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L'Usine de l'Energie

Inaction climatique, pourquoi la réponse de François de Rugy n'a pas convaincu

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le , mis à jour le 19/02/2019 À 19H30

Analyse François de Rugy a répondu au recours contre l’État pour inaction climatique lancé par quatre ONG soutenues par 2,1 millions de signataires de la pétition l’Affaire du siècle. Il renvoie notamment la balle à une société civile réticente à changer ses habitudes. Pas convaincues, les quatre ONG déposeront leur recours en justice contre l’État le 14 mars. 

Inaction climatique, pourquoi la réponse de François de Rugy n'a pas convaincu
Dans un document de dix pages, François de Rugy (en visite à Saint-Avold avec Emmanuelle Wargon) expose les actions en faveur du climat de l'Etat français secteur par secteur, mais sans dégager de politique globale à la mesure de l'état d'urgence climatique qu'il évoque dans le communiqué l'accompagnant.
© Philippe Bohlinger

Dix pages, c’est la longueur du document."L’action en faveur du climat de l’État Français" que François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, oppose aux recours pour inaction climatique lancé par quatre ONG - la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace, Notre Affaire à Tous et Oxfam - et soutenu par 2,1 millions de signataires de la pétition l’Affaire du siècle. Ce document a été rendu public le 15 février, en annexe d’un communiqué de presse intitulé "Le Climat : c’est bien notre affaire à tous", dans lequel le ministre renvoie la balle aux citoyens.

Alors que "nous vivons aujourd’hui un état d’urgence climatique […], les moyens à mettre en œuvre pour répondre à cette urgence sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens", peut-on lire dans le communiqué. Pour preuve, le gouvernement a dû geler la hausse de la taxe carbone votée fin 2017 suite au mouvement des Gilets jaunes. 

"La fiscalité rencontre de nombreuses oppositions", analyse François de Rugy. Idem pour les énergies renouvelables dont le développement rencontre, lui aussi "son lot d’oppositions". Le communiqué évoque des "idées reçues", des "campagnes orchestrées" et des "conservatismes nichés dans toutes les strates de la société".

Aveu d'impuissance face aux oppositions

Le gouvernement, lui, ferait pourtant sa part, en fixant des objectifs. Mais la responsabilité "pour créer les conditions pour que l’ensemble de la société s’empare du défi climatique" serait collective. Et François de Rugy invite "tous les signataires de la pétition l’Affaire du siècle à s’investir dans le grand débat national" et à "convaincre autour d’eux". Il oublie que sans le mouvement des Gilets jaunes, cette grande consultation nationale n’aurait jamais eu lieu.

Les ONG, elles, ont regretté l’absence d’un fléchage clair sur la transition énergétique des 8 milliards d’euros qu’elle rapporte à l’État, qui, selon le document, dépenserait pourtant 10 milliards d’euros par an pour lutter contre le réchauffement climatique, dont 5,5 milliards pour les énergies renouvelables, 1,2 milliard en crédit d’impôt et 1 milliard en R&D.

Mais ce qui a sûrement fait le plus défaut, c’est une grande campagne nationale pour accompagner cette nouvelle fiscalité carbone. Un outil dont les vertus pédagogiques ont pourtant fait ses preuves dans les années 70, avec la campagne "En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées" pour motiver les Français à réaliser des économies d’énergie le temps de construire un parc nucléaire qui garantisse l’autonomie électrique du pays.

Pas de vision systémique

Mais - et c’est ce que reprochent les ONG à l’initiative du recours pour inaction climatique - la hausse de la taxe carbone et la longue liste de dispositifs réglementaires et fiscaux pour réduire les émissions dans les domaines du transport, de l’habitat et de l’agriculture listés dans le document de 10 pages, ne font pas une politique globale cohérente et systémique à la mesure de "l’état d’urgence climatique", évoqué par le ministre en préambule de son communiqué.

Fixer un objectif de neutralité carbone à 2050, certes plus ambitieux sur le papier que celui de la Loi de transition écologique pour la croissance verte de 2015 ou du Grenelle de l’environnement de 2007, repousse à plus tard le changement de fonds, et notamment l’indispensable gestion de la biomasse qui doit à la fois servir de puits de carbone et de source d’énergie alternative aux fossiles. Une vision systémique qui oblige pourtant tous les ministères à travailler ensemble.

Même si les quatre ONG ont été reçues par le Premier ministre, le fait même que la réponse du gouvernement ne soit signée que par le ministre de la Transition écologique et solidaire, montre bien que ce n’est toujours pas le cas et que le sujet de l’urgence climatique n’est toujours pas une priorité de l’État.

 

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