Impasse persistante aux Etats-Unis sur les coupes budgétaires

par Roberta Rampton et Lesley Wroughton

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WASHINGTON (Reuters) - A la veille du gel automatique de 85 milliards de dollars de crédits publics, la Maison blanche et le Parti républicain se sont renvoyés la responsabilité de cette mesure qui, selon le Fonds monétaire international (FMI), pourrait affecter la croissance économique aux Etats-Unis et au-delà.

Faute d'accord, cette mesure adoptée en 2011 pour pousser le Congrès à trouver un compromis sur la réduction du déficit budgétaire, entrera en vigueur ce vendredi. Barack Obama recevra ce jour-là les chefs de file des groupes parlementaires pour une réunion de la dernière chance.

"Demain, je réunirai les dirigeants des deux partis pour parler des moyens à mettre en oeuvre pour aller de l'avant. En tant que Nation, nous ne pouvons pas nous traîner d'une crise annoncée à une autre", dit le président dans un communiqué.

Républicains et démocrates divergent sur les conséquences de cette mesure appelée "séquestre", mais le FMI redoute qu'il n'affecte la fragile reprise de la croissance.

"Nous verrons ce qui se produira vendredi, mais tout le monde pense que le séquestre va entrer en vigueur. Cela signifie que nous allons devoir réévaluer entre autres notre prévision de croissance pour les Etats-Unis", a averti William Murray, porte-parole du Fonds.

Si la mesure est pleinement appliquée, la prévision de croissance, actuellement de 2%, devrait être amputée de 0,5%, selon le FMI.

La majeure partie des crédits concernés seront gelés dans les sept premiers mois et le Congrès peut les débloquer à tout moment en cas d'accord. La moitié doit être prélevée sur le budget de la Défense.

L'impact immédiat devrait être très limité, mais la Maison blanche a expliqué ces derniers jours que l'ensemble des administrations seraient touchées, du contrôle aérien aux garde-côtes en passant par l'éducation, la santé et l'immigration.

"C'EST LE SÉQUESTRE DU PRÉSIDENT"

Première conséquence concrète: les autorités ont ordonné cette semaine la remise en liberté de plusieurs centaines de sans papier en invoquant le coût de leur détention. Le camp conservateur a accusé les pouvoirs publics d'avoir voulu créer un choc pour lui forcer la main.

Pour sortir de l'impasse, Barack Obama exige le démantèlement de niches fiscales qui profitent essentiellement aux plus hauts revenus ainsi que l'abrogation d'exonérations accordées aux compagnies pétrolières et des avantages fiscaux des fonds de pension.

Après avoir accepté à contrecoeur un alourdissement de la fiscalité dans le cadre de l'accord de décembre sur le "mur budgétaire", les républicains excluent quant à eux toute concession.

Visiblement résignés, les services publics ont commencé à se serrer la ceinture et à informer leur personnel. La conséquence la plus concrète de la "séquestration" pourrait être l'envoi à quelque 2,8 millions de fonctionnaires et de militaires d'un préavis de mise en disponibilité temporaire.

Personne n'imaginait il y a deux ans que cette disposition entrerait un jour en vigueur, mais les deux camps n'ont trouvé aucun terrain d'entente et se renvoient aujourd'hui la balle.

"C'est le séquestre du président. C'est son équipe qui a insisté dessus", a lancé John Boehner, président du groupe républicain à la Chambre des représentants.

"Le compromis, c'est accepter des mesures qui ne sont pas à 100% conformes à ce qu'on veut. Le président l'a fait et refait. Malheureusement, les républicains n'y semblent pas disposés au sujet du séquestre, il pourrait donc entrer en vigueur", a rétorqué Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche.

"Il a été conçu pour ne jamais s'appliquer. Parce qu'il est si coûteux, il devait contraindre le Congrès à trouver un compromis", a-t-il rappelé.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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