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[Industry Story] That's all folks - Le père de Woodstock est un laitier

Guillaume Dessaix ,

Publié le

[Industry Story] That's all folks - Le père de Woodstock est un laitier
Max et Mimi Yasgur, like rolling stones.

Un fermier. Sur une page entière, le magazine de musique américain "Rolling Stone" rend hommage à un fermier de l’État de New York, décédé une semaine plus tôt. Chaque lecteur de ce numéro du 15 mars 1973 sait pourquoi Max Yasgur a droit à un tel honneur.

"On va te brûler toi et ta ferme !" Des coups de fil comme celui-là, Max en reçoit plusieurs par jour depuis qu’il a accepté de louer ses 320 hectares de pâturages pour un festival de musique rock & folk, à Bethel. À la tête d’un troupeau de 650 vaches laitières, le fermier est le plus grand producteur de lait du comté de Sullivan. Il a beau être républicain, il est ravi de voir la jeunesse se distraire et remettre en cause la politique militaire de Nixon. Et compte sur ce petit revenu après une année si humide, qui a entamé la récolte de foin. Mais sa décision passe mal auprès de ses voisins. Voir débarquer 50 000  jeunes beatniks n’a rien de très rassurant. Anti-patriotisme, musique de chevelus, alcool, drogue, sexe, violence... On craint le pire. Mais Max fait confiance aux organisateurs. Les quatre garçons dans le vent sont deux investisseurs millionnaires et deux jeunes producteurs qui souhaitent reproduire leur précédent succès et, au passage, toucher un petit pactole. Ils passent une annonce dans "The Wall Street Journal" pour trouver un lieu. Après deux refus, ils découvrent les terres de Max, les mêmes qui avaient servi de champ de bataille lors de la guerre de Sécession. La résistance locale s’organise. Les panneaux "Pas de hippies ici !" et "N’achetez plus le lait de Max !" fleurissent. Mais entre le 15 et le 18 août 1969, le festival de Woodstock a bien lieu. Bien loin de la ville d’artistes du même nom. La jeunesse débarque en masse et des embouteillages démesurés se forment sur la route 17B. Près de 450 000 personnes assistent aux prestations de Joplin, Cocker, Baez, Hendrix... Le festival devient un événement musical majeur. Le laitier monte sur scène et remercie cette foule immense, qui le célèbre.

Cinq mois plus tard, Max Yasgur est poursuivi en justice par ses voisins pour les dommages collatéraux. À l’issue du procès, il leur verse 35 000 dollars de dédommagement, tout en étant aidé financièrement. Avant de vendre sa laiterie et de partir se la couler douce au soleil de Floride. Jusqu’à sa mort, à 53 ans, où "Rolling Stone" dit adieu au laitier, "père de Woodstock".

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