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[Industry Story] Il y a 125 ans ...

Guillaume Dessaix

Publié le

Les entreprises citées

Édouard s’amuse à courir dans l’appartement de la rue Bleue, à deux pas des Folies Bergère. Fernande le rappelle à l’ordre. Le garçon voudrait passer du temps avec son père, mais Camille s’affaire. Ce matin, le temps presse. C’est jour de bouclage dans les étages inférieurs de l’hôtel particulier. Tout doit être achevé d’ici à ce soir pour que les 17 000 exemplaires de L’Usine paraissent jeudi. Nous sommes en 1936. Camille Didier a beau avoir pris les commandes il y a 35 ans, à ses yeux chaque numéro est important. Il prend la peine cependant d’expliquer à son fils les raisons d’un tel investissement.

Camille doit sa carrière à l’industriel Albert Deville qui le fait, en 1893, secrétaire du syndicat des métallurgistes ardennais. Et huit ans plus tard, directeur de L’Usine. À tout juste 26 ans. Dix ans après le premier numéro paru en décembre 1891. Le sous-titre devient Journal des industries métallurgiques. Question économique de la semaine, cours des matières premières, derniers brevets, créations et faillites d’entreprises… Le tout surplombe les réclames pour outils de forge et autres articles de fonderie. Pour 25 centimes. Une affaire. Le vœu le plus cher de Camille, offrir une envergure nationale au titre qu’il rachète en 1905. Quand la Grande Guerre éclate, l’hebdomadaire se met au service du ministère de la Guerre. Il enquête pour évaluer le niveau de préparation de l’armée allemande et milite pour une production française forte. Face à l’avancée de l’ennemi, Camille fuit Charleville en 1916, la rédaction sous le bras. Et s’installe à Paris. Le titre prospère et acquiert la stature nationale tant désirée. 1935, Camille pose bagages, famille et rédacteurs dans l’hôtel particulier. Là même où, ce soir, il recevra à dîner ministre et industriels.

Le temps presse. Ingénieurs et techniciens reconvertis en journalistes arrivent à la rédaction. Camille quitte son fils, fasciné. Édouard deviendra à son tour rédacteur en chef adjoint à 25 ans, puis directeur de la rédaction à la mort de son père. Jusqu’à la revente du groupe à Havas en 1975. Une autre histoire des 125 ans de L’Usine. 

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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