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[Industry Story] Dames de pique - Demoiselles ayant eu chaud aux fesses

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] Dames de pique - Demoiselles ayant eu chaud aux fesses
Nouveau fond de commerce dans les rues de Paris.

La damoiselle s’engage sagement sous les arcades du Palais-Royal au bras de son damoiseau. Elle replace son grand châle en cachemire sur ses frêles épaules, lorsqu’elle sent une vive douleur au niveau de la hanche. Elle crie, un homme s’enfuit dans le tohu-bohu.

Quelques jours plus tôt, début juillet 1818, une autre femme a perdu connaissance aux Tuileries. Amenée d’urgence au château, on découvre sur le bas de son dos de longues griffures. Un piqueur en série sévit dans les rues de Paris. Au Louvre, au Pont-Neuf… L’été passe et les cris se succèdent. À chaque jour ses victimes, âgées de 15 à 20 ans en moyenne, et le récit mi-indigné mi-amusé des gazettes. Car le criminel ne vise qu’une chose, le postérieur. Blessures superficielles mais honneurs meurtris. Les dames ne sortent plus seules et évitent lieux sombres, places trop achalandées et nuits tombées. Sur le qui-vive, prêtes à bondir au moindre frôlement. Aucun signalement n’arrive à être établi. On soupçonne l’œuvre d’un ouvrier malappris. L’objet du délit serait un poinçon ou une grande aiguille fixée au bout d’un parapluie ou d’une canne. À la fin de l’automne, plus de 400 victimes se sont fait connaître. La police invite les citoyens à observer la plus grande vigilance et leur enjoint de l’aider à démasquer la fripouille. L’année 1819 suit et avec elle chansons, complaintes, caricatures. Et rumeurs. On dit maintenant qu’il y aurait une horde de satyres dans la capitale et que certaines des piqûres seraient empoisonnées. L’affaire ne peut en rester là. Un pharmacien éclairé de la rue Saint-Louis propose une pommade prompte à mettre un terme aux piteux effets. Surtout, un armurier fait flores en tapant le fer. Une cuirasse callipyge, "préservatif contre la piqûre" en métal léger que chaque demoiselle avisée portera sous ses jupons. Le commerce fleurit sur les demi-lunes apeurées.

Fin janvier 1820, Biseul, 35 ans, tailleur de pierre, est arrêté et condamné à cinq ans de prison et 500 francs d’amende. On dit pourtant que le chef de la brigade de sûreté, Vidocq, le choisit sans preuve aucune. Une belle affaire de cornecul.

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