ILE DE FRANCEUn nouveau départ pour La Plaine-Saint-DenisLa construction du Grand Stade joue un rôle de catalyseur dans l'aménagement d'un espace déstructuré.

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Un nouveau départ pour La Plaine-Saint-Denis

La construction du Grand Stade joue un rôle de catalyseur dans l'aménagement d'un espace déstructuré.



En 1990, lorsque les maires de Saint-Ouen, d'Aubervilliers et de Saint-Denis signent la charte intercommunale visant à la reconquête des 780 hectares de friches de La Plaine-Saint-Denis, on ne parle pas encore de Coupe du monde de football. Depuis, Saint-Denis a hérité du Grand Stade. D'ici à 1998, plusieurs projets d'ampleur vont contribuer à redonner à ce qui fut, il y a un siècle, la plus grande zone industrielle de la région parisienne une cohérence depuis longtemps oubliée. Car La Plaine-Saint-Denis, qui regroupe 980 entreprises et 43500 emplois, est surtout un schéma inventé par les communes de Saint-Denis et d'Aubervilliers pour s'attaquer au problème du réaménagement. Les handicaps ne manquent pas: éventrée par l'autoroute A1, séparée de Saint-Denis par 10 hectares de bretelles d'autoroutes qui s'entrecroisent à la porte de Paris, La Plaine ressemble à un puzzle. Les travaux d'accompagnement du Grand Stade vont permettre de recoller les morceaux. Couverture de l'autoroute A1, déplacement de la gare du RER B, création d'une autre gare pour la ligne D, prolongement de la ligne 13 du métro, effacement de bretelles devenues inutiles... Mais La Plaine-Saint-Denis a déjà entamé sa reconversion, comme en témoigne l'émergence de nouveaux pôles d'activités: des sociétés de production audiovisuelle s'implantent, la SNCF modernise ses ateliers pour la maintenance du TGV Nord, la direction production et transport d'EdF prépare son installation. Parallèlement, les zones d'aménagement concertées se multiplient. Pour renforcer le rôle qui lui est dévolu dans le rééquilibrage de l'Ile-de-France, La Plaine s'est vue dotée dans le contrat de plan Etat-Région d'un premier département d'IUT. Avec l'installation des réserves du musée du Cnam et le transfert de trois de ses laboratoires, l'opération donne corps au projet de faire de ce territoire un pôle plus solide de formation. Une mission spécifique de l'Etat vise aussi à renforcer les liens entre les centres de recherche existants (Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, EdF-GdF) et les universités.

Des initiatives pour redynamiser l'emploi industriel

De son côté, la préfecture pilote deux initiatives: l'une pour redynamiser l'emploi industriel (il ne représente plus que 20% de l'emploi total); l'autre, conduite avec la CCI de Paris pour favoriser les relations entre recherche et industrie, notamment au profit des PME-PMI. Il faudra pourtant aller plus loin. En précisant notamment les grandes orientations du projet d'aménagement de 1990, qui se contente de prévoir, à l'horizon 2015, une mixité de logements, d'activités et d'équipements publics (pour 40000 habitants, 70000 emplois et 3,5 millions de mètres carrés d'activités supplémentaires). La charte insiste également sur la nécessité de construire de nouvelles voies de communication pour assurer un meilleur maillage du territoire. Un impératif qui reste à l'ordre du jour en dépit des travaux d'infrastructures prévus. Or, pour les communes concernées, cela suppose la maîtrise de moyens financiers bien supérieurs à ceux dont elles disposent aujourd'hui. "A défaut, cela pourrait ralentir l'aménagement, voire abîmer la réalisation du projet urbain qui risquerait de n'être tiré que par le Grand Stade", prévient Jack Ralite, le maire d'Aubervilliers. Les Pouvoirs publics en sont conscients. "Mais, prévient Jean-Pierre Duport, préfet de Seine-Saint-Denis, il ne revient pas à l'Etat de tout prendre à sa charge." Des investisseurs potentiels comme EdF, la SNCF ou encore la Caisse des dépôts et consignations, propriétaires de plusieurs dizaines d'hectares de terrains, ont déjà annoncé leur volonté de s'intégrer au projet urbain. Mais ce coup de pouce restera limité à une portion du territoire. D'ici au siècle prochain, la future Mecque du football devra donc travailler sans relâche à restaurer son image pour attirer les capitaux.





LES RETOMBÉES DU GRAND STADE

L'Etat a choisi d'installer le Grand Stade à quelques centaines de mètres de la Cité des Francs-Moisins, sur l'ancien emplacement de l'usine à gaz du Cornillon. Tout un symbole. Celui de la reconquête d'un espace longtemps laissé à l'abandon. Pour Saint-Denis et d'Aubervilliers, c'est enfin l'occasion de se réapproprier ces friches. La réalisation retenue s'intègre au projet urbain: le stade sera décentré et accompagné d'installations complémentaires (stade annexe, 6000places de parking, 100000 mètres carrés de logements et d'activités). Mobilisées, les entreprises locales ont signé une charte pour l'emploi. Une cellule réunissant les grands donneurs d'ordres a été mise en place pour veiller à la transmission correcte des marchés aux sous-traitants.

USINE NOUVELLE - N°2470 -

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