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L'Usine Aéro

[Industry Story] Train-train fantôme – Roissy, Bourget… la menace plane sur le village

Guillaume Dessaix ,

Publié le

[Industry Story] Train-train fantôme – Roissy, Bourget… la menace plane sur le village
Le Monde perdu ou le blues des rues désertes.

L’église ne sonne plus midi. Un mur à l’entrée de l’édifice empêche tout prêche ou sermon. L’absence s’est installée dans les rues mortes où les bâtisses se sont accoutumées à la danse continue des avions qui glissent au ciel de leur monde.

Les aéroports d’Orly et du Bourget ne vont bientôt plus suffire. La prévision de dix millions de passagers annuels attendus dans les années prochaines oblige les pouvoirs publics à construire un troisième aéroport. En 1962, l’heure est à la sélection des terrains. Deux ans plus tard, un arrêté indique que l’aéroport Paris-Nord s’établira à vingt-cinq kilomètres de la capitale sur une zone agricole de près de 3 000 hectares. Les habitants de Goussainville Vieux-Pays subissent les premières nuisances avec le début des travaux et le ballet de camions. Certains sont persuadés de pouvoir arrêter cette folle machine. Les plus lucides négocient déjà la revente de leur terre, de leur ferme, de leur bicoque. Le village se déserte. Un accident finit de convaincre une partie des derniers récalcitrants. Trentième salon du Bourget, dernier jour. Un Tupolev 144 virevolte devant près de 350 000 personnes. L’avion de ligne supersonique décroche à la fin de son ascension verticale, bascule, perd une aile et finit sa course sur l’école. Heureusement, ce 3 juin 1973 est un dimanche. Bilan : huit morts parmi les habitants dont trois enfants, soixante blessés, quinze habitations réduites en poussière. Au printemps suivant, après une décennie de travaux, les premiers appareils survolent la commune. La piste 27L chatouille la lisière du village, bientôt cerné. Le Bourget au sud, Roissy Charles-de-Gaulle à l’est, demain la ligne TGV à l’ouest. Aéroports de Paris rachète 137 logements, le double de leur valeur. Le bruit est infernal. Nombre d’habitants quittent le train-train quotidien. Les maisons se murent, se meurent, se ruinent.

Au tohu-bohu des avions s’oppose le silence des artères ectoplasmiques. Un vieux cœur malade, mais pas mourant. Quelque 300 irréductibles ont choisi de vivre et faire vivre les ruelles endormies, au fil d’allées et venues entre l’école et la librairie. Le village se repeuple même. Insonorisées, plus abordables, les maisons supportent désormais le vacarme. Un village en transit.

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