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Industriel, si tu vas à Rio

Publié le

Le sommet de la Terre qui se tient à Rio enregistre une mobilisation record d’entreprises venues faire entendre leur voix. Elles réclament une feuille de route mondiale et viennent promouvoir leurs solutions

Industriel, si tu vas à Rio © CM Ortega - Flickr - C.C.

S’il n’y a pas de carnaval prévu à Rio de Janeiro du 20 au 22 juin, il y aura tout de même un défilé: celui des grands patrons français. Gérard Mestrallet (GDF Suez), Christophe de Margerie (Total), Jean-Louis Chaussade (Suez Environnement), Bruno Lafont (Lafarge), Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric)…

Tous sont au rendez-vous du sommet de la Terre. Baptisée Rio+20, en référence au sommet qui s’était tenu dans la ville brésilienne en 1992, la conférence des Nations unies vise à trouver de nouveaux engagements des États en matière de développement durable pour 2015.

Alors que huit chefs d’entreprise avaient accompagné Jacques Chirac au sommet de Johannesburg, en Afrique du Sud, il y a dix ans, ils sont aujourd’hui 40 dans la délégation de François Hollande. "Si l’on compare avec le précédent sommet, il y a une mobilisation réelle des entreprises, malgré la crise qui pousse à la sobriété en matière de déplacement", avance Bettina Laville, une avocate associée chez Landwell&associés (PwC), chargée du développement durable. Au total, 10 000 personnes du
monde des entreprises sont attendues sur les 50000 participants.

Ce sommet, elles l’ont préparé. Les entreprises se sont rassemblées depuis un an dans des groupes de travail à l’échelle internationale, afin d’élaborer des positions communes sur les différents thèmes. Celles-ci ont été incluses dans le texte servant de base aux négociateurs des gouvernements.

Une tribune à l’innovation

Pourquoi un tel regain d’intérêt ? Tout d’abord parce que, selon une étude de KMPG, les coûts externes liés à l’environnement des onze secteurs clés de l’industrie ont augmenté de 50% entre 2002 et 2010. Le thème du développement durable a donc très largement progressé dans les entreprises, sur son volet environnemental, mais aussi social.

Ensuite, parce que l’un des thèmes phares du sommet est la définition de règles pour encadrer l’économie verte, un domaine qui les concerne en premier lieu. "La société civile doit être associée à ces sommets pour aider les politiques à trouver des accords. D’autant que nous sommes capables d’apporter les solutions technologiques", soutient Bernard Guirkinger, le directeur général adjoint de Suez Environnement. C’est justement ces technologies et ces retours d’expérience qu’elles viennent présenter à Rio.

Au sein du Pavillon France, à quelques encablures du lieu des négociations, EDF, GDF Suez, Lafarge ou encore L’Oréal présentent leurs solutions en matière de ville durable ou de biodiversité. Rio sera aussi une galerie commerciale et une bonne occasion de faire du business, alors que le sommet draine plusieurs dizaines de milliers de représentants des collectivités et des pouvoirs publics du monde entier. "Nous n’y allons clairement pas pour cela, mais comme ce sommet est une tribune à l’innovation, nous voulons montrer comment nos métiers de gestion de l’eau et des déchets peuvent être mis au service d’une économie de la sobriété", avance Pierre Victoria, le directeur adjoint du développement durable de Veolia Environnement.

Tables rondes et conférences

Également dans l’agenda des patrons et de leurs équipes, la participation à des tables rondes et à des conférences (une dizaine pour Veolia par exemple), disséminées un peu partout dans la ville. "Nous voulons témoigner de l’engagement des entreprises françaises, notamment illustrer l’importance des partenariats publics privés", précise Manoelle Lepoutre, la directrice du développement durable et environnement de Total.

En parallèle, les représentants de l’industrie suivent les négociations officielles. S’ils ne peuvent pas y participer directement, ce pouvoir restant du ressort des gouvernements, ils tentent parfois de faire passer des modifications du texte via ces derniers. Un lobbying complexe vu l’immense machinerie du sommet.

Les industriels sont surtout venus chercher à Rio un cadre clair et stable. La plupart militent pour des règles mondiales…concurrence oblige. "Les règles qui s’appliquent aux industriels dans le monde doivent être les plus homogènes possibles", assène Kareen Rispal, la directrice du développement durable et des affaires publiques de Lafarge. Elles attendent aussi des États des décisions en matière de gouvernance.

Pour Sylvianne Villaudière, la coordinatrice du Club France Rio+20, "une grande avancée à Rio serait une réforme des instances qui associerait les acteurs de la société civile à tous les niveaux du processus de décision". Autre souhait: un instrument financier digne de ce nom, car les industriels seront amenés à mettre la main à la poche pour financer la transition écologique. Sur ce point, la crise de la dette publique qui enflamme les États risque de ne pas jouer en faveur du développement durable. Pas facile de changer le monde.

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1 commentaire

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21/06/2012 - 13h09 -

Les industriels européens qui se sont lancés dans le « vert » à l’européenne se retrouvent dans le « rouge » comptable, il n’y a qu’à voir les faillites en série dans le solaire, y-compris (mais oui !) en Allemagne. Je comprends qu’ils essaient de sauver les meubles à Rio par politiciens interposés. Je ne vois pas d’issue tant que deux problèmes n’auront pas été résolus : - L’endettement délirant des Occidentaux (USA en tête) - Le pic de pétrole et de gaz (gaz de schiste = mirage, regardez les dernières nouvelles), ignoré par les politiciens du GIEC (regardez le site de l’ASPO). Les hypothèses énergétiques du GIEC, basées sur celles AIE, sont irréalistes. Le refroidissement économique est en route, ce n’est pas une hypothèse basée sur des extrapolations de modèles numériques sur-paramétrés.
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