Impossible de financer la transition énergétique, selon les industriels

Selon l’UFE, la transition énergétique coûtera 590 milliards d’euros. Le problème est que les industriels ne sont absolument pas prêts à investir sur le marché européen trop contraignant.

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Impossible de financer la transition énergétique, selon les industriels

Les industriels français, en particulier les acteurs du monde de l’énergie, sont prêts à participer au grand débat national sur la transition énergétique qui s’ouvre ce jeudi 29 novembre. A cette occasion, la ministre de l’Environnement Delphine Batho lance : "Nous avons devant nous un pic d'investissements à opérer (…). Il y a effectivement des investissements considérables qui ont longtemps été différés et devront être réalisés". Or, lors du congrès annuel de l’Union Française de l’électricité (UFE), tous les industriels sont arrivés avec une même remarque : qui va financer la transition énergétique ? Selon Luc Oursel, président d’Areva, ce financement passe par la définition d’une vraie politique industrielle à long terme. "Les à-coups coûtent chers, ce n’est pas la bonne méthode", lâche le patron. Jean-François Cirelli, directeur général de GDF Suez va dans le même sens : "Il faut trouver un moyen de rémunérer les investissements".

Ces mises en garde traduisent le fait que ces grands industriels ne voient pas la France et l’Europe comme des terres d’investissement. "L’Europe limite l’audace entrepreneuriale", assène Laurence Parisot, la présidente du Medef. "Aujourd’hui, aucun actionnaire n’accepterait que l’on investisse en Europe, à l’exception de quelques projets d’énergie renouvelable", explique Jean-François Cirelli. Il ajoute : "En matière de centrales thermiques, on investit partout dans le Monde sauf en Europe", explique-t-il. "Certains investissements très capitalistiques, comme le nucléaires et certains renouvelables, ne sont pas possibles en Europe", confirme Luc Oursel.

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Ces deux industriels dénoncent la dérégulation européenne du marché de l’énergie et l’interdiction des contrats long terme qui chassent les investisseurs. Or, selon les chiffres de l’UFE, 590 milliards d’euros sont à investir en France d’ici 2030 pour réaliser la transition énergétique, dont 100 milliards pour abaisser la part du nucléaire de 75 à 50 % en 2025 comme promis par François Hollande. Luc Oursel commente : "Notre mission d’industriel est d’apporter au débat notre vision internationale".

En matière de financement, la ministre Batho met en avant la nécessité de revoir le système de la CSPE (contribution au service public de l'électricité). Elle coûte 5 milliards d’euros par an dont 3 milliards pour les renouvelables. Ce chiffre atteindra 7 milliards dans les années à venir. L’ensemble de cette somme n’est pas reportée sur les consommateurs et pèse sur la dette d’EDF à hauteur de 5 milliards. Ce mécanisme intenable à long terme est en train de dériver en Allemagne où il coûte 14 milliards d’euros par an et devrait atteindre 20 milliards en 2020.

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