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L'Usine Maroc

Impression 3D : Thales va lancer au Maroc un pôle de compétence et de production

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Publié le , mis à jour le 08/12/2015 À 20H00

Thales lance la création d’un centre de compétence et production d'impression 3D métallique sur la zone Midparc à Casablanca. Un projet qui démarre en 2016 pour une entrée en production prévue en 2018 avec 10 machines laser et quelques dizaines d'ingénieurs sur un site d'environ 1 000 m². Objectif : maîtriser en interne cette technologie pour des applications aéronautiques et spatiales, selon Christophe Farnaud, VP de Thales en charge de la zone Afrique interrogé par L'Usine Nouvelle.

Impression 3D : Thales va lancer au Maroc un pôle de compétence et de production
Thales va créer un centre de compétence dans la fabrication additive métallique appelée aussi "impression 3D" à Casablanca
© thales

Thales va créer un centre de compétence dans la fabrication additive métallique appelée aussi "impression 3D" à Casablanca.a annoncé dans un communiqué ce mardi 8 décembre le groupe français de défense et hautes technologies.

Entrée en production en 2018

Le projet démarrera en 2016 et l'usine de production par impression 3D rentrera en production en 2018. Thales ne précise pas le montant de l'investissement mais selon Christophe Farnaud, VP de Thales en charge de la zone Afrique (voir entretien à la fin de cet article), le site comprendra 10 machines laser et quelques dizaines d'ingénieurs et techniciens.

Le procédé d’impression 3D retenu par Thales consiste à agglomérer des poudres d’alliages métalliques à l’aide d’un laser à haute intensité.

Jusque là, le groupe Thales n'avait pas fait part de développement intégré en matière de développement 3D même s'il considérait possible le recours à cette technologie pour des contrats de composants mécaniques dans l'espace.

Ainsi, les satellites de télécommunication Koreasat 5A et 7 fabriqués par sa filiale Thales Aliane space embarqueront les plus grandes pièces jamais fabriquées en Europe en fabrication additive.

"La fabrication additive permet de produire des pièces avec une structure interne plus complexe que les procédés de fabrication traditionnels et une mise sur le marché plus rapide", précise Thales dans son communiqué

Après avoir cédé sa filiale Thales Microsonics, il y a une quinzaine d'années, Thales ne possède plus d'activité industrielle en terre chérifienne mais y a gagné de nombreux contrats (ONDA, ONCF, Marine royale...). Il "revient" donc au Maroc pour implanter à Casablanca un centre d'activité industrielle de pointe dans une problématique au cœur des "Usines du futur".

Inscrivant son projet dans le Plan d’accélération industrielle (PAI) du Maroc, Le groupe de l’industrie de défense française annonce à cette occasion la structuration future d’un écosystème impliquant Thales et ses fournisseurs locaux. Le centre de compétence industrielle fera partie de la coopération entre Thales et le Maroc.

un bureau à Rabat en 2006

Pour rappel, Thales a ouvert un bureau à Rabat en 2006.

Si le groupe français ne dévoile pas le montant de ses contrats commerciaux, le royaume est pour lui un "bon client". Ses marchés au Maroc se trouvent dans les domaines de la défense, de l’aérospatiale, du transport et de la sécurité.

Les marchés récents impliquant Thales au Maroc ont été notamment l'équipement de la frégate FREMM Mohammed VI de systèmes de communication et de sonar ou encore le système de communication ferroviaire GSM-R  déployés sur le réseau ferré marocain et notamment la future LGV.

Ce nouveau développement dans un domaine de pointe, l'impression 3D, va permettre à Thales de poursuivre ses engagements de coopération avec le royaume probablement dans le cadre de la "compensation industrielle" entre la France et le Maroc, même si le groupe refuse de le confirmer;

Nasser Djama

"Un partenariat significatif pour la montée en compétences de l’industrie au Maroc"

Christophe Farnaud, VP de Thales en charge de la zone Afrique a répondu à quelques questions de L'Usine Nouvelle à propos de ce projet.

Pourquoi ce projet au Maroc ?
Pour une double dimension : la première liée à notre coopération avec le Maroc, la seconde industrielle.

Sur le Maroc donc ?
Thales a noué un partenariat fort avec le Maroc, un des plus importants en Afrique. Nous avons un bureau régional depuis 2006 à Rabat et nous nous y développons dans différents domaines : défense, aérospatiale, transport, sécurité à travers des contrats avec l’Etat, les Forces armées, les offices des aéroports ou des chemins de fer … Nous avons aussi signé un accord avec l’Université internationale de Rabat (UIR) pour soutenir l’innovation technologique et la recherche.

Ce projet 3D correspond-il à des offsets par exemple pour la vente de la frégate Fremm ou vos contrats sur les corvettes ?
Thales n’évoque pas publiquement ce sujet. Ce que je peux vous dire, c’est que ce projet est conduit en coopération forte avec les autorités et notamment Moulay Hafid Elalamy le ministre de l’Industrie qui l’a suivi de près. Il s’agit de hautes technologies, c’est donc un partenariat important et significatif pour la montée en compétence de l’industrie au Maroc. J’ajoute que nous constatons le fort développement de l’industrie aéronautique au Maroc et notamment Casablanca, cela créé un écosystème favorable à ce projet..

Et concernant la dimension industrielle plus globale pour Thales ?
Le groupe a décidé de s’engager dans la fabrication additive en interne pour le domaine aéronautique et spatial. Nous y investissons depuis plusieurs années. Cela ne vient pas remplacer les autres modes de fabrication mais s’inscrit en complément. Nous avons commencé à y avoir recours dans notre filiale satellite Thales Alenia Space par exemple.

Dans une optique d’intégration industrielle ?
Thales détient une forte expertise dans les matériaux. Il s’agit de la pousser sur ces procédés en maitrisant une partie de la supply chain et acquérant cette compétence en interne. Nous voulons avec ces technologies pouvoir produire des pièces complexes multifonctions ou multi-matériaux. Fondamentalement, nous voulons aussi améliorer notre compétitivité et obtenir une mise sur le marché plus rapide.

Comment sera dimensionné le site et à combien se chiffre l’investissement ?
Nous ne communiquons par sur les montants engagés. Le projet sera situé sur la zone franche Midparc de Casablanca. En phase 1, il s’étendra sur 1 000 m² avec 10 machines d’impression 3D laser. L’usine comprendra une équipe pluridisciplinaire de quelques dizaines d’ingénieurs et techniciens. Nous voulons produire des prototypes dès 2017 avant de monter en puissance en 2018 pour des fabrications en série contrôlées et reproductibles.

Propos recueillis par Pierre-Olivier Rouaud

Groupe phare de l’industrie de défense française Thales a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 14,3 milliards d’euros pour un résultat net de 562 millions d'euros. Il emploie 61 000 collaborateurs dont 20 000 ingénieurs et chercheurs dans 56 pays. Il contrôle 35% du capital du groupe naval militaire DCNS.Le capital de Thales est détenu par l’Etat à hauteur de 27% et Dassault pour 26%. Le solde étant pour l’essentiel en bourse (Euronext Paris) où Thales affiche une capitalisation de 14,6 milliards d'euros.

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