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[Industry Story] Le bon, le brut et le truand - Piège en haute mer entre Shell et Greenpeace

Guillaume Dessaix ,

Publié le

[Industry Story] Le bon, le brut et le truand - Piège en haute mer entre Shell et Greenpeace
Abordage et sabordage.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Christopher Fay n’en croit pas ses yeux. Le président de Shell UK tient entre ses mains, ce 5 septembre 1995, une lettre d’excuses, signée par son meilleur ennemi, lord Peter Mond, baron Melchett, le directeur exécutif de Greenpeace. La guerre pour l’avenir de la plate-forme de stockage Brent Spar va-t-elle reprendre ?

Un bateau approche de sa cible. Plusieurs hommes en rouge accostent, grimpent à l’échelle et déploient un drapeau "Sauvez nos océans". Une première victoire pour Greenpeace en ce 30 avril 1995. Les activistes s’installent plusieurs semaines durant sur Brent Spar pour alerter l’opinion. Et forcer Shell à renoncer à son projet de couler cette tour de fer en mer du Nord. "Une bombe à retardement toxique" dans laquelle stagnent 130 tonnes de déchets toxiques et 5 500 tonnes de pétrole, selon l’organisation écologiste, qui cherche le soutien du gouvernement britannique. Shell dément et assure que le monstre a été vidé de son or noir en 1991 lors de sa fermeture et fragilisé en plusieurs points lors de son installation vingt ans plus tôt. Et que le sabordage reste la meilleure solution. Le Premier ministre John Major refuse de prendre position, avant de soutenir le pétrolier et ses experts scientifiques, qui, tous, assurent qu’il s’agit là d’un remède plus sûr et plus économique. L’affaire prend de l’ampleur. La firme anglo-néerlandaise est boycottée en Allemagne et aux Pays-Bas. Plusieurs ONG s’en mêlent et l’industriel devient l’ennemi public numéro un. Shell Allemagne perd 35 millions de francs chaque jour. Le chancelier Helmut Kohl presse alors John Major de renoncer au projet. Le 20 juin, contraint, Shell UK annonce le remorquage et le démantèlement de sa plate-forme.

Dans sa lettre, Greenpeace reconnaît des calculs inexacts dus à des prélèvements effectués "dans le conduit menant aux réservoirs de stockage et non dans les réservoirs eux-mêmes". L’ONG fait amende honorable. Et prend surtout les devants. Car un rapport de Bureau Veritas, sur le point d’être publié, donne l’avantage à Shell UK et prouve les estimations trompeuses de l’organisation. Finalement, les deux parties y trouvent leur compte. Greenpeace conserve son honneur et Shell invite son adversaire à participer à une réflexion sur la protection de l’environnement, histoire de verdir son image. La paix des braves.

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