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Ils ne partiront pas en vacances ensemble… Bernard Arnault et François Pinault

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Féroce. Il n’existe pas de meilleur adjectif pour qualifier le duel sans fin auquel Bernard Arnault et François Pinault s’adonnent depuis 1999, lorsque Pinault fait ses premiers pas dans le luxe en rachetant Gucci. Venu défier le patron de LVMH sur ses terres, l’ancien dirigeant de Kering, ex-Pinault-Printemps-Redoute a lancé une lutte à mort entre les deux groupes, entre les deux hommes. C’est certain, ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble.

Ils ne partiront pas en vacances ensemble… Bernard Arnault et François Pinault © AFP

Les deux chevaliers du luxe à la française, LVMH et Kering, ex Pinault-Printemps-Redoute se livrent une guerre des positions sans merci. C’est à qui achètera le plus de magasins pour implanter les enseignes de son groupe. Bernard Arnault, le patron de LVMH fait par exemple monter les enchères à Saint-Tropez : il veut capter, au nez et à la barbe de son concurrent, la très cossue clientèle venue lézarder sur les plages de la région. En plus des marques Dior, Louis Vuitton, Hublot et Gucci installées depuis plusieurs années place de la Garonne, Make up forever, Séphora, Céline et Fendi ont investi ces deux dernières années les ruelles du petit port.

Mais les deux briscards, Bernard Arnault et François Pinault, n’ont pas attendu 2013 pour se tirer dans les pattes. Leur lutte sans merci a commencé en 1999, lorsque François Pinault rachète 45% de Gucci. Ce "simple commerçant", propriétaire du groupe de vente par correspondance La Redoute, pose un pied dans le pays du luxe, jusque-là chasse gardée de LVMH. Bernard Arnault, qui possédait 34% du capital de la firme italienne, voit ses parts diluées suite à cette opération. Il ne contrôle plus que 20% du groupe.

Un combat judiciaire impitoyable

Le patriarche du luxe voit rouge. D’autant plus que François Pinault annonce dans la foulée le rachat de la totalité du groupe Sanofi Beauté, convoité par Bernard Arnault. LVMH essaye de faire invalider la prise de participation de son concurrent dans Gucci. Cette bataille judiciaire durera jusqu’en 2001. Les deux groupes trouvent finalement un accord à l’amiable. Pinault rachète les 20% de LVMH dans Gucci, pour 14 milliards de Francs. Toutes les parties en présence sont satisfaites. Bernard Arnault parce qu’il réalise une plus-value de 5 milliards, son frère ennemi parce qu’il devient majoritaire chez Gucci.

Mais la paix est de courte durée. Les concurrents jouent dans les années 90 à la grenouille qui voulait devenir plus grosse que le bœuf. Ils rachètent à tour de bras des établissements prestigieux de l’univers du luxe. Boucheron, Balenciaga, Bottega Veneta et Sergio Rossi pour Pinault. Pucci, Fendi et Chaumet pour LVMH. Comme le souligne le Figaro, cette course aux acquisitions fait flamber le prix des sociétés, mais il en faudrait plus pour arrêter les adversaires.

La bataille artistique

Leur joute ne se cantonne pas au terrain des affaires. Tous deux amateurs d’art, les rivaux achètent, via leurs sociétés respectives, de grandes maisons de vente aux enchères. En 1998, Pinault met la main sur la respectable maison Christie’s, fondée en 1766. LVMH se rebiffe en acquérant en 2000 Tajan, mais aussi Philips, le troisième groupe de vente aux enchères mondial, qu’il revendra trois ans plus tard.

Comme le souligne le Figaro dans son enquête, les deux sociétés financent aussi d’importantes expositions à Paris et à New-York. Duel de mécènes qui veulent se voir décerner la palme de la générosité et du bon goût. Le sommet de leur rivalité artistique est atteint lorsque les entreprises ouvrent chacune leur fondation en 2006 et 2007. Pinault au Palazzo Grassi à Venise, LVMH au Bois de Boulogne (Fondation Vuitton).

La fin du combat ?

Pour paraître autant que possible à leur avantage dans cette guerre sauvage, ces combinards ont investit dans les médias. LVMH a été propriétaire de la Tribune jusqu’en 2007. Il rachète cette année-là le quotidien économique Les Echos, malgré la réticence des journalistes du titre. L’hebdomadaire Le Point est quant à lui détenu par famille de Pinault.

En 2012, François Pinault est parti en retraite. La fin du duel ? Pas si sûr… Le patron de Kering a confié les rênes de l’entreprise à son fils, François-Henri. Héritier d’un empire, il pourrait aussi partager avec son père sa détestation de son principal concurrent. Affaire à suivre…

Lélia de Matharel

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