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[Industry Story] Forte tête – Ravachol l’ouvrier revanchard

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] Forte tête – Ravachol l’ouvrier revanchard
Un ouvrier teinturier fait trembler les bourgeois de la capitale.

Au matin du mercredi 2 avril 1975, une tête coupée dans sa hauteur flotte dans un bocal de formol au pied du Panthéon, dans le Ve arrondissement de Paris. À côté des restes du trépassé, un écriteau avec ces mots : "Je suis Ravachol et ma place est au Panthéon et non chez Escourolle à La Pitié Salpêtrière." Le tout signé par un groupe de réhabilitation de l’anarchiste.

Depuis ses 16 ans, François Koënigstein est ouvrier teinturier. Et collectionne quelques méfaits. Il chasse des poulets au pistolet, frappe de la fausse monnaie, se livre à de la contrebande d’alcool, profane une sépulture pour quelques bijoux, cambriole des maisons vides et vit de larcins dans la région lyonnaise. Après avoir étouffé un homme d’église ermite à la fortune cachée, François est arrêté. Il parvient à s’enfuir, rejoint Paris et prend le nom de sa mère, Ravachol. Anarchiste convaincu, il manifeste, écrit, milite. Pour venger des camarades qu’il juge injustement condamnés après une manifestation, il décide de s’attaquer au président des Assises, Edmond Benoît. Le 11 mars 1892, une petite troupe menée par Ravachol prend le tramway, direction le 136 boulevard Saint-Germain. Une marmite contenant une bombe est cachée sous les jupons d’une comparse. Rendu sur place, Ravachol dépose l’engin mortifère sur le palier du premier étage. Après qu’il a allumé la mèche, dévalé les marches et posé un pied sur le trottoir, la bombe explose. Les dégâts sont considérables. Edmond Benoît sort indemne de son appartement du 4e étage. Manqué. Les jours suivants, l’ouvrier révolté attaque une caserne, l’immeuble où vit l’avocat général Bulot au 39 rue de Clichy, et le restaurant Véry où un serveur l’avait identifié quelques jours plus tôt. Arrêté, reconnu coupable et condamné au monte-à-regret. "Vive la ré... " La lame de la guillotine a coupé court. La "République" indiquera le rapport d’exécution. La "révolution" clameront les anarchistes. La tête dégringole dans le panier.

La demi-ciboule vacille dans le bocal. En 2014, l’académicien Jean-Christophe Rufin avoue son forfait. Le trophée au formol du Panthéon, c’était lui. Point de groupe anarchiste, une simple "blague de carabins". Sur un coup de tête.

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