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L'Usine Santé

Imagerie médicale, la réponse de l’industrie à la Cour des Comptes

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

La France rattrape son retard en équipements d’imagerie médicale. Mais doit encore mieux les mutualiser et les répartir équitablement sur le territoire, relève la Cour des Comptes. L’industrie tente de s’adapter.

Imagerie médicale, la réponse de l’industrie à la Cour des Comptes © Philips - Volcano

C’est un rapport coup de poing sur l’imagerie médicale qu’a publié mercredi 11 mai la Cour des Comptes. A ses yeux, les 6 milliards d’euros qui lui sont dédiés chaque année dans l’Hexagone pourraient être mieux employés, ne serait-ce qu’en évitant les 40 % d’examens redondants ! Pourtant, il s’agit d’une "spécialité très innovante, appelée à jouer un rôle important dans le développement de la médecine préventive et personnalisée, et qui investit également le domaine du soin" avec la radiologie interventionnelle, insiste la Cour.

Des équipements coûteux, frôlant le million d'euros

Un bon point cependant. Même si notre taux d’équipement en scanner et en IRM reste inférieur à la moyenne des pays membres de l’OCDE, un effort de rattrapage a été accompli ces dernières années, reconnaissent les sages. En cinq ans, la France a augmenté de près de 50% son nombre d’IRM pour atteindre 812, et de PET-Scan à 121. Elle dispose aussi de 1 096 scanners et 449 gamma-caméras destinées à la scintigraphie.

Des équipements lourds, fabriqués par de grands industriels étrangers (voir encadré) et très onéreux, avec des fourchettes de prix pour des appareils haut de gamme allant de 0,5 à 1,3 million d’euros pour un scanner classe 3, voire atteignant les 2,5 millions d’euros pour un TEP-Scan. Selon les données du syndicat des fabricants, le Snitem, 260 millions d’euros ont ainsi été déboursés en 2014, hors maintenance, pour leur achat. Dont 85 millions en scanners, 139 millions en IRM et 36 millions en médecine nucléaire.

Un marché français dominé par des géants étrangers
Le marché français des équipements biomédicaux d’imagerie représentait 900 millions d’euros en 2014. En imagerie de coupe (IRM et scanner), il est dominé par quatre grands fournisseurs étrangers : l’allemand Siemens, numéro un mondial des équipements d’imagerie médicale, l’américain General Electric, leader en France, le néerlandais Philips et le japonais Toshiba. Ils doivent désormais composer avec le coréen Samsung, qui vient de décrocher l’appel d’offres pour équiper en échographes les hôpitaux publics français, regroupés au sein du réseau UniHA. Très innovantes et exportatrices, les PME françaises se spécialisent sur des niches de l’imagerie.

une vision de l’imagerie médicale en silo, regrette l'industrie

Pour les Sages de la rue Cambon, le principal problème provient de la répartition sur le territoire et de l’utilisation de ces technologies. Une meilleure répartition devrait réduire les pertes de chances pour le patient quelle que soit sa localisation ou sa condition. La Cour des comptes préconise donc de profiter de la mise en place des futurs groupements hospitaliers de territoire (GHT) pour engager "une restructuration" et mutualiser l’utilisation de ces équipements. Et de maîtriser les dépenses pour dégager des économies supplémentaires pouvant aller jusqu'à près de 300 millions d'euros en trois ans dans le secteur libéral, et 100 millions dans le secteur hospitalier.

Patron de la division Santé et équipements médicaux de Samsung, Carlos Jaime regrette une vision de l’imagerie médicale en silo, avec des enveloppes budgétaires figées par domaine d’activité, sans prendre en compte les économies réalisées par d’autres pour la même pathologie. "Le développement de l’interventionnel permet de réduire les coûts, avec des technologies moins invasives pour le patient et permettant un retour au domicile plus rapide !", insiste-t-il auprès de L’Usine Nouvelle. Certains industriels entendent donc préconiser une analyse médico-économique pour en mesurer les bénéfices et coûts réels.

L’industrie tente en parallèle d’adapter son offre, afin de s’adapter à la situation financière des établissements de santé et à la concentration des plateaux techniques. Elle doit répondre aux groupements d’achat qui tendent à réduire le coût des acquisitions. Les fabricants proposent également des IRM à la location, désormais prisée à hauteur de 20% par les établissements. Tout en multipliant "les services et prestations annexes à valeur ajoutée, en particulier en lien avec l’informatique et les systèmes d’archivage électronique des images (PACS/RIS)", relève la Cour.

Gaëlle Fleitour

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