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L'Usine Auto

[Industry Story] Un modèle phare - La sortie de route du patron de Renault

Guillaume Dessaix ,

Publié le

[Industry Story] Un modèle phare - La sortie de route du patron de Renault
Sortie de route du patron de Renault Pierre Lefaucheux
© D.R.

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Pierre Lefaucheux change d’avis au dernier moment. Au diable le train, il ira plus vite en voiture. Le patron de Renault va donner une conférence sur la bonne santé de la régie au foyer des étudiants catholiques de Strasbourg, ce soir du vendredi 11 février 1955. Il monte dans sa Frégate, pose sa valise sur la banquette arrière et quitte l’usine de Billancourt. Le ciel gris et bas écrase la nationale 4. À l’approche de Saint-Dizier, un panneau de déviation surprend Lefaucheux, qui freine et braque in extremis. Sur une plaque de verglas.

Quand il prend la tête de la régie en mars 1945, lors de la nationalisation, Lefaucheux n’est pas un grand fan des voitures. Et se plaît encore à circuler à vélo. Ancien résistant et chef des FFI de la région parisienne pendant la guerre, il s’appuie sur ses anciens camarades haut placés pour refuser tout dirigisme étatique. En moins de dix ans, il parvient à faire de Renault le premier constructeur français et l’un des leaders européens. Grâce à trois modèles phares. La 4CV se présente comme une voiture au coût dérisoire, accessible à tous. La Frégate concurrence la Traction Avant de Citroën. Quant à la Dauphine, la voilà prête à être présentée au Salon de Genève un an plus tard et à devenir la voiture la plus vendue dans l’Hexagone quatre ans durant. L’année 1954 a d’ailleurs été excellente pour Renault, avec 200 000 véhicules produits, loin des 12 000 fabriqués dix ans plus tôt. Lefaucheux est aussi l’homme qui lance la construction de l’usine de Flins. Homme de terrain avant tout, il est présent au premier coup de pioche et se rend sur place chaque semaine pour suivre les travaux. C’est son œuvre la plus personnelle. L’usine de l’avenir, pour un "travail le plus efficace, un minimum de peine, le tout dans un cadre idéal".

La sirène de l’usine déchire la longue minute de silence. La veuve de Pierre Lefaucheux est au premier rang. Derrière elle, 5 000 salariés. La Frégate a atterri dans un champ après quelques tonneaux. Une aile, un rétroviseur, un phare... les dommages sont minimes. C’était sans compter la valise posée sur le siège arrière, venue percuter la nuque de Pierre Lefaucheux. Dans l’une des poches du patron, le billet de train pour Strasbourg.

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