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Ils ne partiront pas en vacances ensemble : Lakshmi Mittal et Edouard Martin

Publié le

Le feuilleton a commencé en octobre 2012. Le numéro un mondial de l'acier Arcelor Mittal, annonce alors la fermeture définitive des deux hauts-fourneaux de Florange. La mobilisation ne se fait pas attendre, portée par la voix d'un homme, Edouard Martin, syndicaliste CFDT. Le porte-voix de la lutte ne déposera jamais les armes et Lakhsmi Mittal ne reculera pas devant son projet de fermeture du site de Florange. Près de 9 mois après, c'est le statu quo : Edouard Martin et Lakhsmi Mittal ne se sont toujours pas réconciliés. Aucune chance que ces deux-là passent l'été ensemble.

Ils ne partiront pas en vacances ensemble : Lakshmi Mittal et Edouard Martin © Flickr c.c. - SocialDemocrate91 - Andy Wilkes

Le 1er octobre 2012, Lakshmi Mittal annonce la fermeture définitive des deux hauts-fourneaux de Florange. La fin d'activité en terres lorraines entraine alors la suppression de 629 postes. Immédiatement la lutte s'organise. A la tête du mouvement ouvrier, Edouard Martin, pilier de la protestation.

Ouvrier sidérurgiste depuis 1981, Edouard Martin est secrétaire général de la CFDT Sidérurgie Nord-Lorraine. Dès l'annonce de la fin d'activité sur le site de Florange, Edouard Martin va brandir le spectre de Gandrange et appeler les autorités à plus de sérieux dans le dossier lorrain.

Plaidoyer pour sauver Florange

A peine évoquée par Arnaud Montebourg, l'idée de nationalisation fait son chemin et lorsque Jean-Marc Ayrault rejette la proposition de son ministre, Edouard Martin explose.

Le syndicaliste va adresser une lettre à François Hollande dans laquelle il dénonce les "mensonges" et les "absurdités" des décisions prises. Il en appelle à la responsabilité du Président de la République à qui il demande de ne pas "laisser sacrifier les salariés" par Lakshmi Mittal.

"On fait payer Florange. Ça fera du bruit, mais ça se fera quand même, pense Mittal. Dans notre système français, seul le gouvernement peut l'empêcher. Le gouvernement laissera t-il faire?", écrit le leader CFDT Edouard Martin dans sa lettre ouverte. Lakshmi Mittal est directement pointé du doigt.

"Mittal est capable de mentir à la terre entière"

"On voit effectivement sur les courbes que Florange fait partie des sites les plus rentables, aussi rentable que Gand et Dunkerque", affirme Edouard Martin, en décembre 2013.

"Ce ne sont pas les syndicats qui le disent mais la direction elle-même", a-t-il ajouté. Ce document interne d'ArcelorMittal comparait les coûts de production à la tonne de l'acier produit par les sites du groupe à Florange, Gand, Dunkerque, Liège et Brême.

"L'excuse invoquée par M. Mittal du manque de compétitivité de Florange ne tient pas", a estimé le représentant syndical. "C'est pour cela que nous, maintenant, nous demandons des comptes à M. Mittal, qui est capable de mentir à la terre entière", a ajouté le syndicaliste.

Lakshmi Mittal tente alors de calmer les esprits. Le PDG d'Arcelor-Mittal s'engage à investir 180 millions d'euros sur le site lorrain mais la mesure est également critiquée.

Pour le syndicaliste "ce montant contient les dépenses opérationnelles et de maintenance: ce qui reste pour les investissements stratégiques est insuffisant. Même la maintenance n'est plus faite correctement, les dépenses ont été divisées par deux depuis 2008 et Florange, comme Gandrange naguère et la plupart des usines de Mittal, est une usine qui se dégrade à vue d'oeil".

La nationalisation : la discorde

Le 26 novembre 2013, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg se fâche et ne veut plus "revoir Mittal en France", il l'assure, une mesure de nationalisation transitoire est envisagée.

Après une semaine mouvementée autour de la question de la nationalisation, Jean-Marc Ayrault intervient. Il n'y aura pas de nationalisation. Le ministre est désavoué, Matignon explique que cette nationalisation, qui aurait coûté 600 millions d'euros à l'Etat, était trop longue et risquée, à la fois pour l'Etat, le repreneur éventuel, et les salariés.

Lakshmi Mittal, choqué

Lakshmi Mittal, outré, est reçu à l'Elysée. Le Président le rassure, Arnaud Montebourg bafouille quelques excuses : "quand j'ai déclaré 'nous ne voulons plus de Mittal en France', j'ai voulu dire que nous ne voulons plus des méthodes de Mittal en France, des méthodes qui relèvent du non-respect des engagements, du chantage et des menaces".

C'est la goutte de trop pour Edouard Martin, le syndicaliste voit rouge, Ayrault est un "traître" mais il n'accable pas le ministre du Redressement productif, "il a fait le job". De toute façon c'est Lakshmi Mittal le principal responsable de cette situation.

CLAP de FIN

Le 24 avril 2013, les hauts-fourneaux cessaient définitivement de chauffer. Le groupe se savait attendu sur le volet social. ArcelorMittal avait fait part de sa volonté de recourir à des "programmes de mobilité et d’accompagnement individuel en tenant compte de la pyramide des âges sur ses sites français". Ce qui signifiait des départs à la retraite anticipés pour Florange, Dunkerque et Fos-sur-Mer.

Dans l'attente de ces réajustements, Mittal qui ambitionne de s'implanter en Chine y passera peut-être ses vacances, Edouard Martin aura le choix, entre son Andalousie natale et ses terres lorraines mais ce qui est sûr c'est qu'ils ne passeront pas leurs vacances ensemble.

Retrouvez notre prochain épisode de la série "Ils ne partiront pas en vacances ensemble" jeudi prochain !

Wassinia Zirar

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