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[Industry story] Sans issue - Avant que la sécurité ne soit un sujet

Guillaume Dessaix ,

Publié le

[Industry story] Sans issue - Avant que la sécurité ne soit un sujet
De cette photo tragique naîtra davantage de sécurité.

Stanley Forman a passé sa matinée sur les toits de Boston à photographier la ville. Des clichés artistiques, réfléchis, sous une lumière travaillée. Le temps est parfait en ce mois de juillet 1975. Mais cet après-midi, l’ambiance devient fiévreuse. Juché sur un camion, il capture le travail des pompiers dans l’arrière-cour d’un immeuble en feu.

La journée d’été prend une mauvaise tournure. L’incendie s’étend et la fumée devient chaque minute plus étouffante. Plusieurs habitants ont déjà été évacués. Diana Bryant, 19 ans, et sa filleule Tiare se réfugient sur le petit balcon en ferraille, qui mène à l’escalier de secours typique de ces logements victoriens des États-Unis. Le pompier Robert O’Neil monte sur le toit et crie à Diana de lui tendre la fillette de deux ans. Mais la jeune femme n’y parvient pas. Seule solution, les rejoindre sur la plate-forme brinquebalante pour les rassurer et les évacuer par la grande échelle. La chaleur est telle que les trois naufragés se placent le plus loin possible du mur… au bord du vide. O’Neil sait l’urgence de la situation. Au moment où il s’agrippe à l’échelle, l’escalier dévisse et s’échappe sous leurs pieds. En une fraction de seconde, le pompier tente d’attraper Diana qui tient la fillette. Sans y parvenir. Du cinquième étage, l’escalier, les jeunes femmes et les pots de fleurs tombent dans le vide. Quinze mètres de chute. Forman mitraille la scène et détourne le regard au moment de l’impact. Diana s’écrase au sol. La fillette atterrit sur sa marraine, qui adoucit la réception. Diana est emmenée aux urgences et meurt dans la soirée. Tiare survit.

Le lendemain, la photo de Forman fait la une de la presse locale. Un choc. Elle nourrit une polémique entre ceux criant au voyeurisme et les défenseurs d’un journalisme sans fard. Les autorités de Boston en profitent pour revoir les mesures de sécurité des escaliers de secours de la ville. Le cliché devient alors un outil de sensibilisation à travers tout le pays. Habitations et bientôt lieux publics, entreprises et usines, tous se doivent d’améliorer leurs issues de secours. Un mal pour un bien. Forman, lui, remporte son premier Pulitzer. 

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