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L'Usine Auto

[Industry Story] Boulevard du crépuscule - Au soleil de Californie, les tramways se meurent

Guillaume Dessaix , ,

Publié le

[Industry Story] Boulevard du crépuscule - Au soleil de Californie, les tramways se meurent
Au soir de leur vie, au soleil de Californie.

"Un consortium détruit notre système de transports publics." Dans une vingtaine de pages, le citoyen Edwin J. Quinby accuse, en 1946, General Motors de vouloir anéantir le réseau du tramway de Los Angeles. Sauf que l’excentrique Angelin est connu pour ses théories du complot.

Au début du XXe siècle, la Pacific Electric détient à elle seule 1 600 kilomètres de réseau dans le comté de Los Angeles et propose plus de 1 600 trains par jour. Une kyrielle de compagnies constitue "le système de transport électrique interurbain et suburbain le plus complet et le plus vaste du pays". Une pieuvre. Pourtant, seules les plus puissantes résistent à la faillite grâce à une autre activité plus profitable, la promotion foncière. Alors que l’industrie pétrolière prend son essor dans la région, Quinby affirme que le PDG de GM travaille au démantèlement de ces lignes au profit de ses autobus, puis de ses voitures. L’industriel insiste en effet sur la congestion régulière provoquée par les trams au milieu de la chaussée et les nombreux accidents qui en résultent. Les bus seraient une solution de fluidité, de sécurité et de confort face aux sièges en bois de ces tacots électriques. Selon Quinby, GM serait de mèche avec la Standard Oil et le fabricant de pneus Firestone. Magouille générale. Pressions sur les banques et combines politiciennes vont bon train. De son côté, GM met en lumière au Sénat un trust évident. Les propriétaires des compagnies de tramways sont aussi producteurs d’électricité. L’argument est fatal et ouvre la voie au constructeur. Pourtant, en avril 1949, la conspiration est mise à jour. Un juge fédéral condamne GM et ses acolytes à une amende de 5 000 dollars. La sentence est légère et tardive. Et le mal est fait. En quelques mois, les rails ont été démontés.

Quinby avait raison, General Motors manœuvrait. À moins que le territoire trop vaste et peu dense, la multiplicité des compagnies et surtout l’arrivée de la voiture fussent écrits depuis bien longtemps… Alors, les trams filent au terminus en attendant d’être détruits. Ou de prendre leur revanche au siècle suivant ?

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