Industrie solidaire

Le grand débat sur le nucléaire, nous ne l’éviterons pas. Mais avant d’auditer Fessenheim, aidons Fukushima

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Le grand débat sur la sécurité nucléaire, nous y aurons droit. L’analyse critique de notre mix énergétique, et la place que doit y occuper l’atome, nous ne l’éviterons pas. Mais là, maintenant, dans les centrales de l’Hexagone, pardon de le rappeler, il n’y a pas le feu. Au propre comme au figuré. À chacun de juger si les déclarations et les décisions arrêtées dans l’urgence relèvent du principe de précaution ou de la démagogie. Pendant ce temps, le Japon cherche ses morts et tente de secourir ceux qui ont perdu leur toit et leur emploi. Avant d’auditer Fessenheim, aidons Fukushima.

L’heure est à la solidarité. Comme les citoyens, les entreprises peuvent envoyer leurs dons à la Croix-Rouge ou à la Fondation de France. L’une et l’autre se chargeront de transférer l’argent à des ONG locales. Le silence du gouvernement japonais, peu enclin à lancer des SOS, et la discrétion, chez nous, des grands médias populaires ne doivent pas décourager les bonnes volontés. Aux États-Unis, les grands groupes ont déjà débloqué des dizaines de millions de dollars. L’industrie française commence à se mobiliser. À Onnaing, près de Valenciennes, sur le site de Toyota où depuis dix ans la Yaris est assemblée, les 2000 salariés ont spontanément organisé une collecte : une forme de gratitude, pour ces employés qui doivent leur job à un groupe nippon. À Saint- Médard-d’Excideuil, en Dordogne, le fabricant de ballerines Repetto, qui possède neuf boutiques au Japon et y réalise plus de 10%de ses ventes, a créé un modèle dédié aux victimes du séisme et du tsunami. Les recettes de ce chausson solidaire seront intégralement reversées à des associations locales. Renault aussi se décarcasse. Certes, il n’a pas pu lancer une «Twingo du coeur », avec ventes de charité et tournée dans toute la France. Mais le constructeur, dont la réputation est chahutée depuis trois mois, a eu la bonne idée de verser 500000 euros à la Croix-Rouge. Surtout, il a décidé de multiplier par deux les dons de ses salariés. De même, Sanofi-Aventis (3000 salariés dans l’Archipel) et Air liquide (2700 salariés sur place) ont tous deux signé un chèque d’un million de dollars.

Comme Renault, ils «abondent» – en doublant la mise – les dons de leurs collaborateurs. La solidarité passe aussi par la technologie, et notamment par l’expertise nucléaire française. Areva et EDF ont affrété un avion, chargé de matériel de protection et de 100 tonnes d’acide borique, qui absorbe les neutrons pour réduire la fission. EDF envoie aussi des camions chargés de mesurer la radioactivité. Certains ironiseront sur ces initiatives impulsées par les services de communication ou par les services commerciaux. C’est vrai qu’ils ne perdent pas le Nord. Et alors ? Il n’y a que le résultat qui compte.

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