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[Industry Story] Apocalypse snow - Après l’explosion, l’effet boule de neige

Guillaume Dessaix

Publié le

[Industry Story] Apocalypse snow - Après l’explosion, l’effet boule de neige
Après l’explosion, effet boule de neige garanti.

Les entreprises citées

En chemin vers l’école, les enfants contemplent le spectacle. Comme la plupart des habitants d’Halifax, pour certains venus au port. Tous observent les flammes et l’immense colonne de fumée noire d’un des deux navires qui se sont percutés il y a quelques minutes. À son bord, plusieurs tonnes d’explosif.

Depuis trois ans, la Première Guerre mondiale a fait prospérer la cité canadienne, devenue lieu de transit des marchandises, des munitions et des soldats britanniques, américains et canadiens. Ce 6 décembre 1917, le steamer suédois "Immo" part chercher du matériel de secours. Le français "Mont-Blanc", lui, transporte plusieurs tonnes de TNT, de fulmicoton et de benzol. Aucun règlement du port n’assure un passage sécurisé des bateaux chargés de munitions. La proue du premier a transpercé le flanc du second. Le "Mont-Blanc" se consume pendant près de vingt minutes et dérive vers le port. À 9 heures 4 minutes et 35 secondes, il explose. Une boule de feu invisible s’élève dans les airs. L’onde de choc est colossale. Le port, la gare, les arbres, les poteaux, les maisons, les bureaux, la raffinerie de sucre... Tout est soufflé sur plusieurs kilomètres. Le "Mont-Blanc" est désagrégé en milliers de projectiles métalliques. La verge de son ancre atterrit quatre kilomètres à l’ouest. Un tsunami de six mètres de hauteur se forme et emporte avec lui les premiers débris. Les habitations en bois s’écroulent sur les fours et les lampes à pétrole et prennent feu. Le choc est tel qu’il fait exploser les tympans et les poumons et écrase les organes internes des badauds tout proches. Les vitres sont pulvérisées en milliers de morceaux tranchants, décapitant parfois, aveuglant souvent des milliers d’yeux. Nombre d’habitants sont projetés dans les airs et retombent à plusieurs kilomètres de là. D’autres découvrent qu’ils ont perdu la vue suite au flash provoqué par la boule de feu. La déflagration s’essouffle 100 kilomètres plus loin et brise les dernières fenêtres.

Près de 2 000 personnes ont péri, 9 000 sont blessées et 6 000 sans logement. Le lendemain, comme un voile, le blizzard vient recouvrir les ruines de ce qui aura été jusque-là la plus forte explosion provoquée par l’homme.

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