Infineon, nouveau champion européen des puces électroniques devant NXP et STMicroelectronics

Porté par le boom de ses composants électroniques de puissance, le fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon Technologies émerge comme le nouveau champion européen des puces électroniques. Il bat le néerlandais NXP, qui détenait ce titre depuis 2016. Le franco-italien STMicroelectronics se maintient à la troisième marche du podium.

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Infineon, nouveau champion européen des puces électroniques devant NXP et STMicroelectronics
Usine de puces électroniques d'Infineon Technologies à Dresde, en Allemagne

Reinhard Ploss, PDG d’Infineon Technologies, peut sabrer le champagne. Son groupe, ancien bras armé du conglomérat allemand Siemens dans les semi-conducteurs, devient champion européen des puces électroniques. Il détrône le néerlandais NXP qui détenait le titre depuis le rachat de l’américain Freescale en décembre 2015. C’est-ce qui ressort des chiffres du deuxième trimestre 2018 publiés par les cabinets d’études de marché IC Insights et IHS Markit.

Différences de dynamique de croissance

Jusqu’en 2014, c’est le franco-italien STMicroelectronics qui trônait en tête, devant Infineon Technologies et NXP. Un classement chamboulé par les fusions-acquisitions. NXP a racheté Freescale et s’est délesté de ses circuits standards au profit d’un consortium d’investisseurs chinois. Infineon Technologies a mis la main sur l’américain International Rectifier et a cédé ses circuits radiofréquences de puissance à Cree. De son coté, STMicroelectronics est resté à l’écart de ce mouvement de consolidation, se contentant de petites acquisitions ciblées comme le rachat des circuits de lecteurs NFC de l’autrichien AMS. Une stratégie combinée à des années de difficultés qui l’ont fait rétrograder à la troisième marche du podium.

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Le nouveau remue-ménage résulte des différences de dynamique de croissance. Au premier semestre 2018, Infineon Technologies, qui compte 37 500 personnes dans le monde, affiche un bond de 18% de son chiffre d’affaires à 4,58 milliards de dollars selon IC Insights. De son coté, NXP (ancien bras armé de Philips dans les puces électroniques), qui emploie 31 000 personnes dans le monde, ne progresse que de 3% à 4,56 milliards de dollars. Quant à STMicroelectronics, qui compte 45 500 personnes, il croit de 20% à 4,46 milliards de dollars et maintient sa troisième place. Les trois majors européens des semi-conducteurs restent dans un mouchoir de poche, avec un différentiel de chiffre d’affaires de seulement 117 millions de dollars entre le premier et le troisième, selon IC Insights.

Modèle industriel robuste et stable

A court terme, le classement reste incertain. Après des années de morosité, STMicroelectronics connait depuis 2017 un rebond spectaculaire. Et cette dynamique devrait se poursuivre avec l’extension de ses fournitures de composants à la prochaine génération d’iPhone. L’optimise est tel que la direction se rêve à la tête d’un groupe de 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Il devrait donc disputer au fabricant allemand le titre de champion européen en 2018.

Mais à long terme, Infineon Technologies semble avoir l’avantage. Du fait de son ancrage sur l’automobile et l’industrie, il se distingue par un modèle industriel jugé plus robuste et plus stable. Ces deux grands marchés représentent 61% de son chiffre d’affaires. Il bénéficie aussi de son positionnement à 68% du chiffre d’affaires sur les composants de puissance. Un domaine dont il est leader mondial avec 16,1% du marché en 2017 selon les chiffres communiqués à L’Usine Nouvelle par le cabinet IHS Markit, devant Texas Instruments (15,8%), ON Semiconductor (10,6%), STMicroelectronics (9,9%) et Dialog Semiconductor (7,8%).

Autre atout du groupe de Munich: sa liberté de manoeuvre dans les fusions-acquisitions. Il peut mener plus facilement des transactions d'ampleur comme il l'a fait pour International Rectifier et a tenté de le faire pour Wolfspeed. C'est plus compliqué pour STMicroelectronics du fait de sa structure particulière de capital, détenu à 27,5% à parité par les Etats français et italien.

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