[Industry Story] Coucou de Paname – Jules Védrines, fou volant

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[Industry Story] Coucou de Paname – Jules Védrines, fou volant
Midi a sonné. L’heure de Jules Védrines aussi ?

Midi sonne. Parti d’Issy-les-Moulineaux, Jules Védrines gagne maintenant le carrefour de la Chaussée-d’Antin. Les rues sont dégagées en ce dimanche 19 janvier 1919. Le ciel aussi, malgré la brume. L’aviateur est certain de poser son Caudron III sur le toit des Galeries Lafayette. Une mini-piste de 28 mètres de longueur pour 12 de largeur. La presse s’est massée sur la terrasse de la Société générale située en face pour ne rien rater de l’exploit. Ou du drame.

C’est justement sur les toits de Paris que Jules passe son enfance et son adolescence. À suivre paternel et frangins, couvreurs. À perte de vue, lucarnes, cheminées, gouttières et toits en pente. Seule échappatoire, le ciel. Jules apprend le métier, malgré lui. Agile, il n’est pourtant pas fait pour voltiger sur les ardoises. Il rêve de plus grand, de plus haut. Tour à tour plombier, copiste, commissionnaire, garçon crémier, garçon boucher, explorateur de pacotille sur les routes de France, tourneur mécanicien, fraiseur. La vie en usine lui apprend les bases de la mécanique et le rythme des machines. La passion des avions le gagne. Engagé chez le constructeur aéronautique Antoinette, il boulonne. Un premier pas. Viré pour avoir cassé un tour d’usinage, il embauche chez le fabricant de moteurs d’avions Gnome. Le voilà ajusteur puis metteur au point. Et c’est à force de volonté qu’il devient mécanicien moteur pour Farman. Avant de miser sa petite fortune dans une formation de pilote. Une formalité validée le 7 décembre 1910. À 29 ans, Védrines est un as. Il remporte la course Paris-Madrid, bat un record de vitesse, devient le sujet d’un film sur sa vie et enchaîne les missions périlleuses durant la Grande Guerre où il dépose et reprend des espions dans le camp ennemi. Un héros.

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Cette fois, l’affaire est corsée, Jules le sait. Il doit d’abord passer le premier garde-fou haut d’un mètre, atterrir et s’arrêter avant la chute, 28 mètres plus loin. Cinq costauds s’apprêtent à freiner l’avion de leurs seuls bras. Le Caudron approche... et percute la rambarde. Mais celle située de l’autre côté du toit, qui stoppe l’atterrissage. L’atterrissage est une réussite, le pari est gagné. Un nouveau succès pour le voltigeur des airs !

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