Enfin, comme sur une console de jeux, la seule introduction du disque dans le Pippin permet de "booster" le système sans autre forme de procès. Côté PC, une machine devenue hyper-banale, on retiendra toutefois une innovation chez Compaq: l'intégration d'un scanner au clavier du PC. Une fente dans le clavier lit les documents - texte ou photo - et les restitue sur l'écran ou bien les faxe. Ce clavier est soit livré avec le Presario 7226, soit vendu séparément au prix de 400 dollars. A noter enfin l'arrivée d' IBM sur le crénau des serveurs fondés sur le processeur Pentium Pro d'Intel. Mais cela n'a plus rien d'une innovation, tant ces machines sont en train de devenir des "commodités" au même titre que les PC. Cela depuis qu'Intel fournit tous les constructeurs qui le souhaitent en cartes mères. Un problème, toutefois: les quadriprocesseurs Pentium Pro se révèlent plus délicats à mettre au point que prévu. Et, surtout, de sérieux bogues ont été découverts dans le jeu de puces qui accompagne le Pentium Pro. et Laurence GIRARD

USINE NOUVELLE N°2542

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