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[Industry Story] De bonne guerre - Ariane est née sous le IIIe Reich

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] De bonne guerre - Ariane est née sous le IIIe Reich
Fête de familles à Vernon.

Elle aurait pu s’appeler Guillaume Tell, Orion ou Pénélope. Ce sera Ariane. Après deux tentatives avortées, la fusée s’apprête à décoller pour la première fois ce 24 décembre 1979. Portée par quatre moteurs Viking et trois décennies de recherche.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés se déclarent une lutte féroce, mais silencieuse. Secrète même. Tous se disputent une main-d’œuvre qualifiée. Celle qui a, pendant plus de quatre ans, servi les intérêts du IIIe Reich sur la base de Peenemünde, dans le nord de l’Allemagne. Ingénieurs et techniciens chevronnés y ont conçu le V2, le tout premier missile balistique. Une arme révolutionnaire capable d’atteindre les principales capitales européennes. Ces cerveaux allemands représentent un trésor de guerre à capter coûte que coûte, "à engager à rester à notre disposition", écrit le général de Gaulle. Des agents français les recrutent afin de constituer un bureau de recherche, de concevoir une fusée-sonde et de rivaliser avec les Américains et les Russes. Courtisés, les Allemands trouvent dans l’offre française des conditions avantageuses. Un salaire, des provisions assurées, des stères de bois pour se chauffer et surtout la liberté précieuse de pouvoir se déplacer. Ils retranscrivent alors fidèlement leurs connaissances des mois durant. À l’issue de ces travaux préparatifs, 75 ingénieurs et leurs familles sont recrutés et s’exilent en Normandie, sur les hauteurs de Vernon. Ils travaillent désormais pour la France. Pour s’assurer de leur engagement, des femmes de ménage sarroises bilingues consignent tout signe de trahison ou de désertion. Les moyens sont rudimentaires mais les résultats sont là. Grâce aux maquettes conçues, la première fusée française voit le jour : Véronique, contraction de Vernon électronique. Et c’est sous la direction de l’ingénieur Karl-Heinz Bringer que l’unité développe le moteur Viking, d’une poussée jusque-là inégalée.

Kourou, veille de Noël 1979, les 210 tonnes d’Ariane s’envolent grâce aux Viking. Avec elle, le nouveau satellite géostationnaire Obélix. Qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. 

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