[Industry Story] La part des anges - De l'alcool à la cocaïne, la naissance de Coca-Cola

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[Industry Story] La part des anges - De l'alcool à la cocaïne, la naissance de Coca-Cola
Le pape Léon XII savoure, lui aussi, l’instant.

"Des pilules Triplex pour le foie, du sirop contre la toux et une teinture pour vos cheveux. Et je vous ajoute également ma boisson à base de vin !" John Pemberton a conçu sa mixture pour se débarrasser de son addiction à la morphine. En 1886, il la vend avec succès dans sa pharmacie d’Atlanta. Seulement, le maire de la ville décide de tester la prohibition deux ans durant. Le breuvage devient illégal, Pemberton doit changer sa formule, inspirée par Mariani.

Zola, Dumas, Conan Doyle, Foch, le pape Léon XIII... Tous sont férus du vin Mariani. "Une porte sur l’infini", un "vin de jeunesse" qui "réveillerait les refroidis". La recette du "plus puissant des toniques" est simple. Soixante grammes de feuilles de coca sont macérés dans du cognac, puis dans du vin de Bordeaux, avec une pincée de sucre. Cinq francs la bouteille de cinquante centilitres. Son créateur, Ange Mariani, est un homme comblé. Sa passion pour la feuille de coca rend ses clients addicts et fait de lui un industriel richissime. Sa pharmacie parisienne du boulevard Haussmann ne désemplit pas. Bientôt, son usine de Neuilly-sur-Seine tourne à plein régime et ses serres produisent moult floraisons. Il faut dire que le breuvage est un remède contre toutes sortes de maux : fatigue, grippe, anémie, impuissance... Promu par les dessins d’Albert Robida dans "La Revue parisienne", la boisson est un succès. Elle traverse la Manche, puis l’Atlantique et parvient jusqu’à Ulysses S. Grant. Atteint d’un cancer de la gorge, l’ancien Président américain rédige avec peine ses mémoires. L’élixir apaise ses souffrances et lui permet d’achever son récit quelques jours avant de laisser ses guêtres. Thomas Edison, lui, dit y puiser sa force de travail.

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Rejeton du vin Mariani, le French Wine Coca de Pemberton se réinvente donc sans ivresse. L’apothicaire s’adjoint les services d’un ami pour perfectionner la potion. Exit l’alcool, place à 8,46 mg de cocaïne mêlés à un sirop de sucre et à de l’eau gazeuse. Leur associé Frank Robinson dessine le logo et trouve le nom du nouveau cocktail, simple et percutant : Coca-Cola.

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