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[Industry Story] Les midinettes s'en vont en guerre - Défilé de mode dans les rues de Paris

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] Les midinettes s'en vont en guerre - Défilé de mode dans les rues de Paris
Mai 1917, défilé de mode place Vendôme.

Les demoiselles de la maison Jenny manifestent dans la joie et la bonne humeur. Chapeaux noirs et corsages fleuris dansent, sautent, rient. Sans pour autant oublier la période et les revendications.

Les 250 couturières ont appris que leur samedi après-midi sera désormais chômé et, qui plus est, non payé. Il faut dire que la Grande Guerre dure et ralentit l’activité. Mais les midinettes, pour le maigre déjeuner qu’elles prennent sur le pouce, ne l’acceptent pas. Elles qui encaissent journées de dix heures et piètres salaires. Alors ce 11 mai 1917, le défilé commence. Les Parisiennes réclament le paiement intégral du samedi et une indemnité de vie chère d’un franc quotidien. Elles sont rejointes par les trottins de la maison Chéruit, place Vendôme. Petites mains, giletières, blousières, passementières… toutes veulent en découdre. "On s’en fout, on aura la semaine anglaise ! On s’en fout, on aura les vingt sous !" Elles sont si "charmantes" aux yeux de l’opinion ; un combat "juste et sympathique". Les hommes, eux, sont rares, trop inquiets de se voir signifier leur renvoi et le départ pour le front. Le 19 mai, le président de la chambre syndicale de la couture leur accorde une augmentation de 0,75 franc et la fameuse semaine anglaise. Samedi matin travaillé, après-midi chômé et rémunéré. Mais les patrons de la filière le désavouent et refusent tout compromis. Alors la grève s’étend. De fil en aiguille, lingères, ouvrières du caoutchouc et de Citroën, vendeuses de Félix Potin, puis employées de banque et ouvrières des usines d’armement, débraient. Les patrons ne sourient plus. Les pouvoirs publics non plus. Le mouvement s’étend dans le pays. Elles sont maintenant 10 000 grévistes. "Plus d’obus… nos poilus !" Le mouvement devient anti-guerre. La situation pourrait déraper.

Le ministre de l’Intérieur réunit dans son bureau grévistes et entrepreneurs. Il fait pression sur les patrons, menace les récalcitrants de réquisitionner leur entreprise et obtient enfin une augmentation des salaires. Et ce qui ressemble désormais aux prémices du week-end. Les midinettes ont gagné. À plate couture.

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