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Quotidien des Usines

Industries de consommation : La recomposition est en marche

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Publié le

" Sur fond de guerre des prix dans les rayons, les industriels de la consommation, acteurs de premier plan et interlocuteurs privilégiés de la grande distribution, sont embarqués dans une vaste recomposition. Voilà qui promet d'être la saga de l'année ! "


Unilever pourrait annoncer, cette semaine, un remaniement de son état major : le géant américain de l'alimentaire, de l'hygiène-beauté et des produits d'entretien (234.000 salariés dans le monde, dont 5.000 en France) envisagerait de séparer la présidence du conseil et l'exécutif. Un pas vers une meilleure gouvernance d'entreprise que bien d'autres groupes ont fait avant lui. Mais aussi le signe avant-coureur d'un changement de braquet. Au moment où son concurrent Procter & Gamble vient de lui ravir le premier rang mondial en mettant la main sur Gillette, Unilever cherche à gagner en agilité. Déjà, les analystes lui prêtent l'intention de relancer sa politique d'acquisitions. Nul doute que l'avertissement sur résultats, auquel une croissance molle des ventes l'a contraint l'automne dernier, lui impose d'accélérer la cadence. Aucune opération d'envergure ne se dessine encore, mais Unilever a manifesté son intention de constituer des unités plus réactives sur ses marchés dans le cadre de son plan stratégique mondial " En route vers la croissance ". Conséquence en France : le regroupement dans une société des activités commerciales et administratives de Lever Fabergé, Unilever Bestfoods France et Cogesal Miko. Avec, à la clé, 165 suppressions de postes annoncées fin janvier.
Pas de doute, les industriels de la consommation sont embarqués dans une recomposition qui pourrait bien être la grande affaire de l'année. 2005 a commencé sur les chapeaux de roues : Procter s'est lancé à l'assaut de Gillette (" L'U. N. " n°2949) et Sara Lee, en mettant en vente ses activités textiles en Europe, s'engage sur la voie du recentrage. Dans la foulée, annonces et rumeurs vont bon train.
Du côté de l'alimentation, plusieurs sources font état de l'intérêt de Sara Lee pour le charcutier Herta, propriété de Nestlé (" L'U. N. " n°2948). Par ailleurs, dans les boissons alcoolisées, Pernod Ricard manifesterait de nouveau son intérêt pour le britannique Allied Domecq (gin Beefeater, vodka Stolichnaya, etc.), du moins si l'on en croit la presse anglo-saxonne. En ce qui concerne l'hygiène-beauté, l'allemand Beiersdorf - connu pour ses marques Nivea, Hansaplast, Tesa ou La Prairie - ne cache pas son intention d'utiliser un trésor de guerre de 2,5 milliards d'euros pour renforcer ses positions face à Procter. Pourquoi cette soudaine effervescence ? D'une part, pour stimuler l'appétit des consommateurs, l'innovation suppose des budgets de recherche et développement de plus en plus conséquents. Exemple : avec le rachat de Gillette, Procter aligne en la matière une force de frappe de quelque 2 milliards de dollars ! D'autre part, pour servir, au meilleur prix, des zones de chalandise de plus en plus vastes (l'Europe à 25, mais aussi les puissances montantes de l'Asie), il faut, tout à la fois, faire le tri dans les portefeuilles de marques, en investissant massivement sur celles qui ont le plus fort potentiel, repenser le marketing à l'échelle des continents, organiser la logistique en conséquence et rationaliser les usines...
Enfin, les industriels de la consommation ne peuvent que grossir face à des centrales d'achat de plus en plus puissantes. Le chiffre d'affaires de l'américain Wal-Mart, le numéro un mondial de la distribution n'est-il pas comparable au PIB de la Suède ? Or, les mastodontes de la distribution n'ont d'autre solution que de faire pression sur les achats (lire page 10). Car ils doivent satisfaire des consommateurs de plus en plus chatouilleux sur la question des prix. Le numéro deux mondial, Carrefour, qui vient de remanier son état major, en a fait l'amère expérience en France.
Par Jean-Louis Marrou, rédacteur en chef

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