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INDUSTRIE DU SPORTGrand Chavin avalé par RossignolLe numéro 2 français du surf des neiges n'avait pas les moyens de rivaliser avec les majors de l'industrie du ski.

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En partenariat avec Industrie Explorer

INDUSTRIE DU SPORT

Grand Chavin avalé par Rossignol

Le numéro 2 français du surf des neiges n'avait pas les moyens de rivaliser avec les majors de l'industrie du ski.



L'aventure continue, pour Grand Chavin, l'un des pionniers français du snowboard. Mais sous d'autres cieux. Aux premiers flocons, le 17 décembre, le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier a donné son feu vert à la reprise, par Rossignol, du fabricant jurassien, en redressement judiciaire depuis le 7 juillet et numéro 2 français derrière... Rossignol, qui fait désormais le vide derrière lui, avec environ 50 % du marché français du snowboard (70 000 planches par an). Le leader mondial des sports d'hiver s'approprie ainsi les trois marques (Hot, Hammer et A. Snowboard), l'outil de production et le bureau d'études de la PME des Rousses. Ces actifs vont être logés dans une nouvelle filiale, Grand Chavin Snow-board. Hubert Grand-Chavin, ex - P-DG, et son frère jumeau, Armand, détenteurs jusqu'ici de 92 % du capital de la PME fondée par leur père, devenant respectivement numéro 2 et directeur technique de la nouvelle entité. Pouvait-il en être autrement ? Après avoir culminé à 54,5 millions de francs en 1997, le chiffre d'affaires de Grand Chavin a fondu à 38 millions en 1999. Son résultat net s'est effondré, passant de 3,4 millions en 1997 à 530 000 francs en 1998, tandis que sa trésorerie s'épuisait à 867 000 francs. Au début de l'été dernier, c'est le coup de grâce : l'endettement plonge à 25 millions de francs.

La défiance des banques

" Nous exerçons une activité saisonnière avec une production estivale sans facturation, se défend Hubert Grand-Chavin. Pour tourner, l'été, nos besoins de trésorerie équivalent à un quart de notre chiffre d'affaires. Les banquiers ont perdu confiance et ne nous ont pas renouvelé notre crédit de campagne. C'est la première fois. " Les bailleurs de fonds s'inquiètent des 20 millions de francs de stocks que compte l'entreprise en juillet. L'expédition de planches, quelques semaines plus tard, pour une valeur de 7 millions de francs, vers le Japon n'est pas parvenue à les rassurer. Et la demande de nomination d'un mandataire ad hoc par l'entreprise pour faire pression sur les banques est arrivée trop tard. Tout avait pourtant bien commencé. Pour damer la saisonnalité d'une activité de menuiserie en milieu montagnard, Honoré Grand-Chavin s'ouvre à la fabrication de skis alpins et de fond en 1925. Avec une production annuelle de 10 000 paires avant-guerre, il rivalise avec Rossignol. A partir de 1950, l'entreprise s'adonne exclusivement au ski. Mais, très vite, elle décroche de la course en tête, distancée par la montée en puissance de Salomon et de Rossignol. Quand Hubert et Armand succèdent à leur père, l'entreprise familiale s'est rabattue, depuis 1970, sur la seule fabrication de skis de fond. Grand Chavin en produira entre 15 000 et 20 000 paires par an. En 1985, elle compte 15 salariés, pour un chiffre d'affaires de 4 à 5 millions de francs. Las ! le ski de fond passe de mode. L'ultime diversification est alors engagée. " Nous avons choisi le snowboard parce que c'était un sport de glisse, jeune et en provenance des Etats-Unis ", explique Hubert Grand-Chavin. Avec ses marques Hot, et Hammer, Grand Chavin occupe avec succès le marché des moyen et haut de gamme. Sa production tutoie les 50 000 planches par an en 1997. La moitié est exportée. Sur sa lancée, la PME achète la marque A. Snowboard (19 millions de francs de chiffre d'affaires en 1999), lancée en 1992 par Régis Rolland et filialisée sous le nom de RR Développement. Précurseur, lui aussi, de ce sport en France, Régis Rolland entre dans le capital de Grand Chavin par échange de participations.

La dure loi du marché

L'entreprise a-t-elle eu un trop grand appétit ? Une certitude, ses déboires commencent au lendemain de cette acquisition. Les difficultés s'amplifient pendant la saison 1998-1999 avec une gamme au design décevant. L'ex-P-D-G le reconnaît : " Notre collection était moins séduisante, et son graphisme peu intéressant. " Résultat : les ventes glissent sous la barre des 40 000 planches. Mais, comme beaucoup de PME qui ont fait du snowboard un marché à part entière, le coup fatal est porté par les majors de l'industrie du ski, Rossignol en tête, quand ils décident de s'emparer du marché. Des prix bas portés par l'effet de volume, un vaste réseau de distribution bien huilé et une stratégie internationale rodée ont saisi à la gorge la plupart des marques indépendantes. " C'est la loi du marché ", se résigne Hubert Grand-Chavin. Reste le travail accompli. " Les planches sortent bien des magasins, poursuit ce dernier. Nous pourrons attaquer l'an prochain sans baisse d'activité. "



Les causes

Endettement lourd, croissance externe mal digérée, collection 1998-1999 ratée, forte concurrence des marques de ski.

La situation actuelle

Reprise des actifs industriels et commerciaux ainsi que d'une cinquantaine de salariés par Rossignol depuis le 1er janvier.

Les perspectives

Enrichissement de l'activité snowboard de Rossignol grâce aux trois marques de Grand Chavin.



L'entreprise en bref

Activité Fabrication de snowboards.

Siège social Les Rousses (Jura).

P-DG Hubert Grand-Chavin.

Actionnaires Famille Grand-Chavin (92%) ; Régis Rolland et les banques (8%).

Chiffre d'affaires 1999 38 millions de francs (à fin mars).

Effectif 60 salariés.

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