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[Industry story] Affreux, sales et méchants - La balade bidon des fûts toxiques de Seveso

Guillaume Dessaix ,

Publié le

[Industry story] Affreux, sales et méchants - La balade bidon des fûts toxiques de Seveso
La balade bidon des 41 fûts de la catastrophe de Seveso.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

La température atteint 230 °C. La pression de la vapeur provoque la rupture d’une valve de sécurité de la cuve 101. Samedi 10 juillet 1976, 12h37. Durant vingt minutes, un nuage d’herbicide composé d’hydroxyde de sodium, de soude caustique et de dioxine s’échappe de l’usine Icmesa de Meda, en Italie. Et file droit vers la commune voisine de Seveso.

Le directeur de production Paolo Paoletti avertit les maires concernés. Aucun fruit ou légume des jardins environnants ne doit être consommé. Les feuilles des arbres jaunissent déjà. Le travail reprend le 16 juillet, avant que le site ne soit fermé deux jours plus tard. Il faut attendre le 23 pour évacuer plus de 200 habitants. La zone touchée est plus vaste que prévue. Très vite, 500 de plus sont priés de quitter leurs maisons. Paoletti est arrêté. Les enfants sont atteints de chloracné, qui gangrène leur peau, et hospitalisés. Sans que l’on puisse rien y faire. Sept communes sont touchées, 358 hectares contaminés, 3 000 animaux domestiques tués, 77 000 têtes de bétail abattues. Les maisons et les sols doivent être dépollués. En août 1982, la décontamination commence. Les déchets chimiques sont chargés dans 41 fûts. Direction l’usine Ciba de Bâle, en Suisse. Mais passé Vintimille, les fûts se volatilisent. C’est dans l’arrière-cour d’un abattoir picard, à 1 000 kilomètres de la frontière, qu’ils sont retrouvés huit mois plus tard. Ils sont enfin brûlés devant la presse dans l’usine suisse. Pourtant, plusieurs biologistes mettent sérieusement en doute la version officielle. Le poids total des déchets diffère de deux tonnes entre leur départ d’Italie et leur arrivée à Bâle. Le diamètre des barils non plus n’est pas le même. Les fûts brûlés seraient composés de déchets non contaminés. Les toxiques auraient fini en Allemagne de l’Est. Ou en Somalie.

Malgré les recommandations préalables, peu de travaux ont été effectués. Pour le groupe armé Prima Linea, Paoletti doit payer. Le 5 février 1980, il est abattu de trois balles de calibre 38 en pleine rue. L’usine n’existe plus. Toute trace a disparu. Seul le nom Seveso est resté.

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