L'Usine Energie

Impossible de reporter les EPR d’Hinkley Point affirme Jean-Bernard Lévy d'EDF

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Alors que de nombreuses voix, internes et externes à EDF, appellent à reporter le projet de construction de deux réacteurs nucléaires en Angleterre, Jean-Bernard Lévy réaffirme la nécessité de démarrer ce chantier au plus tôt.


Jean-Bernard Lévy Crédits Stéphane de Bourgies

Le mardi 5 avril, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, était auditionné par une commission d’enquête parlementaire sur les coûts du nucléaire. Dès son discours préliminaire, avant même les questions des députés, le grand patron a pris la défense du projet de construction de deux EPR à Hinkley Point en Angleterre. Un projet à 24 milliards d’euros dont deux tiers seraient financés par EDF. "Le report n'est pas opportun. Certains évoquent la nécessité de reporter le projet après la mise en service de Flamanville et de Taishan. Ce n'est ni nécessaire, ni faisable", assure-t-il.

En interne, les partenaires sociaux et mêmes certains ingénieurs veulent décaler le lancement de ce grand projet dont la décision finale d’investissement est attendue pour début mai. L’ex-directeur financier, Thomas Piquemal, a même démissionné pour s’opposer à cette précipitation. Pour Jean-Bernard Lévy, un report "n'est pas une option pour le gouvernement britannique. Elle l'amènerait à se tourner vers des solutions alternatives". Et d'ouvrir la porte à des concurrents comme la filière nippo-américaine de Westinghouse.

9 % de rentabilité

S’appuyant sur des propos tenus par Emmanuel Macron, ministre de l’économie, devant cette même commission, Jean-Bernard Lévy assure que "le projet Hinkley Point est rentable (…) avec un taux de rentabilité de 9 % par an". Beaucoup dénoncent pourtant un risque financier trop grand. Le patron d’EDF rétorque : "Une revue des risques a été faite fin 2015. Les risques sont identifiés et surmontables". Il assure aussi que d’autres revues de risques seront effectuées au fil du chantier censé s’achever en 2025.

Au-delà du projet britannique, Jean-Bernard Lévy a défendu l’état des finances de son entreprise. "EDF est le seul des grands énergéticiens européens à être resté, chaque année, bénéficiaire", rappelle-t-il. Ce qui est vrai, mais il n’empêche que le groupe est pénalisé par un fort taux d’endettement (37,4 milliards d'euros à la fin 2015). L'électricien devra financer les grands projets par des cessions d’actifs.

Céder une part de RTE

A l’occasion de cette commission, Jean-Bernard Lévy précise : "Nous allons donc céder des actifs. Nous allons céder des participations minoritaires, nous allons céder des actifs de production qui émettent beaucoup de dioxyde de carbone et nous envisageons de céder jusqu'à 50% du capital de RTE". Le patron de RTE, François Brottes, devrait d’ailleurs être prochainement auditionné par la commission d’enquête.

Ludovic Dupin

 

 

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