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L'Usine Maroc

INDH Maroc : comment Suez environnement décline le développement humain à Casablanca

Romain Lambic , ,

Publié le

Lutter contre l'habitat insalubre et l'exclusion sociale. C'est le leitmotiv de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), lancée en 2005 par le Maroc. Pour sa part, la société Lydec, filiale de Suez environnement au Maroc, est chargée de raccorder à l'eau 90 000 foyers dans la périphérie de Casablanca. Dix ans après le début du programme, il reste 27 000 foyers à équiper. Reportage.

INDH Maroc : comment Suez environnement décline le développement humain à Casablanca
Saïd Chadli, directeur de l'INDH-Inmae

Quartier de Lamkansa Nord, situé dans l'arrondissement d'Aïn Chock, au sud-ouest de Casablanca. Saïd Chadli, directeur du projet INDH-Inmae pour Lydec, filiale à 51% de Suez Environneent présente le lieu. Il y a encore quelques années, les 600 foyers installés n'étaient pas raccordés à l'eau.

L'INDH-Inmae a besoin de 395 millions de dirhams d'investissement

Habitants dans des constructions solides, les femmes et les enfants devaient aller chercher l'eau aux portes de leur bidonville. Quant aux eaux usées, elles s'évanouissaient dans la nature. Après quatre ans de démarches et de travaux, commencés en 2007, la vie du quartier a basculé en début juin 2011 avec l'arrivée du réseau d'eau chez eux.

Ce quartier fait partie du second programme de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) du Grand Casablanca. Objectif : permettre à 90 000 foyers "informels" et ses 500 000 habitants d'avoir accès à l'eau potable et au service d'assainissement des eaux usées, "tout en maintenant les populations sur place", explique Saïd Chadli.

Le premier programme visait à mettre fin aux bidonvilles au cœur de Casablanca tout en relogeant ses populations dans des appartements neufs.

À travers le monde, Suez environnement, maison-mère de Lydec, mène des opérations du même ordre depuis l'an 2000. Elle a permis l'accès à l'eau potable à des populations défavorisées en Inde ou encore en Afrique du Sud.

"Aujourd'hui, le projet est avancé à 70%, plus de 62 000 foyers sont raccordés à l'eau", se félicite le directeur du projet INDH-Inmae, qui souligne néanmoins un manque de budget. À Casablanca, le coût global de ce programme est de 2 milliards de dirhams (1 000 dirhams = 92 euros) sur une dizaine d'années.

L'essentiel du financement provient de nombreux partenaires, comme le révèle Saïd Chadli : "du côté institutionnel, nous avons l'aide de la région, du ministère de l'intérieur et des communes. L'Office national de l'électricité (ONEE) et le promoteur public Al Omrane contribuent au projet à hauteur de 177 millions de dirhams."

Le développement humain au Maroc

À la suite d'un discours prononcé le 18 mai 2005, le roi Mohammed VI a annoncé le lancement du programme d'Initiative de développement humain (INDH) sur l'ensemble du territoire marocain et notamment sur celui du Grand Casablanca. Son objectif était d'élminer toute forme d'exclusion sociale, notamment sur le logement et l'accès à l'eau.

Selon l'ONU, l'Indice de développement humain a nettement progressé en 2013 pour le Maroc, classé 129e. Le royaume est encore à la traîne par rapport à l'Algérie, 93e, et la Tunisie, 90e.

La société Lydec elle-même engage 189 millions de dirhams, ce qui représente "le coût de toute l'équipe qui gère le projet." Rien que pour le quartier de Lamkansa Nord, la Banque mondiale a fait don de 23 millions de dirhams (auxquels s'ajoutent 6 millions de dirhams pour l'ensemble du programme) tandis que l'Association internationale des maires francophones a offert 15 millions de dirhams.

"Pour le financement du projet, il nous reste 395 millions de dirhams à trouver", explique Saïd Chadli, sur les sentiers battus du quartier. "Nous cherchons des solutions et nous trouvons des pistes avec des bailleurs de fonds internationaux, les autorités locales ou encore l'Agence française de développement (AFD)."

En attendant, qu'en est-il ? "On constate que dans les quartiers informels raccordés à l'eau, il y a une amélioration des bâtis et une revalorisation des constructions", souligne Saïd Chadli. Le fait que les habitants savent qu'ils ne seront pas relogés les encouragent à investir dans le mobilier et la décoration, nous explique l'un de ses collaborateurs.

Une amélioration significative de la qualité de vie

En fait, aucun habitant des quartiers concernés ne s'est opposé à l'idée d'être raccordé à l'eau, d'avoir un compteur et même de devoir payer. Explication : ils ont désormais une adresse pour recevoir leur facture, ce qui leur donne une preuve de domiciliation et leur permet donc d'accéder à des services et à des aides sociales plus facilement.

Le directeur du projet constate également une amélioration de la santé puisque les habitats ne sont plus insalubres. "Il y a une nette amélioration de la condition de vie", explique-t-il tandis qu'Ahmed, l'un des habitants du quartier, reconnaissant, sert le thé.

Les bénéficiaires du programme contribuent en effet à son financement. Une fois le raccordement à l'eau potable effectué et l'assainissement des eaux usées possible, ils paient une facture d'une centaine de dirhams par mois (tarif social), pour l'accès au service et la consommation d'eau sur 7 ans.

Au total, cette contribution représente 190 millions de dirhams. À titre de rappel, ce type de facture à Casablanca s'élève entre 12 000 et 20 000 dirhams.

En plus du développement humain, Lydec s'est engagé à "éviter les fraudes, répondre à la demande des autorités et se positionner comme une entreprise citoyenne", explique le directeur du projet.

Il reste aujourd'hui plus de 27 000 foyers à raccorder. Parmi ceux-ci, plus de 14 700 sont en cours d'étude et 12 300 autres en attente de financement. Saïd Chadli espère pouvoir raccorder tous les foyers du projet d'ici 2018. Il faut en moyenne deux ans pour permettre l'accès à l'eau aux quartiers défavorisés de Casablanca.

Cet ambitieux programme est donc bien parti et devrait changer la vie de milliers de casaouis. C'est un exemple pour le Maroc, qui fait du développement humain son cheval de bataille.

À Casablanca, Romain Lambic

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