Industrie : Pourquoi combiner développement durable et transformation digitale

L'Union européenne a défini comme objectif de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, et d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Un objectif ambitieux et nécessaire compte tenu de l'urgence climatique. Dans une tribune, Jean-Nicolas Brun, Directeur Exécutif Industrie & Services chez Accenture en France et au Benelux appelle les industriels à repenser cette transition durable pour ce qu’elle représente pour le secteur : une formidable opportunité de croissance et d’innovation.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Industrie : Pourquoi combiner développement durable et transformation digitale
La transition vers la neutralité carbone peut être perçue comme une contrainte pour des industriels qui peinent à se relever de la crise. Pour autant, la performance durable et responsable constitue une formidable opportunité d'innovation, mais aussi de croissance, encore plus lorsqu’elle s’intègre pleinement dans la digitalisation.

L’étude « The European double up », démontre que les entreprises qui allient digital et développement durable auront deux fois et demi plus de chances de figurer parmi les leaders de leur domaine. Pierre angulaire du développement durable, le digital permettra en outre d’attirer et de fidéliser les talents de demain, nés avec les outils numériques.

Prendre conscience des enjeux… business !

Comme le révèle l'étude, l'Europe accuse un retard certain par rapport à l'Amérique du Nord et à l'Asie, plus particulièrement sur la prise de conscience des enjeux business portés par le développement durable, que ce soit pour répondre à la demande des consommateurs, soigner sa réputation de marque, ou tout simplement dessiner de nouvelles perspectives de croissance.

En Europe, l’engagement des entreprises reste davantage motivé par des raisons personnelles (convictions, engagement des employés, préoccupations environnementales et sociales), ou extérieures (investisseurs, régulations, risques…).

Vers de nouvelles alliances : l’exemple de l’hydrogène

La pandémie liée au Covid-19 a accéléré la prise de conscience. La vision durable et responsable des industriels ne fait aujourd’hui plus débat.
Grâce au soutien du plan de relance français de 100 milliards d’euros, une dynamique s’est enclenchée et a donné à l’industrie l’opportunité de développer de nouveaux avantages compétitifs. Vinci a par exemple été le premier groupe au printemps, à faire voter ses actionnaires sur un plan de transition environnementale.

En termes de stratégie, la volonté est là. En termes d’application, le principe de réalité doit en revanche prendre en compte les capacités d’investissement et les compétences. C’est tout l’enjeu des alliances déjà engagées par Michelin et Faurecia avec Symbio par exemple, réunis pour créer un futur leader mondial de la mobilité hydrogène. Une filière de l’hydrogène qui a également vu Renault se rapprocher de l’américain Plug Power afin de créer Hyvia.

Créer de nouveaux écosystèmes

L’audace et la volonté seront nécessaires pour relever le défi climatique et pour les industriels, la transformation durable ne se fera pas sans celle du digital.

Pour avancer, les industriels doivent définir leur ligne directrice, la mettre en place, la développer et la déployer à l'échelle. L'étude évoquée met en avant un profil d'entreprise, les « double-transformeurs », dont des industriels, qui considèrent le digital et le développement durable comme une seule et même transformation.

La démarche des double-transformeurs favorise les business models basés sur les écosystèmes, axés sur la durabilité et rendus possible grâce à la technologie. Un exemple : Schneider Electric a créé et rassemblé le New Energy Opportunities (NEO) Network™. Cette communauté mondiale et la plateforme de marché en ligne regroupent plus de 300 entreprises acheteuses d'énergies renouvelables et fournisseurs de solutions.

Au début du mois de juin, c’est le Movin’On Summit créé par Michelin, auquel Accenture participait, qui a encore démontré la volonté d’un grand nombre d’acteurs de se tourner résolument vers une mobilité durable.

Les « double-transformeurs » ouvrent la voie

Pour passer de la théorie à la pratique, les double-transformeurs combinent les ressources et les investissements dans des initiatives à la fois durables et digitales pour les faire passer à l’échelle. Siemens recourt ainsi à la simulation et à la technologie des jumeaux numériques afin d’optimiser les performances environnementales de ses produits et services tout au long de leur cycle de vie. Les jumeaux numériques permettent non seulement de concevoir, de simuler et de fabriquer des produits plus rapidement que par le passé, mais aussi de les concevoir dans un souci d'économie, de performance, de robustesse ou de compatibilité environnementale.

Pour soutenir leur démarche, les double-transformeurs créent par ailleurs un sentiment de responsabilité au sein de leur organisation. Le succès des initiatives durables et technologiques orientées vers la durabilité suppose de fédérer l’ensemble des équipes pour atteindre un déploiement global. Près de la moitié des double-transformeurs intègrent ainsi des critères d'impact environnemental et social dans leurs processus de décision et de compensation.

Une transparence à tous les niveaux grâce à la data

Pour créer des produits aux cycles de vie durables, les double-transformeurs associent dans le même temps leurs partenaires. Car cette dynamique collective est impérative pour pouvoir transformer toute la chaîne de valeur. La notion d’économie circulaire fait naturellement sens (lire la tribune signée Thomas Ruaudel et Marc Mechaï sur l’économie circulaire dans l’industrie automobile). La revente et la réutilisation s’accélèrent aussi, portées par les places de marché tournées vers les produits d’occasion et le partage des objets.

Le basculement s’accompagne par ailleurs d’un devoir de traçabilité ; une transparence mesurée grâce à la data. Afin d’aider les consommateurs à opter pour des expéditions à faible émission de carbone, le groupe Deutsche Post DHL a par exemple mis au point le tableau de bord GoGreenCarbon. Les entreprises utilisant des services logistiques peuvent, grâce à ce tableau de bord, consulter les analyses des émissions de CO2 associées à leurs expéditions, tout au long de leur chaîne d'approvisionnement. Cette transparence permet ainsi de se comparer, de fixer des objectifs, d'identifier les contributeurs de carbone et de développer des stratégies de réduction d’empreinte carbone.

Portés par cette double-transformation digitale et durable, les industriels disposent d’une opportunité unique pour façonner le monde de demain.

Jean-Nicolas Brun,
Directeur Exécutif Industrie & Services chez Accenture en France et au Benelux

Contenu proposé par Accenture

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
A LIRE AUSSI