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[Industry Story] Thé pensant - Quand Pasteur faisait la leçon à Napoléon III

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] Thé pensant - Quand Pasteur faisait la leçon à Napoléon III
Napoléon III et Eugénie reçoivent à Compiègne têtes chercheuses et couronnées.

Sur le parvis de la gare de Compiègne, sous les clameurs de la foule, les voitures à quatre chevaux s’élancent vers le palais. Mercredi 29 novembre 1865, Louis Pasteur fait partie des convives de Napoléon III et d’Eugénie à l’une des célèbres Séries de Compiègne. Une première pour lui.

Chaque automne, cinq séries d’une semaine chacune voient arriver une centaine d’invités prestigieux. Princes, ministres, ambassadeurs, gens de lettres, savants et artistes se mettent au vert. L’étiquette y est réduite à son strict minimum et seul le souper est obligatoire.

Dans la journée, la liberté est quasi totale. Chasse à courre, promenades à Pierrefonds avec Viollet-le-Duc, thé prisé de l’impératrice. Le soir, bal, théâtre… Toute occasion est bonne pour discourir sur les grands auteurs et les avancées scientifiques. Pasteur y fait sensation, d’abord en réalisant une expérience sur la circulation du sang. L’impératrice demande à capturer une grenouille, mais le batracien n’étant pas animal facile, Eugénie se pique le doigt et l’on devise sur la qualité du sang princier. Leurs majestés sont surtout intéressées par les travaux de Pasteur sur la maladie du vin et la stérilisation. L’empereur veut voir. Alors le savant se fait conduire dans les soubassements. Mais il est bien déçu. Comme le reste du palais, la cave est bien tenue et rares sont les véreuses bouteilles. Il fait alors venir des spécimens de son laboratoire et son microscope. Impressionné par ses recherches, Napoléon III est persuadé que « l’industrie en fera tôt ou tard son profit ». Et l’enjoint à poursuivre ses premiers travaux sur la pébrine et la flacherie, ces maladies qui tuent les vers à soie, déciment les élevages du sud de la France et mettent en péril l’industrie du textile.

Au terme de quatre ans de recherches, Pasteur vient à bout de l’épidémie. Il démontre que la pébrine est tout aussi contagieuse qu’héréditaire. En détruisant les pontes dues à des femelles contaminées, il privilégie la sélection du grainage. Il émerveille à nouveau Napoléon, qui comprend la portée scientifique et économique de ses travaux. Et devient alors un intime de la famille impériale.

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