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[Industry Story] Dame d'honneur

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[Industry Story] Dame d'honneur © D.R.

Décor surnaturel au 25 de la rue de Chazelles. Dans les ateliers Gaget, Gauthier et Compagnie, se dresse la première dame de fer de Paris. Du fer forgé recouvert de 300 plaques de cuivre, dont les premières ont été offertes par un industriel. En ce printemps 1884, la statue domine les toits du quartier du parc Monceau, tout proche. Elle devient même pour quelque temps le monument le plus haut de la capitale. Et une attraction singulière pour les Parisiens en balade dominicale.

Dix ans plus tôt, Auguste Bartholdi se voit missionné pour réaliser ce cadeau diplomatique devant célébrer les 100 ans de l’indépendance des États-Unis et l’amitié entre les deux nations. Reste aux gouvernements exsangues à le financer. La solution est toute trouvée et on statue très vite : faisons appel aux dons. Naît l’un des premiers et des plus importants crowdfunding de l’histoire. La générosité des particuliers et des entreprises est considérable. Et ajoutée à la vente de billets pour admirer la tête et la torche lors de l’Exposition universelle de 1878, la récolte s’élève à 1 million de francs. De l’autre côté de l’Atlantique, la célébration du centenaire de la fondation du pays est une occasion en or pour lancer le financement participatif destiné au piédestal, à la charge des Américains. Marchands avertis, ils y déploient toute leur inventivité : dons, loteries, paris sur des matchs de boxe, vente de photographies des premiers éléments, exposition du bras tenant la torche, campagne de presse du magnat Joseph Pulitzer… La mobilisation est un succès. L’emballement est tel pour cette Liberté venue éclairer le monde qu’il se poursuit jusqu’à l’inauguration : les miniatures distribuées par l’entreprise Gaget donnent naissance au mot « gadget », alors que l’on s’empresse de savoir en anglais si chacun possède bien son « Gaget ».

La statue fait toujours face à la France amie, mais les ateliers de la rue de Chazelles ont laissé place à une clinique. Héritière pas peu fière du passé glorieux des lieux, elle arbore le célèbre visage couronné.

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