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[Industry Story] L’homme qui vendit la tour Eiffel à Citroën

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] L’homme qui vendit la tour Eiffel à Citroën
4 juillet 1925. La tour Eiffel brille, Jacopozzi aussi.
© Citroën - Editions Douin

Fernand Jacopozzi fait les cent pas devant le bureau d’André Citroën. Qui s’obstine à ne pas recevoir cet étrange zazou venu vendre son projet. Les Magasins du Louvre et Renault ont refusé. Zut ! Mais l’ingénieur ne s’avoue pas vaincu et reste zen.

La tour Eiffel doit être à l’honneur de la prochaine Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925. Gabriel Thomas, le président du conseil d’administration, a tout naturellement sollicité Jacopozzi, qui s’est déjà fait une petite réputation grâce à ses illuminations du Bazar de l’Hôtel de ville. On veut du spectacle, du nouveau, du majestueux. Du buzz avant l’heure. Illuminer de milliers d’ampoules la Dame de fer. Un plan fou et un budget exorbitant que l’on ne peut financer que par la pub. Les murs de Paris en sont déjà couverts, pourquoi pas la tour Eiffel ? Louis Renault ne voit pas l’intérêt d’une machinerie si ruineuse. Citroën, lui, se laisse séduire en zyeutant la maquette de Jacopozzi. Un mur publicitaire gigantesque. Seul le coût le fait encore hésiter, la partie n’est pas gagnée. La venue de Samuel Brooklin bouscule alors la donne. Le zozo se propose d’acheter le monument pour le compte de son patron, Henry Ford. Informé par un espion employé de la marque aux chevrons, le magnat américain est persuadé que la tour est à vendre. Loin de la « simple » illumination prévue. Explications et refus polis. Et puis hors de question qu’une marque étrangère brille sur ce joyau national ! Jacopozzi profite alors de cette proposition zarbie pour presser Citroën. Impressionné par l’offre et l’audace de son concurrent, l’industriel ne peut imaginer l’affaire lui passer sous le nez. Vendu !

Il reste un mois à Jacopozzi pour accomplir sa mission. Zou ! Une station électrique, une charpente en bois, 25 tonnes de câbles, 250 000 ampoules posées à la main, un zeste d’espoir… Le soir du 4 juillet 1925, pleins gaz ! La tour brille de mille feux. Étoiles, comètes, chevrons et les sept lettres face au sombre azur. Une réclame sans commune mesure. Jacopozzi est dans la lumière et bientôt tout Paris sortira de l’ombre. 

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