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[Industry story] Le voleur de cercueil voulait devenir patron

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry story] Le voleur de cercueil voulait devenir patron
Hiver 1978, deux pieds nickelés volent un cercueil.
© DR.

Mon nom est Roman Wardas. Suis un mécanicien avec des rêves de grandeur : je veux un garage à mon nom. Quatre murs rien qu’à moi ! Avec mes bagnoles, mes clients, mes soucis. Ouais, je veux réussir dans la vie, devenir mon propre patron. Mais suis fauché. Pas l’ombre d’une bille d’avance.

Et voilà qu’un jour me vient une idée en lisant le canard. Un truand italien a déterré le corps d’un ennemi pour faire chanter ses proches. Un autre a volé les cendres de La Callas en plein Père-Lachaise. Les dingues. Alors pourquoi pas faire la même. Avec de la fraîche à la clef. Je propose l’idée à mon poteau Gantcho. Et je repense aux funérailles de Chaplin, non loin de nous. Voilà notre proie. Dans la nuit du 1er au 2 mars 1978, avec notre break, Gantcho et ma pomme, on débarque au cimetière et on passe deux heures à déterrer le cercueil. On file dare-dare planquer la boîte dans un champ de maïs, à deux pas du lac Léman. Et on gobe les mouches quelques jours, histoire que l’affaire prenne de l’ampleur. Puis on appelle Madame la veuve d’une cabine : 600 000 francs suisses pour le récupérer. Mais la douairière nous envoie balader. "Mon mari est au paradis et dans mon cœur", qu’elle nous dit. Gantcho braille. Comme deux ronds de flan qu’on est. On envoie des photos des quatre planches et menace de mort toute la petite famille, pour bien leur montrer qu’on n’est pas des charlots. Rien à faire. Des semaines que ça dure. On se doute bien que la volaille tourne pas loin, va falloir conclure. Maintenant, on négocie avec la fille, on ne réclame plus que 150 000 francs, pour en finir. Et on tombe d’accord.

Le 16 mai au matin, je l’appelle pour lui donner les détails de l’échange. Et là, les flics me pincent. Ils ont surveillé toutes les cabines de la région. Serré comme un escroc de bas étage. Je leur balance le nom de Gantcho. La nuit venue, ils m’ordonnent de leur retrouver Chaplin. Mais la nuit, moi, je ne reconnais que dalle. Alors ils cherchent pendant des plombes et le retrouvent à coup de détecteur à métaux. Chaplin rejoint enfin son trou et moi j’y finis. Quatre murs rien qu’à moi. 

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