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[Industrie story] Le diable est dans les détails, ou quand Procter & Gamble travaille pour Satan

Guillaume Dessaix ,

Publié le

 

1982, fake news avant l'heure pour Procter & Gamble

 

La déclaration est fracassante. Le 1er mars 1994, le président de Procter & Gamble fait le malin sur le plateau du Phil Donahue Show, évoquant son alliance avec l’Église de Satan. Une part des bénéfices de la compagnie est même reversée à l’association. Quand l’animateur lui demande si une telle déclaration ne va pas nuire à son entreprise, il rétorque simplement qu’il n’y a "pas suffisamment de chrétiens aux États-Unis pour faire la différence".

Douze ans plus tôt, les premières rumeurs naissent dans la région de New York. La compagnie qui commercialise Gillette, Braun, Pampers, Duracell… est tout simplement l’affaire du diable. Il suffit d’observer son logo. Ce cercle représente la lune personnifiée en un homme barbu orné de deux cornes et de boucles en forme de 666 inversé. Il est cerné de treize étoiles rangées pour former trois six. Le chiffre du démon. Les premières réclamations arrivent au siège, à Cincinnati. Les Américains sont inquiets et en colère. La confiance est rompue. Un numéro vert est mis en place pour recueillir les 15 000 doléances mensuelles. Plus de 4 % des Américains boycottent les produits du groupe. Il faut arrêter l’hémorragie. Et démentir. Car de tout cela rien n’est vrai. Pour éviter que les rumeurs ne prennent une ampleur nationale, Procter évite la presse et adresse un dossier explicatif aux 48 000 organisations religieuses fondamentalistes : le logo date de 1851 et les étoiles sont une référence aux Treize colonies britanniques qui ont fondé les États-Unis. Sans succès. Une large campagne de presse et des poursuites judiciaires contre ceux qui propagent ces fausses informations sont alors lancées. Mais hors de question de changer le logo, plus que centenaire.

En 1994, la rumeur reprend. Pourtant l’interview télévisée du patron par Donahue n’a jamais eu lieu. Procter attaque la société de vente directe Amway, à l’origine de la diffamation. Mais Procter perd son procès et n’obtiendra justice qu’en 2007. Entre-temps, le groupe a totalement revu son logo. Seules les lettres P & G y figurent désormais. En bleu, la couleur de la puissance. Et de la confiance. 

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