[INFOGRAPHIE] Le marché français des drones civils pourrait dépasser 650 millions d’euros en 2025

Après des débuts timorés, le marché des drones civils devrait enfin décoller grâce aux usages professionnels, selon une étude détaillée du cabinet Oliver Wyman. La consolidation du secteur s'effectuera à la faveur d'un essor de l'exploitation des données numériques.

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[INFOGRAPHIE] Le marché français des drones civils pourrait dépasser 650 millions d’euros en 2025

Pionnière avec une réglementation mise en place dès 2012, la France devait voir grandir en son sein un juteux marché du drone civil. Las, face à la percée incontestable des engins de loisirs, les drones professionnels semblent jusque-là avoir raté le coche des grands contrats et des marchés d’ampleur.

Mais la situation devrait très vite se retourner à la faveur des seconds, à en croire une étude publiée mardi 1er mars par le cabinet Oliver Wyman.

En France, le marché des drones civils pourrait s’élever à 652 millions d’euros en 2025, contre 155 millions d’euros en 2015. Un horizon situé à mi-chemin entre deux scénarios envisagés, l’un pessimiste (494 millions d’euros), l’autre optimiste (824 millions d’euros). Des chiffres à comparer au marché mondial en 2015 estimé à 1,6 milliard d’euros.

Cette croissance s’explique avant tout par le fort développement des usages professionnels. "Le segment des loisirs va arriver à maturité d’ici deux ans car de nombreux foyers auront fait l’acquisition de drones, assure Guillaume Thibault, associé Industrie chez Oliver Wyman qui a participé à cette étude. Quant aux usages professionnels, ils vont être portés par la digitalisation des process".

Alors que le marché des appareils de loisirs, largement dominé par Parrot, devrait passer de 90 millions d’euros en 2015 à 190 millions d’euros en 2025, celui des engins professionnels pourrait faire un bond de 65 millions d’euros à 461 millions d’euros (dont 276 millions d’euros pour les exploitants et 185 millions d’euros pour les constructeurs).

vers de nouveaux usages professionnels

Comment expliquer le retard à l’allumage d’un secteur aussi riche en promesses ? "Il reste difficile pour les usages professionnels de démontrer la valeur ajoutée des drones", assure Guillaume Thibault. Et l’expert de pointer du doigt un exemple précis : dans le domaine de l’agriculture de précision, le coût de la surveillance satellitaire atteint 7 euros l’hectare, contre 15 euros pour un drone.

Autrement dit, les drones ne sont pas prêts de dézinguer pour chaque usage les hélicoptères, satellites et autres petits avions de surveillance. C’est l’une des raisons pour laquelle le secteur souffre cruellement de l’absence de contrats d’envergure de la part des grands donneurs d’ordre.

Mais dans les prochaines années, les drones civils en général, et professionnels en particulier, devraient enfin prendre leur envol. Harmonisation européenne des réglementations, mise en place d’un cadre réglementaire aux Etats-Unis (peut-être pour 2017), baisse des coûts des composants (capteurs, électronique embarquée, caméras…), amélioration des logiciels capables de fournir des diagnostics après enregistrement des données… "Le marché civil en France pourrait représenter entre 25% et 40% du marché mondial en 2025 selon le développement de la réglementation et des applications professionnelles", peut-on lire dans le rapport du cabinet Oliver Wyman.

Au-delà des grandes tendances, l’étude montre précisément quels usages professionnels sont appelés à se développer. Les médias sont les principaux utilisateurs de drones. En 2015, ils représentaient plus de la moitié du marché français de l'exploitation. Mais la situation pourrait changer. Comme par exemple dans la sûreté et la surveillance linéaire grâce aux besoins de maintenance dans les réseaux d’énergie et de surveillance des sites industriels, mais aussi dans la thermographie (photovoltaïque, diagnostic énergétique des bâtiments…) et les inspections. Les usages liés à la police et aux douanes ainsi qu’à la sécurité civile devraient en revanche se réduire àa portion congrue, avec respectivement 3 et 2% de parts de marché.

Un modèle en recherche de compétitivité

A l’évidence, le marché des drones professionnels décollera à la condition que ces engins offrent aux industriels des diagnostics précis à des coûts compétitifs. Autrement dit, si les drones parviennent à s’ériger en "levier de la transformation digitale". Parmi les exemples listés par le cabinet Oliver Wyman : un drone permet de diviser par deux le temps d’une mission de thermographie par rapport à une opération terrestre, il offre aussi 80% de gain de productivité en jour-homme dans les activités de cartographie et de topographie. Une exigence d’efficacité et de résultats qui devrait pousser la valeur ajoutée du marché vers les services et le management de données, activités où les marges sont les plus fortes.

In fine, l’étude donne à voir la reconfiguration future du marché des drones civils. Constructeurs (Parrot, Airinnov, Delair rech…) et opérateurs (Redbird, Azur Drones, Air Marine…) remonteront la chaîne de valeur pour davantage se positionner sur la lucrative exploitation des données, quand les spécialistes des données (Google, IBM, Pix4D, MicaSense…) s’engageront dans le chemin inverse, en particulier la capture de données.

De quoi favoriser la consolidation du marché, qui pourrait s’accélérer dès cette année. L’avenir des futurs géants du drone est-il celui d’entreprises intégrées, capables de produire des drones, de les exploiter et de fournir des diagnostics clés en main à leurs clients ? Verra-t-on se multiplier les acquisitions de start-ups de la part de grands groupes actuels ? Les prochaines années permettront d’esquisser le visage plus précis d’un secteur dont nous n’avons encore que le portrait-robot.

Olivier James

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